Portrait : Yannick Kramer, la passion d’une vie

Taille du texte: A A A

En plein confinement, ce coiffeur alsacien, à la tête d’un réseau de 200 adresses dans 11 pays sur 4 continents, nous a livré ses pistes de réflexion pour revaloriser le métier qui le passionne et l’anime.

« La coiffure est toute ma vie. » Il suffit de le lancer sur le sujet au téléphone, en début de confinement, pour que le verbe s’accélère. Le désarroi est là, certes, mais la passion reste intacte. Pour Yannick Kramer, cette histoire commence en 1976 à Hatten, petit village de l’Est. Il a 15 ans quand il fait ses débuts auprès de son père. Brevet de Compagnon puis de maîtrise en poche, il se forge une identité artistique, qui séduit Jacques Dessange, pour qui il accomplira, pendant vingt ans, une mission de taille : développer une quinzaine de salons en France et en Allemagne.





En 2000, l’envie de s’émanciper étant trop forte, il invente le concept Kraemer. Aujourd’hui, 200 salons font la démonstration de son approche personnelle de la beauté. La marque Kraemer poursuit son développement à travers le monde, en s’adaptant aux nouveaux canaux de distribution et aux dernières tendances. En effet, elle a su prendre les virages de la modernité avec des franchises et des master franchises, un magazine en nom propre, des outils de communication dans l’air du temps, des produits toujours contemporains et 3 académies de formation (à Strasbourg, à Canton en Chine et à Murcia en Espagne). Résultats ? Quelque 1 700 collaborateurs font rayonner les marques haut de gamme Kraemer Paris Prestige et Kraemer Paris Signes de Beauté, et coiffent, chaque année, 2 millions de clients.

Sa vision du métier

« La crise a entraîné une prise de conscience collective. Il y aura un avant et un après, lié au manque procuré par la fermeture des salons. C’est un métier d’émotion, de partage, de passion, qui donne accès à la beauté en moins d’une heure. Il se passe quelque chose de magique dans un salon. Avec 85 000 entreprises de coiffure en France et près de 180 000 actifs, la coiffure, deuxième métier de l’artisanat, a trop longtemps été dévalorisée. Quand un consommateur fait appel à un serrurier ou à un plombier, il ne s’étonne pas de payer des frais de déplacements puis chaque heure entamée. Pourquoi serait-ce différent pour le métier de coiffeur ? »

L’avenir

« Il faut revaloriser le métier. Cela passera par une augmentation des prix et des salaires dans l’ensemble de la profession. Le salaire ne correspond plus aux attentes d’un métier si exigeant, qui nécessite une approche psychologique, créative, artistique… Le salaire moyen tourne autour de 1 300 euros et, depuis début 2000, le prix moyen d’un shampooing-coupe brushing n’a pas bougé quand tout le reste a augmenté. Il faut y remédier. La formation et l’apprentissage traditionnels doivent aussi être revus. Pourquoi les jeunes ne restent-ils pas ? Il faut tout repenser, former moins de monde mais mieux. Mon but est de garder mes apprentis pour en faire mes futurs collaborateurs, avec un plan de carrière. »

Ses conseils aux jeunes

« Ce métier doit être une passion et non un travail. Entourez-vous des bonnes personnes, à commencer par le bon maître d’apprentissage. Puis il faut entretenir la flamme en partageant avec les autres coiffeurs, mais aussi avec les clients. Voir une femme partir avec le sourire est la plus belle récompense. Pour cela, il faut se former sans cesse. Avec les réseaux sociaux, tout va plus vite. Il faut savoir se renouveler en permanence pour être toujours dans la tendance. »

Les dates de sa vie

2000 Naissance du concept Kraemer
2014 Ouverture du 100e salon à Canton en Chine
2016 Label de Satisfaction de l’Indicateur de la franchise
2020 200 salons dans le monde (dont 25 en cours d’ouverture)


Cliquez ICI pour lire Biblond#85


Catégories: Actualités