Ludovic Geheniaux : La décoloration en 10 points

Taille du texte: A A A

Les questions que nous nous posons :

– Combien cela vaut ? Combien je vaux… ?
– Suis-je suffisamment compétent ? De quand date ma dernière formation ?
– Je n’ai pas la clientèle… Mes clientes n’ont pas les moyens (mais elles ont un smartphone dernier cri en main).
Et si, tout simplement, nous arrêtions de nous trouver des excuses…

#01 – LE DIAGNOSTIC

Tu commences par faire un VRAI diagnostic ! Je dirais même un interrogatoire digne de la Gestapo !

> Tu oublies la photo qu’elle a en tête ou sur son téléphone, sauf si elle est de toi. Imagine la cliente asiatique qui te montre une couleur réalisée sur une caucasienne : ça ne marchera pas, pardi !

> Tu n’oublies pas qu’il y a :

• Ce que la cliente souhaite. Quand tu lui auras bien tout expliqué : l’entretien, ce qu’elle devra faire et ce qu’elle ne pourra plus faire…, peut-être ne le souhaitera-t-elle plus. « Ah non, moi je vais à la piscine cinq fois par semaine et je me lave les “veuchs” tous les jours ! »

• Ce que la cliente pense vouloir. (Jean-Michel, je change d’avis comme de chemise, you know !) « Alors je voudrais un blond froid, pas blanc, pas gris, pas beige, pas trop foncé et pas trop froid surtout… » Ok ! Là, tu es déjà à 40 de
tension, mais ce n’est pas fini !

• Ce que la cliente imagine. « Ah bon ? Ça prend autant de temps pour faire un gris ? Moi, je pensais que c’était comme dans les vidéos YouTube et en plus je dois récupérer mon fils à l’école à 15H45, et il est 13 h… » LOL ! Tu as envie de lui dire à ce moment-là, mais même pas tu ne pourras !

• Ce qu’elle peut assumer. Et comme tu l’auras bien avertie, elle n’aura aucun prétexte pour t’accuser d’avoir fait un travail de m**** parce que son facteur ou son mari l’auront appelé « Mamy ».

#02 – LES CHEVEUX, CE N’EST NI ÉCHANGÉ NI REMBOURSÉ !

Si la cliente vient sur un coup de tête et qu’en voyant le montant débité sur son compte elle le regrette, ça ne sera pas ton problème !

#03 – APRÈS LE DIAGNOSTIC, LES CONCLUSIONS

Au final, ce n’est pas nous, coloristes, qui décidons, mais les cheveux de la cliente.
Alors n’oublie pas que :

> C’est toi, le coloriste, qui détermines la gamme.

> C’est toi qui fixes les règles (une cliente avertie en vaut au moins 10*02, pardon deux…).

> Si ton objectif journalier est de 350 € et que tu ne peux faire que cette cliente et son blond polaire dans la journée, et bien sa facture finale devra être au moins de 350 €. Et si, tout simplement, ton instinct te dit de ne pas le faire, alors tu dis NON !

#04 – LA BASE DE LA BASE

1. Pour commencer, la culpabilité parce que la facture grimpe, tu oublies, ok ?
• Qui peut s’attendre à payer une presta 10 balles quand tu y passes la journée ?
• Une prestation longue, qui demande beaucoup de produits, se facture au juste prix !

2. Une décoloration ne se facture pas comme une coloration !
• Ce n’est pas parce que les outils d’application (bols, pinceaux) sont les mêmes que le prix doit être identique, you know !
• Un sachet de poudre vs un tube de colo, ce n’est pas vraiment la même chose !

#05 – LA MÈCHE TEST ET LES QUESTIONS

La mèche test : C’est quasi la garantie du résultat. Et en plus, c’est pro ! Parce que sinon, comment fais-tu si tu ne connais pas ta cliente et qu’elle a 40 cm de « veuchs » ? Hein ? Dis-moi…

Les questions :

Tu dois savoir tout ce qu’il y a eu sur les cheveux au cours des trois ou quatre dernières années… Et oui ! Autant te dire que ta cliente, elle, ne s’en souviendra jamais ! (et non, tu n’as pas le droit de râler). C’est normal que ta cliente ne s’en souvienne pas précisément, à toi de le découvrir!

#06 – CONSEILS

• Ne t’engage jamais verbalement sur un résultat si tu n’es pas sûr à 100 % de pouvoir l’obtenir, surtout si tu n’as pas fait de mèche test.

