Vols de produits ou d’argent… Que faire ? Comment minimiser les risques ? Biblond vous explique tout.
Dans un des salons du groupe Stipa, des électriciens qui venaient pour des travaux ont découvert des produits au dessus du faux plafond. Frédéric, lui, a surpris l’une de ses employées sortir du salon après la fermeture, avec des « trucs à la main » qu’elle a lancés sous la grille du magasin de vêtements d’à côté. « En fait, elle avait un “deal” avec l’autre vendeuse », raconte le coiffeur. Dans le salon de Marie-Laure, c’est la responsable qui se servait dans la caisse. La coiffeuse n’était alors qu’apprentie : « Tous les employés devaient rembourser le manque à gagner. »
Comment l’expliquer ?
Malheureusement, tout coiffeur peut tomber sur une personne sans scrupule. Ou sur des salariés qui se disent « oh, un masque ou un shampooing, ce n’est pas grave, ça ne va pas se voir ». Et puis, il y a ceux qui en arrivent là à cause de difficultés personnelles. Le contexte morose n’aide pas. « Certains coiffeurs ne gagnent pas bien leur vie et s’en sortent en travaillant un peu chez eux », constate Grégory Stipa. Ils peuvent être tentés de prendre des produits du salon.
Comment repérer les vols ?
Règle n°1 : être vigilant ! Il faut se méfier de certains comportements. Quelqu’un qui veut toujours faire la fermeture par exemple, ou quand il y a trop de ventes sur un même produit. Autres conseils : bien suivre les stocks et la caisse, avoir un contrôle informatique performant, pour éviter les falsifications ne pas mettre une prestation et un produit au même prix, demander des factures de téléphone détaillées pour éviter tout abus.
Comment les éviter ?
Il faut commencer par sensibiliser les salariés. Au moment de l’embauche, mais aussi lors de réunions ou de formations. Chez Vog, il existe « un livret d’accueil qui détaille tout ce qu’il ne faut pas faire », explique le fondateur, Franck François. Proposer des remises sur les produits peut aussi avoir un effet dissuasif, tout comme la vidéosurveillance. Frédéric a maintenant trois caméras dans son salon. Et il a mis son stock sous cadenas. Deux personnes seulement en ont la clé.
Quelles sanctions ?
L’employeur peut opter pour le rappel à l’ordre, l’avertissement ou le licenciement. Mais là attention, il faut des preuves solides : flagrant délit, témoins. En cas de soupçon de vol, « ne surtout pas se précipiter », met en garde maître Éric Rocheblave. Il y a des règles en matière de fouilles, de vidéosurveillance. Mieux vaut donc « prendre conseil auprès d’un avocat », estime ce spécialiste en droit du travail.
Car le coiffeur mis en cause peut se retourner vers les prud’hommes et l’employeur être condamné pour licenciement abusif. Une justice qui protège trop le voleur, pour certaines victimes. Frédéric, par exemple, n’a pas pu prouver son histoire. Il travaille toujours aux côtés de la salariée qu’il a surprise en train de voler.
Le vol d’heures
La fraude n’est pas que matérielle. On peut aussi voler du temps de travail. Pour éviter les pauses abusives, maître Rocheblave conseille de mettre en place un accord « gagnant-gagnant ». Afficher les plannings et en faire respecter l’esprit. « On peut imaginer qu’un salarié qui n’a pas de rendez-vous prenne une pause déjeuner d’1h10 si la veille il a pris 50 mn, explique l’avocat qui conclut : un salon c’est aussi des rapports humains et on voit bien ceux qui jouent le jeu ou non. »
L’avis de Corentin Mc Fly
À l’embauche, il est bien évidemment difficile de déceler la fiabilité des personnes qui feront partie ou non de l’entreprise. Le doute peut parfois planer… Il peut-être bénéfique pour l’entreprise et la cohésion des équipes de mettre en place des procédures strictes et un système de surveillance qui feront s’envoler toute source de litige.
par Noémie Guillotin
Biblond, pour les coiffeurs !







