Le portrait : les cheveux dans les yeux avec Ève Briat

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Ève Briat, inventrice du « morphing intuitif » présente Les Cheveux dans les yeux, une émission qu’elle a imaginée pour sa chaîne YouTube Eve On Air, et qui donne la parole aux coiffeurs. Ève fait de ces interviews des parenthèses intimes, où les coiffeurs parlent librement. Elle partage avec nous ces moments privilégiés et nous propose un portrait de Sonia Notheaux Lamury.

Disponible en intégralité sur YouTube

Sonia est une personne au grand cœur. Elle fait partie des coiffeurs qui œuvrent dans l’ombre et participent à la vocation d’une jeunesse aujourd’hui en mal d’affection pour la coiffure. C’est lors d’une journée portes ouvertes à l’IFPM de Nanterre que je découvre cette enseignante en CFA. Vraie passionnée de coiffure, elle donne beaucoup de son temps pour entraîner les apprentis pour les concours. Et même si, comme elle le dit, tous ne sont pas aptes à reproduire avec minutie autant de fois les mêmes gestes pour arriver à la perfection, beaucoup sont quand même très intéressés et, si j’en crois ce que j’ai vu au MCB cette année, l’engouement des jeunes pour les concours n’a pas faibli. Sonia n’était pas destinée à l’enseignement, aussi après avoir passé un CAP en 1986, elle passe dans la foulée son BP. C’est au Greta (école de formation pour adultes) qu’elle commence à enseigner quelques heures pas ci, par-là, et c’est là qu’elle est piquée par l’enseignement.



De fil en aiguille, elle enseigne dans différentes écoles de coiffures et se spécialise dans la préparation des jeunes aux concours : concours de fournisseurs, Olympiade des métiers, Concours national pour l’équipe de France. Elle se plaît dans cette fonction qu’elle développe en école, avec les jeunes qui le souhaitent. Nous évoquons les changements d’une jeunesse qui a besoin que les apprentissages aillent très vite, peut-être même trop vite, ce qui dessert fatalement un peu le métier. Nous parlons de la vision que le grand public à de notre métier et à ce sujet je lui fais écouter le morceau du chanteur de Rap nommé Suicide Social (tout est dit) : « Ça t’empêchera d’engraisser ta gamine affreuse, qui se fera sauter par un pompier qui va finir avec une coiffeuse… » !

Nous parlons après cela de la vision péjorative de la société sur notre métier et de la réaction de la majorité des parents, quand leur enfant veut devenir coiffeur. Comme elle le dit : « Ils voient à tort notre beau métier comme un métier poubelle ! » C’est donc au travers des concours qu’elle reconstruit, avec les jeunes, l’image d’un métier trop déprécié. Et là où aux États- Unis être coiffeur est le graal, elle trouve qu’en France notre métier est vraiment trop peu valorisé. Il est pourtant indiqué sur la porte juste derrière elle, sur une affichette publicitaire : « 90 % du selfie, c’est les cheveux ! » Cela nous rappelle combien le coiffeur a rapidement été déclaré « essentiel » durant les confinements. Sonia est très fluide dans son discours, gaie et légère…

D’ailleurs, elle aime s’exprimer sur d’autres parties des métiers de la beauté et me parle de la différence qu’il y a entre les formations du secteur de la beauté, et la nécessité qu’il y a de faire savoir aux jeunes que la formation de coiffeur, au-delà des capacités physiques et psychologiques qu’elle nécessite, demande d’aimer travailler dans le bruit et souvent en équipe, là où les métiers tournés vers l’esthétisme, demandent, quant à eux, une plus grande aptitude à travailler en solitaire en cabine, dans des endroits plus calmes et avec des protocoles plus routiniers.

De son côté, comme elle adore les aventures que procure le métier de coiffeur, elle n’hésite pas à faire découvrir toutes les pratiques à ses élèves, lorsqu’ils sont motivés. À ce sujet, elle note, après vingt années de pratique, que de moins en moins de jeunes ont la passion du métier. Elle concède d’ailleurs bien volontiers que les demandes d’apprentissage s’orientent aujourd’hui plus vers les barbiers, car ils ont réussi à créer de l’engouement autour de leur spécialité, la partie féminine du métier remportant par conséquent moins de suffrages.

L’humour, c’est le trait de caractère principal de Sonia, qui s’en sert pour motiver les troupes quand le moral est moins bon, comme lors des confinements où même les journées portes ouvertes ont été annulées, faisant de 2020 une année de manque terrible de recrutement dans la coiffure. Nous parlons des cours qu’elle a dû donner à ce moment-là en visio avec des élèves peu formés, nous parlons de la digitalisation, en somme, nous parlons beaucoup… et je vous invite à aller voir la suite de cette magnifique interview sur YouTube.



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