Tendances : répertoriez, créez ! À vous de jouer !

Taille du texte: A A A

Pour créer, designers et stylistes de mode utilisent un carnet de tendances. Cette méthode qui consiste à récolter images, matières ou textures, est un éveil des sens. Elle met en lumière les différentes sources d’inspiration d’une collection. Et si vous l’adaptiez à la coiffure ?

Qu’est-ce qu’un carnet de tendances ?

Il s’agit d’un cahier d’envies et d’inspiration. L’idée est de regrouper des images, des photos, des matières, des textures qui définiront une collection. La créatrice de mode Claudine Ivari lui préfère le nom de « mood board » [planche d’humeur].

« J’y épingle des dessins, des photos, des bouts de tissus. Des mots-clés y sont inscrits. Il évolue au fur à mesure que la collection mûrit dans ma tête », nous explique la créatrice.

Un job à temps plein

Claudine Ivari est souvent inspirée par les voyages et l’art. C’est ce qu’on retrouve en premier sur son mood board : des photos de paysages, de lieux, d’oeuvres d’art…

Le créateur récolte tout ce qui l’interpelle au quotidien. Il découpe des photos dans les magazines, y accroche vieux papiers, emballages, pubs, plumes, fleurs, feuilles et même objets. Bref, tout ce qui suscite en lui une émotion.

Un univers créatif personnel

Le carnet de tendances permet de mettre en lumière le thème de la prochaine collection, d’en détacher l’esprit, la palette de couleurs, les matières et la silhouette.

Il sert aussi et surtout de repère pour se plonger dans la collection tous les matins. En manipulant ses trouvailles, en assemblant, en redécoupant ou en les déplaçant, le créateur arrive à trouver une ambiance plus personnelle.

De l’utilité du carnet de tendances

Comme le storyboard au cinéma, le carnet de tendances va servir de trame à la collection. Le créateur en analyse les dominantes – couleurs, imprimés, formes… – pour esquisser sa silhouette de saison. Pour le printemps/été 2012, Claudine Ivari avait collé du blé, des photos de l’église d’Hallgrimur, des morceaux de tissus agrafés. En découle une garde-robe lumineuse, déclinaison de crème, champagne et or, où nature et couture s’unissent.

*Taj, invité à la rédaction : 

« Le syndrome de la page blanche ! Comme tout créatif, j’y ai été confronté. Les ressources sont multiples et variées, collectées compilées… Prendre des notes est un moyen efficace pour enrichir le processus imaginaire.

C’est une technique que j’ai apprise dans le monde de la mode, il y a plus de quinze ans. Aujourd’hui mon iPhone est devenu mon inséparable compagnon. Il est le précieux gardien de toutes mes trouvailles. »


Les experts de la coiffure utilisent aussi le carnet de tendances

Sébastien Bafcop, ID Artist pour L’Oréal

« Je collectionne des lutins depuis des années, classés en différentes catégories. On y trouve des images d’architecture, de gastronomie, de coiffure, de déco. Je les découpe dans Vogue, AD ou Biblond. Ce sont des photos qui me parlent, m’amusent et portent un message.

Toutes ces influences enrichissent ma créativité. Quand on me donne un dossier de presse à réaliser ou un thème à décliner pour L’Oréal, je feuillette mes lutins, en ressors des images, je les mixe pour inventer quelque chose de nouveau. »

Walter Armano, Stylist chez Toni&Guy


« Je divise mes carnets de tendances en plusieurs catégories : matières, couleurs, volumes, silhouettes. Ce sont des pages Internet ou des classeurs dans lesquels je répertorie des images de défilés ou des photos de magazines anglais, qui ont souvent un an d’avance sur la France.

Le carnet de tendances est un travail quotidien qui sert de décryptage urbain. On garde un oeil sur ce qui a été fait en matière d’architecture, de volumes ou de silhouettes pour mieux deviner ce qui se fera demain. »