Rencontre : Eric STIPA

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Rendez-vous dans le salon du 15e  arrondissement. Éric Stipa n’est pas venu seul de Tours, où se trouve le siège de son groupe. Il est accompagné de sa fille Karine, 32 ans. La marque que cet homme chaleureux a bâtie de toutes pièces en trente-cinq ans de carrière s’est métamorphosée en une entreprise familiale. Directrice artistique de formation, Karine travaille depuis neuf ans à ses côtés. Son fils Grégory, 35 ans, les a rejoints il y a quatre ans pour gérer le marketing. « J’ai de la chance d’avoir mes deux enfants alors que ce n’était pas prévu du tout », estime Éric Stipa, 58 ans. Karine acquiesce. « Mon frère et moi n’étions pas du tout partis dans ce métier. J’ai commencé des études médico-sociales, puis j’ai abandonné. » Tombée dans la coiffure étant petite, Karine assistait aux castings, aux trainings. « J’étais toujours un peu dans les jupons de mes parents. » Il lui a fallu reprendre à zéro, avec une formation accélérée. « J’ai travaillé en apprentissage et tourné dans tous les salons de Tours, avant de me diriger vers la formation, puis la direction de la formation. » Après une école de commerce, l’aîné a exercé dans de grandes entreprises. « Nous cherchions depuis longtemps un profil de personne à embaucher qui s’occupe du développement du groupe, raconte Éric Stipa, avec animation. Grégory a manifesté l’envie de venir. Il est aujourd’hui directeur marketing et développement du groupe. »

Fier de ses enfants, le coiffeur a réalisé que sa fille avait artistiquement « la main, l’oeil et la volonté ». Un héritage en somme. « Gregory maîtrise à fond la gestion et le marketing, poursuit-il. Il y a deux têtes que beaucoup nous envieraient ! On a plaisir à être ensemble. Ça ne s’achète pas, ça ne s’improvise pas, c’est comme ça. » Cette gestion familiale rassure les partenaires des salons labellisés. Leur renfort a aussi permis, souligne Éric Stipa, un développement plus rapide. Grégory a apporté des innovations comme les visites mystère (audits des salons pour améliorer la qualité) et surtout l’année test. Au lieu de s’engager d’emblée pour cinq ans, le coiffeur dispose d’un an d’essai à la labellisation. Puis il décide s’il veut continuer pendant cinq ans.

Karine de son côté évoque les projets, l’agrandissement du centre de formation parisien, ouvert depuis six ans, rue Ledru- Rollin. Depuis deux ans, elle s’occupe aussi des deux shows annuels du groupe sur Tours, un en été et un en octobre. La dernière trouvaille Stipa est largement mise à l’honneur dans la collection automne/hiver 2009, Milla. « Graph est une nouvelle technique d’application à mi-chemin entre la coloration et le balayage, qui se travaille aux doigts sur cheveux mouillés, vante-telle. En une seule visite, Graph permet d’avoir un résultat global. » Éric Stipa couve sa fille des yeux. « C’est eux qui seront les repreneurs du groupe. Parce que j’en suis fier et que je n’aurai jamais envie de vendre à des investisseurs qui nous imposeraient un rythme. Notre marque doit perdurer dans de bonnes conditions. C’est l’avis du fondateur que je suis. Ils feront ce qu’ils voudront quand nous ne serons plus là. »