• Dis plutôt : « Aujourd’hui, Madame, nous pourrons arriver à un résultat entre ça et ça. » Ainsi, si tu arrives à ce qu’elle voulait au départ, tu seras le roi du monde et si tu es un ton dessous, tu ne deviens pas l’ennemi public numéro 1 !

• N’oublie pas : TOUT LE MONDE A LE DROIT A UNE SECONDE CHANCE… SAUF LE COIFFEUR !

• Demande un acompte d’au moins 30 % quand la cliente prend son rendez-vous. Souvent les clientes n’osent pas te dire « non » le jour de la consultation, elles prennent le rendez-vous quand même et ne viennent pas le jour J. Et là, tu perds ta journée, et après tu es fâché… et tu passes une journée en mode « vénère ».

• Le devis, ce n’est pas juste une mode, c’est la loi. Toi-même, si tu déposes ta voiture au garage le matin, tu aimes savoir combien tu payeras au final. Pour les clientes, c’est pareil. Chaque ligne du devis doit être expliquée point par point : les étapes, le temps, le prix…

• L’application d’une décoloration, c’est long et fastidieux. La constance et la précision sont très importantes. Chaque section doit être égale, donc, ça ne peut pas être : « J’ai tout mon temps au début de l’application, alors je le prends », et puis le salon se remplit et hop ! je me dépêche. LA CONSTANCE EST LA CLEF DE L’UNIFORMITÉ.

• La compréhension du cheveu est plus importante que l’utilisation du produit. Chaque victime (cliente) doit te poser les bonnes questions. Et toi aussi, tu dois poser les bonnes. On ne fait pas ce type de travail si on n’a pas le « time ». Assure-toi qu’il n’y ait pas trop de silicones ou autres produits dans ses cheveux qui pourraient empêcher le bon déroulement des opérations. Par exemple avec Olaplex, s’il y en a trop, l’action et l’efficacité du produit sont compromises. Si c’est le cas, alors tu imposes une semaine de détox. Et si tu n’as rien : du gros sel dans du soin post-coloration et hop… Tada ! (autant de fois que nécessaire).

#07 – ASTUCES

• Il est préférable pour les cheveux d’utiliser des oxydants faibles pour te laisser le temps (et le plaisir) d’une application parfaite et un résultat au top ! Le 10 volume peut par exemple éclaircir au moins de 4 tons… Et oui !

• Joue sur la quantité de produit plutôt que sur un oxydant plus fort : plus tu veux éclaircir et plus tu charges.

• Travaille bien les cheveux avec tes mains et, si besoin, utilise un peigne pour une bonne répartition.

• Si tu dois réaliser 2 décolorations, tu peux appliquer la deuxième sans rincer, juste en retirant le produit et en en remettant un fraîchement préparé.

#08 – L’ENTRETIEN

Le maximum, et l’idéal pour nous, c’est en général huit semaines.

• En effet, après il y aura des racines trop importantes et il te faudra d’abord décolorer les intermédiaires (et ça, c’est chaud !) en faisant très attention aux cheveux déjà décolorés puis poser le produit sur le cuir chevelu à la fin du premier process. La chaleur du cuir chevelu accélérant la prise.

• On évite les shampooings bleus pour favoriser les violets.

• Pour faciliter la re-décoloration suivante, il vaut mieux que la cliente s’abstienne d’utiliser son lisseur à répétition, et si elle ne peut pas s’en passer, c’est au maximum 160 degrés. Au-delà, la couleur peut disparaître sous l’effet de la chaleur (polaire, pastel…)

#09- LES RÉSEAUX

Instagram, c’est la base en matière de visibilité. Les clientes adorent ! Et surtout elles aiment voir où elles mettent les pieds, alors tu y vas !

• Soigne ton avant/après : idéalement, la même pose et le même fond.

• Tu enlèves le peignoir, la serviette…

• Si c’est une photo de face, tu demandes l’accord de ta cliente avant de la publier.

• Of course, pas de filtre !

• Tu mets les bons hashtags.

• Et tu postes de façon constante, tant de photos tant de fois par jour…

#10- NOTRE ACADEMIE

Retrouvez les dates, programmes et tarifs de nos formations sur notre site : www.ludovicgeheniaux.com

Inscription et réservation en ligne. Nos formations sont référencées Data Dock et peuvent faire l’objet d’une prise en charge par les Agefos ou le FAFCEA. Nos formations se font par petits groupes (maximum 5 personnes) et la pratique se fait sur modèles. Format 2 ou 4 jours. Nous pouvons organiser sur devis des formations à la carte dans votre salon.

Catégories: Actualités, Se former