La franchise : la solution clé en main pour ouvrir un salon ?

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Sur les quelque 85 192 établissements qui existaient en 2018, 90 % étaient des indépendants. Pourtant, la franchise pèse lourd sur le marché. Et pour cause ! Le poids économique des salons sous franchise ou licence pesait entre 25 et 30 % du secteur avec une moyenne d’effectif salarié plus importante (sources UNEC).

Avec la crise sanitaire, les avantages de la franchise se sont encore accentués. Le coiffeur franchisé bénéficie de la notoriété et de l’expertise d’un groupe. Rappelons que la moitié des artisans ferment dans les cinq premières années, ce chiffre baissant à 20 % pour un franchisé (sources : www.pointfranchises.com).

Les clients sont rassurés par un nom connu avec une réputation de qualité et une identité visuelle forte. Autre atout ? En entrant dans un réseau, vous affirmerez un concept qui a fait ses preuves. Low cost ou haut de gamme, barber ou coloration…

La stratégie marketing ou commerciale étant clairement définie, vous  profitez de l’expérience de la marque sans vous soucier de gérer la publicité ou l’approvisionnement des produits. Mieux encore ! Avec le poids du réseau et donc un volume de commandes plus important qu’un indépendant, vous bénéficiez de tarifs préférentiels sur les produits, permettant de faire une plus grande marge sur la revente notamment.

Les franchiseurs mettent tout en œuvre pour accompagner au mieux leurs partenaires. Vous profiterez également d’un programme de formation proposé par le groupe qui a fait ses preuves. Un excellent moyen de rester au top de la technique et des tendances. En effet, la plupart organisent des stages pour leurs franchisés, une ou deux fois par an. Enfin, entrer dans un réseau permet d’éviter le sentiment de solitude que peuvent ressentir certains patrons indépendants.

Depuis le premier confinement, les coiffeurs qui font partie d’un réseau de franchise se sont sentis moins seuls, plus entourés et soutenus pour gérer la crise. Vous vous sentez prêt à franchir le cap ? Il reste à choisir avec quel franchiseur vous lancer ! Parmi les plus connus, de grandes chaînes comme
Thierry Lothmann, Pascal Coste, Addict Coiffure, ou encore Vog, Biguine, Camille Albane, Dessange, Saint-Algue, Jean-Louis David ou encore Coiff & Co dont la réputation et le savoir-faire ne sont plus à démontrer.

Mais il existe aussi des réseaux plus confidentiels, plus localisés en région ou organisés autour d’un concept ou d’une prestation. Avant de vous fixer sur un nom, renseignez-vous également sur les conditions nécessaires pour ouvrir une franchise avec tel ou tel groupe. Le droit d’entrée, l’apport financier personnel, la surface du salon, le dossier, les motivations… Les exigences varient d’un franchisé à l’autre.

Pour vous aider, Biblond a dressé une liste – forcément non exhaustive – de franchiseurs.



Groupe Vog

Le groupe Vog, fondé par Franck François, pèse lourd avec des enseignes comme Vog Coiffure, Tchip Coiffure, Mon Coiffeur Exclusif et Shampoo Expert (depuis le rachat d’une partie du groupe créé par Michel Dervyn). Au total, ce sont 900 salons qui sont chapeautés, dont une centaine à l’international. L’histoire commence en 1979 quand Franck François, coloriste passionné, ouvre son premier salon. Les clés de la réussite du président fondateur ? Des relations privilégiées avec ses patrons franchisés
et l’ensemble des managers et coiffeurs constituant le réseau, des partenariats avec L’Oréal et Kérastase (Schwarzkopf pour Mon Coiffeur Exclusif), des concepts forts… « Nous avons aussi un véritable plan d’action. Nous donnons à nos coiffeurs tous les outils marketing pour réussir. Nos franchisés doivent comprendre pourquoi ils paient 800 euros de franchise par mois », souligne Franck François. « Notre force tient aussi à notre accompagnement renforcé en région. Pour chaque région, nous avons une équipe complète (directeur régional, directeur animation, responsable de la formation et développeur) pour les épauler au mieux. Nous sommes très présents sur le terrain. » Résultats ? Une fidélité du réseau. Et quid de l’année 2020 et ses trois mois de fermeture ? « Nous avons décidé de faire de la crise sanitaire une opportunité ! Nos franchisés en ont profité pour faire des travaux de rénovation. Nous avons aussi déménagé certaines adresses qui étaient en fin de bail et dont les loyers étaient trop élevés. » Et l’avenir ? Le groupe entend renforcer sa présence digitale. Par exemple, pour la formation. « En novembre, lors de la refermeture, nous avons formé 900 stagiaires grâce à la visio – contre 250 en novembre 2019 ! » L’avenir ? Franck François croit en l’intelligence artificielle mais pas uniquement… « Avec Mon Coiffeur Exclusif – le salon de la famille dans les petites villes – nos franchisés peuvent personnaliser la décoration. Je crois que c’est un premier pas vers l’avenir de la franchise. »

DATES-CLÉS

2016 Le groupe intègre Shampoo Expert à son portefeuille.

2013 Acquisition du groupe Exclusif et renouveau du concept Mon Coiffeur Exclusif.

2011 Vog Coiffure devient Vog Coiffure Color your Life et renforce son positionnement de coloriste.

2002 Rachat de l’enseigne prestigieuse Claude Maxime Paris.

1996 Lancement du concept révolutionnaire, la coiffure low cost de Tchip.

CONCEPTS

VOG

  • 120 salons
  • Positionnement de coloriste
  • Bien-être, élégance, expertise, respect
  • Coût de la franchise : 800 € par mois de redevance + 640 € par mois de redevance publicitaire
  • Droits d’entrée : 8 500 €

