Le coiffeur devient le garant du bien-être des clientes. Une voie qui s’est ouverte notamment grâce à l’évolution des techniques : sèche-cheveux silencieux, fer à lisser sans fil, coloration et décoloration sans odeur… Jamais la profession n’a demandé de compétences aussi complexes.
1 LES PRODUITS CAPILLAIRES
Alors que pendant des années, le coiffeur s’est contenté du duo shampooing/après-shampooing, les routines capillaires se sont étoffées de nouveaux gestes directement inspirés du soin du visage.
Gommages, sérums, pré-shampooings ou encore soins antiâge… Superconcentrés en agents actifs et bénéficiant d’une texture à haute pénétration, les formules des sérums ciblent l’hydratation, améliorent la microcirculation. Les masques renferment souvent des ingrédients aux mille vertus ou des tensioactifs très doux, dérivés d’acides aminés. Les exfoliants se dotent d’acides de fruits, la néo-crème de jour riche en karité, miel et céramides apporte toute l’hydratation et la protection nécessaire. Les traitements profonds comme le soin n°3 Hair Perfector d’Olaplex permettent de reconstruire la fibre capillaire instantanément. C’est grâce à l’action fortifiante et réparatrice d’un actif breveté (le bis-aminopropyl diglycol dimaleate) que les liaisons capillaires sont reconstruites. Résultat ? Des cheveux sains, fortifiés et plus doux au toucher.

L’ANTIÂGE, LA VOIE ROYALE
À la dimension plaisir du soin s’est ajoutée la réponse antiâge. Les rituels en salon s’allongent et le cuir chevelu est enfin considéré comme un prolongement de la peau et du visage, méritant la même attention. En témoignent le sérum Superactive Renewing NaturalTech de Davines, le Shampooing antiâge activateur de cellules pour cheveux fins de La Biosthétique, chargé de booster l’écosystème du cheveu, ou encore le très complet soin Eksperience™ Densi Pro de Revlon Professional.
Auparavant, seules les femmes qui souffraient d’alopécie reconnaissaient prendre soin de leur cuir chevelu. « Dorénavant, elles savent toutes qu’un cuir chevelu sain est garant d’une belle chevelure », affirme le coiffeur, coloriste et maquilleur, Thierry Deschemin, du salon parisien Thiedesarts. Le soin antiâge n’est pas une fantaisie marketing.

« Le stress oxydatif cause des dommages irréversibles sur les cellules et la stratégie qui consiste à les protéger contre ce stress, c’est l’antiâge. » L’objectif des soins, aujourd’hui, est non seulement d’aider les cellules à faire rempart contre les attaques des UV et de tous les polluants mais aussi de les aider à conserver leur capacité de régénération. Avant, on essayait de maintenir le cheveu dans son état à l’aide de constituants de sa fibre, comme les protéines. Dorénavant, on intervient sur sa croissance, diminue la phase catagène et augmente la phase anagène. Cette prévention passe par ces soins qui, ces derniers temps, s’inspirent d’un ingrédient antiâge roi : l’acide hyaluronique, une molécule qui peut retenir plus de mille fois son poids en eau, permettant ainsi de regonfler les tissus de l’épiderme et les lisser. On parle aussi d’actifs à base d’herbes ayurvédiques chez Aveda, de céramide biomimétique chez La Biosthétique, ou encore de ginseng, de mélisse ou d’huile d’immortelle
LA SÉLECTION DE BIBLOND
Le Sérum régénérant de Christophe Robin ; le soin revitalisant cuir chevelu Invati Advanced d’Aveda ; le sérum Tonucia de René Furterer ; le sérum Calming Elements de Wella Professionals ; le shampooing actif antiâge Hair Dermosthétique de La Biosthétique.
Eksperience™ Densi Pro de Revlon Professional

Huile d’immortelle chez Kevin Murphy

Shampooing actif antiâge Hair Dermosthétique de La Biosthétique.

