Le portrait : Agop Arnaud Ozharun headscape hair studio, Los Angeles

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D’Istanbul à Los Angeles en passant par Paris, ce passionné transforme tout ce qu’il touche en or. Aujourd’hui, il est une référence du chic à la française en Californie.

« J’ai commencé par jouer avec les cheveux de mes cousines, vers l’âge de 7 ans, puis j’ai intégré un salon de quartier à Istanbul », se souvient Agop Arnaud Ozharun. Le jeune Turc n’a alors qu’une idée en tête quand il commence à travailler en 1964 : partir pour Paris. Fasciné par la mode, il a 16 ans quand il rejoint la capitale un peu avant les années 1970. Après une expérience dans un petit salon « où l’on chauffait encore l’eau avec du charbon », l’esprit conquérant, il loue son premier local à Meudon en 1985. Un lieu de 25 m2 qui attire toute une clientèle parisienne. « C’est devenu une adresse courue avec un concept nouveau et une marque qui venait de s’implanter en Europe, Sebastian. » À la fin des années 1990, il déniche un lieu à la hauteur de ses ambitions, dans le Marais, à Paris. « C’était une ancienne usine de bonbons, puis une galerie de lithographie. J’ai eu un coup de coeur pour cet endroit. J’ai demandé à un ami menuisier américain de créer des meubles sur roulettes. J’ai alors créé un nouveau concept, alliant salon et galerie d’art contemporain. » Un succès ! Très vite, le salon devient prescripteur et l’équipe grandit avec vingt collaborateurs et deux maquilleuses. Ambassadeur pour Sebastian, il découvre la Californie en 1987.

son rêve américain…

La France est devenue trop petite, et le voilà pris d’une obsession, son rêve américain… En 2014, il cède son salon à Patrick Ahmed et Serge Janin. Débarqué à Los Angeles, il se frotte à l’exigence du marché américain.
Amoureux de la France, il fait toutefois des allers-retours entre Paris et Los Angeles. Il revient coiffer certaines clientes qu’il connaît depuis les années 1970, tout en se forgeant une jolie réputation auprès des Américaines.
« Les Parisiennes aiment les cheveux plus courts. Les Californiennes préfèrent les longueurs. » Son style à la française séduit. Après avoir ouvert d’immenses salons (dont un dans un ancien cinéma avec mur végétal et spa), il est revenu vers un lieu plus intimiste dans une maison avec jardin et piscine près du musée Lacma.
Ses clientes suivent… « Elles aiment la subtilité de mes blonds et de mes balayages. Je ne leur propose pas des coiffures hype. Elles aiment le coiffeur un peu hors mode, qui travaille avec des marques françaises comme Végétalement Provence. » Ses projets ? « Je vais pouvoir enfin revenir à Paris. Je rêve aussi de partir en Norvège.
J’ai toujours aimé voyager. Cela ouvre l’esprit ! »



La coiffure aux États-Unis

« Ici, le système d’éducation est totalement différent. Il n’y a pas d’école et les coiffeurs doivent faire un certain nombre d’heures dans une entreprise. Et puis, ils ne sont pas salariés. Cela fonctionne beaucoup à la location de fauteuil et ils jonglent avec différents salons. Accros aux réseaux sociaux, les clients se lassent vite. Les tendances changent constamment. On démolit et on reconstruit. J’ai pris le contre-pied en restant fidèle à mon idée du glamour. J’aime la durabilité. C’est ce que viennent chercher mes clientes, une certaine idée du chic parisien, un savoir-faire qu’elles ne trouvent pas ailleurs. Grande différence avec la France: aux États-Unis, le client est roi ! Vous devez pouvoir répondre 24h/24 et 7j/7. Le service est hyperimportant.»

Ses conseils aux jeunes

« Il faut faire rêver ! Toujours être dans le positif, le glamour.
Il faut aimer ce métier et les gens, donner sans compter. Ne jamais oublier que chacun est différent. Je veux rendre mes clients heureux. Ils me sont fidèles parce que je les respecte et ils se sentent uniques à chaque fois. J’aime observer les gens dans la rue. Pour chaque cliente, il faut créer quelque chose d’unique. Savoir écouter et conseiller. Elle doit être satisfaite durablement. Se sentir libre dans son quotidien, naturellement belle. »

Les dates de sa vie

1964 Premier poste en salon à Istanbul
Fin des années 1970 Arrivée en France
1999 Ouverture de Headscape Hair (250 m2) à Paris
2014 Installation en Californie



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