Ève Briat, inventrice du « morphing intuitif » présente Les Cheveux dans les yeux, une émission qu’elle a imaginée pour sa chaîne YouTube Eve On Air, et qui donne la parole aux coiffeurs. Ève fait de ces interviews des parenthèses intimes, où les coiffeurs parlent librement. Elle partage avec nous ces moments privilégiés et nous propose un portrait de Nicolas Liorel.
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Loin de l’image souriante qu’il véhicule et qui m’interpelle sur les réseaux sociaux, l’histoire de Nicolas Liorel est celle d’un homme que la vie n’a pas épargné et qui a pourtant trouvé la force et la résilience pour transmuter le négatif en positif. C’est à Paris, dans le XIe arrondissement, qu’il crée son salon l’Atelier des Rendez-Vous, dans un endroit « ovni », comme il le décrit, un salon atypique qui lui ressemble et qui ne désemplit pas. Il grandit à Clermont-Ferrand, en Auvergne, et commence sa vie de jeune adulte par des études littéraires, qui l’enferment rapidement dans une case trop rigide pour cet amoureux de liberté.
En parallèle, il passe régulièrement voir sa tante coiffeuse, et il découvre un univers où l’écoute et la bienveillance rendent les gens beaux et souriants. Une évidence s’impose alors à lui : c’est le métier qu’il veut faire ! Sans plus attendre, il demande à sa tante de le former, mais elle refuse, car elle imagine pour lui un métier plus valorisant !
Période d’apprentissage
Commence alors une période d’apprentissage autodidacte, durant laquelle Nicolas s’entraîne à la coiffure auprès de ses amies. Il faut dire que les circonstances de la vie lui ont appris très jeune l’autonomie forcée. C’est d’ailleurs lorsqu’il doit se confronter aux ciseaux qu’il prend conscience d’un traumatisme lié à son enfance, qui l’empêche de s’approcher de tout objet tranchant capable de faire du mal : son outil favori deviendra ainsi la tondeuse.
Plus il coiffe, plus il ressent « un truc puissant ». Il comprend alors qu’il peut faire du bien sans être médecin, ce qui le conforte dans son choix. La connexion qu’il a avec « l’être intérieur » des gens déclenche en lui une telle confiance que cela confirme sa passion pour le métier. Il passe alors son CAP dans un salon franchisé, qui autorise le travail à la tondeuse. Son envie de liberté le confronte malgré tout aux méthodes de travail qui lui rappellent le carcan de l’Éducation nationale. Son moral se met alors à décliner mais il s’accroche, et c’est lors d’un training dans l’école d’un franchiseur qu’il se fait repérer.
Une responsable le met alors en contact avec un salon qui lui propose un nouvel emploi à Paris. Débute une nouvelle aventure, où Nicolas développe son don naturel pour la prise en charge des clientes complexes. Très vite, le bouche-à-oreille fonctionne et la queue grandit devant le salon. Le jeune coiffeur atteint régulièrement 10 000 euros de chiffre d’affaires mensuel – pourtant avec des petits prix. Malgré lui, il vide le salon concurrent, qui s’empresse de le débaucher. C’est ainsi qu’il fait son entrée dans ce salon, qui a parmi sa clientèle quelques stars de cinéma.
Les préconsultations imposées pour préparer leur visite ne l’enchantent guère. Il se sent bridé, entre celles avec qui il ne faut pas parler et celles à qui il faut adresser tel ou tel compliment… Il lui manque cette connexion humaine qu’il aime tant. Il quitte donc le lieu sans indemnité et se retrouve, déprimé, dans son petit studio parisien. Sa santé décline tant qu’il songe à changer de métier, mais c’est sans compter sur ses clients, qui le retrouvent, l’appellent et le motivent à reprendre le chemin de la coiffure. Ils viennent même se faire coiffer chez lui.

L’engagement de ses débuts
Peu à peu, Nicolas ressuscite littéralement. Il vit là son métier avec le cœur, la simplicité et l’engagement de ses débuts. Il travaille en oubliant d’imposer un tarif et même de manger, et c’est ainsi qu’apparaissent des problèmes de santé. Il comprend qu’il doit s’imposer un cadre et des limites. Il imagine alors un lieu qui lui ressemble. Un lieu hybride, où le temps serait bordé pour limiter sa boulimie de travail, un lieu inscrit dans un modèle économique viable.
Celui-ci prend forme dans un endroit de soixante mètres carrés, où il consacre son activité à la rencontre de ses clients, où il prend son temps et est attentif à l’environnement en travaillant avec des produits naturels. Il repositionne ses tarifs et gagne de mieux en mieux sa vie. Il a désormais trouvé le bonheur et se lève chaque matin non pour travailler, mais pour vibrer en bonne santé. Aujourd’hui, Nicolas est soucieux de partager son expérience et ses connaissances avec d’autres coiffeurs… Je vous invite à découvrir notre rencontre en intégralité sur YouTube.
Biblond, pour les coiffeurs !








