Salons masculins : un nouvel Eldorado ?

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Les salons masculins ont le vent en poupe. On les voit fleurir dans les rues des grandes villes.

À quelles conditions un salon pour hommes peut-il fonctionner ? Biblond a mené l’enquête.

Il n’est qu’à voir l’évolution des rayons de cosmétiques masculins pour se convaincre que les mentalités ont changé… Les hommes prennent de plus en plus soin d’eux et certains coiffeurs l’ont bien compris. Ils chouchoutent ces messieurs dans des espaces rien que pour eux.

« La coiffure féminine et masculine, ce sont deux métiers complètement différents », souligne d’emblée Laurent Briard, qui a ouvert, il y a trois ans son Barb’Hair Shop à Cannes. Il a d’ailleurs en poche un CAP de coiffure monsieur, qui n’existe plus aujourd’hui.

« La coiffure homme est totalement bâclée dans la plupart des salons mixtes, les clients en ont marre d’être massacrés en vingt minutes au rasoir », renchérit Lionel Paul, coiffeur pour homme à Grenoble depuis dix ans. Pro du marketing, ce passionné a créé une large gamme de services, mêlant esthétique et coiffure.

Les résultats sont là, avec des fiches moyennes de 40 euros. « Les quatre premières années ont été très difficiles, mais aujourd’hui mon salon marche très bien », reconnaît-il. L’année dernière, son chiffre d’affaires a augmenté de 19,7 % !

« Mon concept ne marcherait pas dans une petite ville, les urbains évoluent plus rapidement », explique le Grenoblois, qui cible une clientèle « Catégories socioprofessionnelles à fort pouvoir d’achat » (CSP+).

Encore faut-il convaincre ces messieurs de tester des soins, grâce à la pédagogie mais aussi au marketing : « J’ai créé un système de chèques-cadeaux et de packs, souligne Lionel Paul. Le pack marié comprend par exemple une coupe, une manucure et un rasage à l’ancienne. Ça marche très fort ! »

À Paris, Stéphane Lemme, créateur du salon Monsieur, attire les clients non seulement grâce à son massage du cuir chevelu mais surtout grâce à l’ambiance intimiste du salon et à la rapidité du service. « Mes clients apprécient surtout ne pas devoir attendre trop longtemps. Ici, tout va plus vite qu’en salon mixte, il n’y a pas de brushing et rarement des couleurs. »

Pour Laurent Briart, l’atmosphère est primordiale : « Il faut créer un lieu dédié à l’homme : ici, ni odeur d’ammoniaque ni magazines féminins ! »

LES CLÉS DU SUCCÈS :

  • Se distinguer fortement des salons mixtes
  • S’installer dans une grande ville
  • Proposer des soins pour hommes
  • Jouer la carte barbier

Virginie de Rocquigny

*Jérôme Guezou et Sébastien Bafcop, invités à la rédaction :

« La mixité nous plaît bien, mais savoir apporter soin et attention à l’homme dans le salon est gage de professionnalisme, donc de fidélité et de bon chiffre. »