Le cuir chevelu : cette peau que nous ne connaissons pas

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1re partie : L’état des lieux

Il y a une vie intense à la surface de notre cuir chevelu

On y retrouve bien les trois couches fondamentales de la peau : la couche cornée faite de cellules mortes, complètement kératinisées qui assurent le contact avec le monde extérieur, notre protection ; l’épiderme qui est une usine à fabriquer de la couche cornée – mieux l’usine fonctionne, plus la couche cornée est de bonne qualité, et mieux nous sommes protégés – ; le derme, qui est le centre de pilotage de l’usine, la nourrit, la contrôle et abrite les follicules pileux et les glandes qui irriguent (sueur) et lubrifient (sébum) la couche cornée.
Rappel de ce qui a été détaillé dans Biblond 85 au sujet des pellicules : À la base les cellules (kératinocytes) se multiplient (1). Puis elles montent (2). Ce faisant, elles bossent pour fabriquer de la kératine. Tant et si bien qu’elles arrivent en haut pleines de cette kératine dure, deviennent des cellules mortes constituant les cellules protectrices qui forment la couche cornée. Normalement, cette ascension se fait en 35 à 40 jours, c’est-à-dire en prenant le temps de créer des cellules biens kératinisées, bien dures, bien protectrices.

Non : Le cuir chevelu n’est pas de la peau « comme les autres »

Les kératinocytes de l’épiderme du cuir chevelu sont pressés et au lieu de prendre près de 40 jours pour assurer un travail bien fait, des cellules cornées bien dures, ils bâclent le travail et l’expédient en 20 jours seulement. Les cellules de la couche cornée de notre cuir chevelu sont donc moins bien finies, moins résistantes, moins protectrices. La peau du cuir chevelu est donc dès le départ plus sensible. Et, nous l’avons déjà vu, cette durée est encore diminuée de moitié dans le cas de cuir chevelu pelliculaire !

Fonctionnement de l’épiderme, l’usine à fabriquer de la couche cornée

Et pour accroÎtre encore la différence : Deux autres éléments à intégrer

1 – Un facteur intrinsèque

La multitude de glandes sébacées qui débouchent à sa surface déverse une grande quantité de sébum qui, certes, a un rôle de protection du cuir chevelu, mais qui sert aussi de nourriture à une armée de micro-organismes qui vivent à sa surface. Ces derniers, peu ou prou s’ils sont trop nombreux, irritent cette peau déjà fragile qui réagit en accélérant encore la montée des kératinocytes, diminuant encore la qualité de la couche cornée.

2 – Un ensemble de facteurs extérieurs

Connaissez-vous beaucoup de parties de votre corps sur lesquelles vous passez, pas toujours tendrement, une brosse, un peigne, dont la douceur n’est pas la caractéristique essentielle ?
Ne vous arrive-t-il pas régulièrement de frotter les cheveux dont la surface a la douceur du papier de verre sur votre malheureux cuir chevelu ?

Passez-vous souvent un sèche-cheveux sur votre avant-bras ? Quelle est la seule peau de l’organisme qui reçoit les rayons solaires parfaitement à la
verticale (on sait que les cheveux laissent passer 20 % du rayonnement, voire beaucoup plus s’ils sont blancs !) ? Et nous ne parlerons pas des traitement chimiques pas toujours appliqués avec douceur !
En conclusion vous « torturez » votre cuir chevelu, déjà plus fragile, bien plus que vous ne le faites avec les autres parties de votre corps. Par voie de
conséquence, il crée une couche cornée moins protectrice pour l’ensemble peau + cheveu qui, moins bien organisé, est plus sensible aux perturbations.
Soyez bien conscient de cette situation pour dialoguer avec vos clients, pour mieux comprendre leurs problèmes, mieux choisir certains produits et mieux réaliser certaines techniques qui interagissent avec le cuir chevelu.

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