Talents au féminin : l’art et la matière

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Mamans, cheffes d’entreprises et coiffeuses artistiques épanouies, elles ont su s’imposer dans un monde plutôt régi par les hommes.

Avec Marisol Suarez, Delphine Courteille et Céline Antunes

Ces trois femmes ont une volonté de fer et de l’énergie à revendre. Toutefois, leurs parcours sont bien différents.

Marisol Suarez

Marisol Suarez, à la tête de deux salons à Paris, faisait des études d’arts plastiques quand elle a découvert l’univers des salons. « La coiffure combinait beaucoup de choses importantes : artistique, parfums, technique, relationnel. » Enfant, elle accompagnait son père sur les chantiers des bâtiments de France, se familiarisant aux métiers de l’artisanat. Sa mère, férue de mode, changeait de look tous les quinze jours. Tête baissée, elle fonce. « Quand j’ai ouvert mon premier salon, j’ai appris que j’étais enceinte. On m’a dit que j’étais folle de vouloir tout gérer. Je venais d’être nommée DA d’une marque. J’ai continué à travailler. Après la naissance, si on m’appelait pour un shooting, je disais : « Je viens avec mon bébé ! Même en salon j’ai imposé mon enfant. On a la clientèle que l’on se forge. La mienne n’a eu aucune réticence. » Car le salon, c’est aussi son équilibre. « J’ai besoin de quitter ma bulle artistique pour renouer avec mes équipes et mes clients. L’échange est enrichissant. Je m’ennuie vite, mais j’ai la chance de faire un métier multiple… »



Delphine Courteille

Delphine Courteille a très tôt eu la vocation, fascinée pour les magazines de mode. « À l’époque, Sarah Moon shootait des jeunes filles dans des décors de maison de poupée pour Cacharel. J’ai eu la chance de travailler avec elle mais aussi avec un autre grand photographe, Peter Lindbergh. La mode, les mannequins des 90’s, ces femmes caméléons que l’on transformait… Tout cela me passionnait. » Et elle a fait preuve de pugnacité pour atteindre son objectif. « J’ai toujours travaillé avec des salons qui avaient un pied dans la mode, remplissant peu à peu mon book auprès des grandes maisons de couture, des stylistes et des photographes. » Elle devient la coiffeuse du microcosme de la mode parisienne et des célébrités. Aujourd’hui, non contente d’avoir ouvert une autre adresse, Studio 34, un salon-atelier avec hair spa, elle lance sa gamme de produits. Delphine a su se démarquer par son style coiffé-décoiffé naturel, qui séduit tant les filles en vogue.

Céline Antunes

Ambassadrice Schwarzkopf Professional, Céline Antunes est aussi à la tête de La Suite 52 à Bordeaux. Et si elle brille sur les plus grandes scènes, ce n’était pas gagné pour elle. Elle a grandi auprès d’une mère coiffeuse, très extravagante et sensible à la culture anglo-saxonne. « Elle m’a formée rigoureusement au métier. Elle voulait que j’aie les bases avant de construire ma propre identité. » Plus tard, elle assiste ses patrons mais ne s’imagine pas dans la lumière. « J’étais introvertie. Je ne gérais pas mes émotions alors je me cachais derrière les coiffeurs que j’admirais. C’était un rêve inaccessible. » Pourtant, le destin ou plutôt une marque va en décider autrement. Les commerciaux et la DA de Schwarzkopf Professional lui proposent de rejoindre l’équipe artistique. « J’étais aux anges. Mon style rock ne faisait pas l’unanimité. Les gens avaient du mal à accepter ce côté trash venant d’une femme. D’ailleurs, même si j’avais fait des couvertures partout dans le monde, c’est Biblond, le premier qui m’a offert sa Une en France ! » Peu à peu, elle gravit les échelons. Coachée par Gérard et Laurent, elle se sent pousser des ailes. Reconnaissante envers Schwarzkopf, Céline s’émerveille de ce que son travail lui apporte. « J’ai voyagé partout dans le monde et j’ai même pu oeuvrer pour l’association Pour un Sourire d’Enfant. Je veux que mon fils soit fier de moi. Ce métier ouvre tellement de portes ! »



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