Sérum Superactive Renewing NaturalTech de Davines

LE VIRAGE VERS LE NATUREL
Conscientes des demandes du marché et de l’envie des coiffeurs comme des clients de consommer vegan et naturel, pratiquement toutes les marques ont lancé des gammes de soins capillaires naturels, aux formules très douces et qui s’engagent en faveur de la planète. Le développement sur le marché de la beauté naturelle est en pleine expansion, avec une croissance annuelle de 6 à 9 % prévue pour la période 2021-2027. Un des ingrédients phare ? La kératine qui comble les fissures de la fibre capillaire tout en revitalisant le cheveu de l’intérieur. Patrice Mulato en est d’ailleurs convaincu. « Avec Thierry Pouenat, nous avons lancé Origine Kératine, un rituel de reconstruction profonde, avec 96 % d’ingrédients d’origine naturelle, qui renforce la fibre capillaire et diminue de 30 % environ le volume de la chevelure. Une vraie cure. »

LA SÉLECTION DE BIBLOND
La gamme weDo de Wella Professionals ; le masque Nutri ++ de Marlie ; la gamme Collection Nature d’Eugène Perma ; Eco Therapy Revive de Maria Nila ; la gamme Origine Kératine de Patrice Mulato ; le soin lavant Co Wash de Végétalement Provence.
Soin lavant Co Wash de Végétalement Provence

Origine Kératine de Patrice Mulato

Eco Therapy Revive de Maria Nila

LA COLORATION HIGH TECH
Que d’évolutions en quinze ans ! « La coloration ne veut plus être associée à une chimie agressive mais, au contraire, à une protection et un soin pour les cheveux », souligne le coloriste Ludovic Geheniaux, à la tête d’un salon parisien et consultant pour Wella Professionals. Certes, les produits se font de plus en plus doux, en même temps que leur taux d’ammoniaque diminue (plus ou moins 2 % selon les produits).
Que de chemin parcouru ! En 2009, L’Oréal Professionnel lance Inoa, une coloration d’oxydation sans ammoniaque, à base d’huile (ODS puis ODS2). L’objectif ? Servir de moteur à la pénétration des pigments. Beaucoup d’autres lignes suivront cette technologie comme Ysaé d’Eugène Perma, Essensity de Schwarzkopf Professional, Infinite de Subtil ou encore Colorea de Fauvert Professionnel.
Désormais, aussi, la décoloration et la recoloration s’effectuent plus rapidement, pour des résultats durables. Les Plex et les Bond, ces additifs techniques qui permettent de reconstruire les liaisons capillaires lors d’une coloration ou d’une décoloration révolutionnent les prestations et sont dorénavant intégrés dans les colorations et les soins, facilitant ainsi le travail du professionnel.
LA SÉLECTION DE BIBLOND
Olaplex ; Smartbond de L’Oréal Professionnel.

De nouvelles marques, destinées aux cheveux colorés, font leur entrée dans les salons français. Il y a aussi de l’innovation dans les shampooings raviveurs de couleurs. Le coiffeur n’a plus besoin de colorer les longueurs à chaque visite mais il peut intensifier, sublimer ou modifier une nuance, un reflet. Bonne nouvelle pour le cheveu qui s’en sort moins sensibilisé.
LA SÉLECTION DE BIBLOND
Repigmentants de Patrice Mulato ; Soins repigmentants de Leonor Greyl.

Autre grand tournant : la coloration végétale qui a envahi les labos des salons. À l’antithèse de la coloration chimique, elle est 100 % naturelle, réalisée uniquement à base de trois familles de plantes tinctoriales (à flavonoïdes, à indigo et à anthraquinones). De leur bon dosage dépend la beauté du résultat. D’où l’importance de connaître ce qu’il y a dans les mélanges que certains proposent prêts à l’emploi. À la différence de la coloration d’oxydation, la coloration végétale n’ouvre pas les écailles du cheveu et ne pénètre pas en son coeur. Les pigments végétaux se fixent, comme un aimant, sur la couche de kératine. Un des fervents adeptes de la coloration végétale ? Le coiffeur Christophe-Nicolas Biot, à la tête de plusieurs salons. Il a lancé, il y a de nombreuses années déjà, sa coloration végétale, Botanic Color by Biot : une coloration naturelle, créée à partir de pistils de fleurs, d’épices et de plantes, séchés au soleil et broyés en une poudre qui est ensuite mélangée à de l’eau chaude ou de la tisane détox.
Seules quelques marques bénéficient pour l’heure d’un label bio, dont la marque française Couleurs Gaïa, certifiée bio par le label Cosmos Organic.
LA SÉLECTION DE BIBLOND
Botanic Color by Biot ; Couleur Gaïa ; Marcapar, Bio’Coiff ; Holi Cosmétiques naturel® ; Rodolphe&Co ; Hairborist.


