Ève Briat présente Les Cheveux dans les yeux, une émission qu’elle a imaginée pour sa chaîne YouTube Eve On Air, et qui donne la parole aux coiffeurs. Ève va plus loin et fait de ces interviews des parenthèses intimes, où les coiffeurs parlent librement. Elle nous fait l’amitié de partager avec nous ces moments privilégiés et nous propose aujourd’hui un portrait d’Emmanuel Mandon…
Quel parcours atypique que celui d’Emmanuel. C’est à 6 ans que naît sa vocation, alors que ses parents le laissent parfois chez le coiffeur. Il observe, analyse et aime cette atmosphère si particulière. Il le sait, c’est instinctif, comme une évidence naturelle et spontanée, il sera coiffeur.

Après une année de troisième et de très bonnes notes, il se retrouve confronté au corps enseignant qui essaie de le dissuader de son choix d’orientation en convoquant ses parents. Ces derniers ne se laissent pas influencer et Emmanuel est libre de se lancer dans la coiffure.
Après une année en école privée où il obtient son CAP en 1995, il poursuit avec l’obtention du BP et passe le BM. Il est formé dans la Drôme, près de Valence, dans un salon de grande notoriété. La dirigeante, dont le père a été élu Meilleur Ouvrier de France, vient régulièrement à Paris pour créer les collections de coiffures de l’enseigne. C’est à ses côtés qu’Emmanuel apprend avec minutie et patience le métier, s’entraînant de longues heures à tenir ses ciseaux. Et tandis que ses camarades de classe coupent déjà les cheveux dans leur salons respectifs, lui n’a que le droit d’observer, mais c’est ce qui le forgera et fera sa force.

Comprendre la matière
L’observation est la clef des acquisitions, aussi un an plus tard, quand enfin il passe sur clientèle, il a engrangé tant de connaissances qu’il atteint très vite un niveau supérieur à la moyenne. Sa patronne l’emmène à Paris, pour les collections qu’elle réalise, et c’est ainsi qu’il découvre une autre facette du métier, plus artistique, qui lui donne l’envie de participer à des concours d’attaches. Comprendre la matière pour la maîtriser devient alors son obsession. S’entraîner, encore et encore, reproduire une coiffure imposée en un temps imparti, devient son quotidien. Il y passe de nombreuses heures, mais maintient en parallèle ses activités de coiffeur en salon. À 25 ans, il prend la direction d’un salon de coiffure de huit employés, et, pour se consacrer totalement à ses nouvelles fonctions, il refuse d’intégrer l’équipe de France.
Hyperactif, il met en place de nouvelles offres et, pour cela, fait entrer la marque Wella dans le salon, marquant ainsi le début d’une nouvelle aventure, qui changera sa vie. Il change l’univers du lieu, booste le chiffre d’affaires et transmet son savoir, tout en s’attachant à renforcer la cohésion de l’équipe.
Une nouvelle vocation
Une nouvelle vocation est en train de naître. C’est un commercial qui le guidera sur cette voie. Après avoir mûrement réfléchi, Emmanuel postulera pour devenir responsable de la formation des studios Wella.
Il quitte la province pour venir seul à Paris d’où il rayonne ensuite sur toute la France, pour coordonner, depuis plus de dix ans désormais, toutes les actions nationales mises en place par la stratégie éducation. Il manage et organise la formation des coiffeurs aux nouveaux produits et services de la marque. On le retrouve en support des shows de coiffure où il aime faire face à l’imprévu et comme il le dit : « Quand on est sur les routes pour coordonner des événements nationaux, il s’en passe des changements de dernière minute ! »
Avoir une bonne culture générale et un bon sens de l’observation, ce fut capital pour accéder au poste de responsable opérationnel de l’éducation. Son adaptabilité lui permet aujourd’hui de poursuivre les formations en respectant les nouvelles obligations sanitaires, sans dénaturer le coeur de son métier, la transmission !
Biblond, pour les coiffeurs !








