Les véritables enjeux du CAP Coiffure

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Réviser le contenu des programmes », « relever  les critères d’évaluation », mais « le maintenir ». À la lecture des nombreux commentaires laissés à la suite de la publication, en décembre dernier, de notre article sur Internet, vous êtes nombreux à souhaiter ardemment le maintien du CAP coiffure.

 

Afin de porter au mieux la réflexion engagée sur la réforme de la formation, les professionnels du secteur doivent tenir compte du nouveau contexte dans lequel s’inscrivent les offres de formations initiales des autres secteurs.

Les enjeux économiques des systèmes éducatifs

Depuis la fin des années 1990, le nouveau paradigme d’économie de la connaissance conduit les politiques publiques des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), notamment en
matière d’éducation (primaire, secondaire et supérieur). La connaissance et le savoir sont établis comme éléments essentiels au développement de la croissance économique. Pour que les pays restent à la pointe, il faut qu’ils soient en capacité d’innover sans cesse et parallèlement de s’adapter aux innovations. Dans ce cadre, la formation de personnel et adaptable (par la formation tout au long de la vie) constitue un enjeu essentiel. Ainsi, l’objectif visé est que tout jeune entré
dans le système éducatif doit en sortir avec un titre ou  un diplôme.
Professionnalisation, développement de l’apprentissage de l’ensemble des formations post-bac L’offre de formation professionnelle en apprentissage n’est plus aujourd’hui l’exclusivité des métiers de l’artisanat. Depuis des années, l’enseignement supérieur a procédé à la professionnalisation de  l’ensemble de ces cursus post-bac. Les licences professionnelles, les masters professionnels ont fleuri.
Même aujourd’hui, le niveau doctoral est en cours de finalisation de ce processus. Par ailleurs, ces formations proposées sont quasi unanimement accessibles par la voie de l’apprentissage et/ou de la formation continue.

Quand le CAP coiffure se trouve à la merci des politiques publiques en matière d’éducation

Dans ce cadre, l’enjeu de l’apprentissage au niveau des CAP est tout autre pour les acteurs publics. Ainsi, le CAP coiffure, comme d’autres CAP, sert de levier permettant à des jeunes non qualifiés d’obtenir un diplôme. C’est pourquoi le constat posé sur le CAP coiffure par voie scolaire est aussi contesté. Des jeunes sont conduits à choisir par défaut un diplôme qu’ils obtiendront quels que soient leurs résultats, pour le respect des objectifs publics de 100 % de réussite au CAP.

Le CAP coiffure suivi par la voie de l’apprentissage

est soumis à d’autres tensions.Si certains professionnels se plaignent de la motivation de certains jeunes, les apprentis reprochent à certains maîtres d’apprentissage de les cantonner à des tâches de ménage. Pourtant l’apprenti n’est pas imposé, mais il est normalement recruté, choisi par l’entreprise de coiffure. En tenant compte des différentes tensions que  subit l’offre de formation initiale en coiffure, et plus exactement le CAP, de nouvelles questions émergentes devront trouver une réponse afin que la profession opère le véritable tournant qu’elle souhaite effectivement réaliser.

Une première question à se poser pourrait être la suivante :

La coiffure est-elle un métier ou une passion ?
Être coiffeur/se, est-ce donné à n’importe qui ?

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