2 LES ACCESSOIRES
Dès l’été 2006, les cheveux longs s’imposent. Il est moins question de coupe que de texture et de jeux de matières. Et avec l’essor de la slow beauty, le brossage des cheveux devient une alternative aux soins cosmétiques. Le marché de la brosse devient alors primordial : marques et coiffeurs (Cut by Fred, Olivier Lebrun du salon Olab Paris) développent des modèles variés, dotés de soies de sanglier, larges picots en silicone, Led, vibrations douces… ou dépourvus de manche mais ergonomiques, démêlant tous les types de cheveux (Tangle Teeze).

Quant au sèche-cheveux, les coiffeurs le choisissait, auparavant gros et puissant signe de robustesse. Aujourd’hui, le professionnel ajuste et règle la température par capteurs, fixe le brushing avec la touche air froid, lutte contre les frisottis grâce à la fonction ionique, utilise des accessoires fétiches pour parfaire le coiffage, adapte la puissance en fonction du flux d’air (vitesse, pression ou volume d’air déplacé). Des efforts ont aussi été faits sur le poids (400 g), l’ergonomie ou encore le bruit (entre 70 dB et 74 dB). Les fabricants BaByliss Pro, ghd, Parlux, Velecta Paris, Coriolis ou encore Dyson Supersonic – le dernier arrivé sur le marché –, rivalisent d’ingéniosité technologique pour devenir la référence absolue des coiffeurs
et… des femmes. Car 94 % des Françaises possèdent un séchoir à la maison*.

Autre objet désirable autant que professionnel, le fer à lisser. En quinze ans, il a su conquérir le coeur des coiffeurs et des consommatrices (68 % des Françaises possèdent un fer à lisser*) grâce aussi bien à l’ingénierie qu’au design du produit. Aujourd’hui, cette pépite de technologie sublime les longueurs en prenant soin de la fibre. « Pour ghd, c’est la base depuis la création de la marque anglaise en 2001 et l’implantation française en 2006, souligne Isabelle Tirel, directrice marketing et éducation ghd France. Le styler représente toujours 60 % des ventes et est utilisé dans près de 6 000 salons. Régulièrement la marque étonne par la qualité de ses nouveautés. » Un bel exemple ? Platinum+, doté de la technologie ultra-zone™, capable de déterminer les besoins des cheveux. Son système permet de contrôler la température du fer 250 fois/seconde, mais aussi de détecter la vitesse de coiffage, pour assurer une température optimale constante de 185°C. Résultat : les cheveux sont 70 % plus forts, 20 % plus brillants et la couleur deux fois plus protégée.

Le fer à lisser sans fil a aussi fait son apparition. Après Dyson et son Corrale et Babyliss Pro et son 9000, ghd suit le mouvement du nomadisme, l’an dernier : Unplugged, un styler sans fil, compact, résistant et doté de la température constante de 185°C. Un autre lisseur high tech et malléable grâce à son cordon rotatif et son poids plume ? Le SteamPod 3.0 de L’Oréal Professionnel. Muni d’un réservoir d’eau intégré, ce lisseur fonctionne à la vapeur pour protéger la couleur et la fibre : 91 % de dommages en moins sont constatés sur les cheveux par rapport à un lisseur classique.


Dans des catégories différentes mais tout aussi novatrices, le boucleur chauffant ou encore la brosse lissante ont fait leur apparition dans les salons, toujours avec leurs lots de technologie.
Cet article n’a pas une vocation encyclopédique. Il n’est pas non plus exhaustif. Le parti pris a été de mettre l’accent sur des innovations en se positionnant comme chef de file d’une tendance ou d’un mouvement.


* Source : étude ghd 2021.
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