TCHIP

  • 500 salons
  • Low-cost et smart
  • Leader en fréquentation clients.
  • Coût de la franchise : 800 € par mois de redevance + 640 € par mois de redevance publicitaire
  • Droits d’entrée : 8 500 €

MON COIFFEUR EXCLUSIF

  • 70 salons
  • Familial
  • Partage, convivialité.
  • Contrat d’affiliation. Redevance affiliation : 300 € par mois + 60 € par mois pour la redevance publicitaire
  • Droits d’entrée : 3 500 €

 

Coiffirst

En 1989, Eric Pfalzgraf a la bonne idée de transposer les préceptes de l’hôtellerie et du luxe à la coiffure en créant le concept Coiffirst. Inspiré par les maisons de couture ou des bars branchés, il en reproduit le processus créatif. Avec un objectif : créer une collection des plus belles adresses de la coiffure dans des lieux atypiques. Pour preuve, parmi ses 12 salons parisiens dont un sous la coupole du Printemps Haussmann, l’espace de 1 000 m2 situé dans les anciens bains privés d’un hôtel particulier de Saint-Germain-des-Prés a remporté le prix du plus beau salon du monde tandis que celui de la rue du Faubourg Saint-Honoré, en face de l’Élysée, a reçu celui du plus luxueux. Le décor créé par le fondateur lui-même se bâtit autour de pièces chinées chez les plus grands antiquaires, auprès des hôtels quand ils rénovent ou dans les salles de ventes aux enchères (miroirs XVIIIe ou XIXe, lustres à pampilles…) et d’art contemporain. Les salons Coiffirst misent sur un accueil « comme à la maison » où la cliente est reçue comme une amie. La volonté ? « Les clientes veulent rencontrer un artiste. Le cadeau, ce n’est pas le savoir-faire. Le coiffeur doit savoir couper les cheveux, c’est une dette. Le cadeau chez Coiffirst, c’est le décor », explique le fondateur.

Pour accompagner au mieux ses partenaires, Coiffirst décline de nombreux services : deux collections par an, des formations à la First Attitude, aux techniques de coupe en piquetage ou au balayagevernis appelé vernissage. Vous êtes intéressés ? Si la moitié des salons Coiffirst sont en filiale, Eric Pfalzgraf reste ouvert à la franchise, mais pas n’importe comment ! Pour cela, il suffit de présenter votre projet sous forme de dossier. L’échange permettra de savoir si vous avez des valeurs communes et la même passion du métier. « C’est comme une adoption. Mais pour cela, il faut être totalement d’accord sur la façon de parler aux clients mais aussi aux salariés et aux apprentis. On fait ensuite du sur-mesure avec les mêmes tarifs que les autres marques. » Autres + ? Un partenariat avec les marques de L’Oréal et une publicité nationale à la télévision et en digital.

QUELQUES CHIFFRES

  • 15 % de croissance chaque année pour les salons
  • Environ 50 salons dans le monde (France, Guyane, Japon, Corée, bientôt Chine) 730 salariés

Shampoo Expert

Positionné sur le milieu de gamme, la marque Shampoo mise sur un emplacement de choix, les centres commerciaux (70 %), les centres-villes et les périphéries des villes et villages.

« La bonne idée de Michel Dervyn à son retour des États-Unis dans les années 1980 ? Créer une enseigne mass-market mixte, comme le McDo de la coiffure », explique Guillaume Cocheteux directeur marketing du groupe. Reconnaissable en un clin d’oeil par ses codes couleurs, en rouge et blanc, Shampoo est aujourd’hui le paquebot du groupe avec 150 salons.

« Nous avons développé une vraie méthode à laquelle nous formons nos franchisés pour gérer le flux important et sans rendez-vous avec un accent mis sur le diagnostic, très important pour la clientèle. Tout est millimétré et chacun reçoit ce savoir-faire complet. Dans les centres commerciaux, les salons ouvrent 70 heures par semaine ! Cela nécessite une organisation très particulière avec des équipes importantes. » Avec une clientèle majoritairement féminine, le concept séduit les jeunes entrepreneurs puisque l’âge moyen de la première ouverture d’un salon Shampoo est de 25 ans.

Vous voulez créer ou transformer un salon ? En entrant dans le réseau de Shampoo, vous signerez un contrat de franchise de dix ans. Les conditions ? 8 500 € de droit d’entrée et 20 % de l’investissement comme apport personnel. Vous aurez aussi une redevance liée au CA.

QUELQUES CHIFFRES

  • 150 salons Shampoo en France et près de 60 ouvertures prévues en France et à l’international
  • 500 k€ TTC de chiffres d’affaires moyen pour un salon Shampoo
  • Fiche moyenne : 60 euros pour une femme et 28 euros pour un homme
  • Revente : 20 % ( marques partenaires : Redken et L’Oréal)
  • 50 % des femmes réalisent un service technique chez Shampoo

Le Barbier

Spécialement pensé pour être efficace et reproductible dans les centres commerciaux et les centres-villes, dans des emplacements premium, Le Barbier (groupe Michel Dervyn), créé il y a vingtcinq ans, se développe de plus en plus avec la tendance homme. Axée sur une personnalisation de l’expérience client avec des conseils d’experts, la marque met à l’honneur le savoir-faire du barbier : diagnostic, construction des volumes, traçage de barbe, serviette chaude et froide, produits apaisants (gammes premium de Kérastase, L’Oréal et Redken) soins spécifiques d’entretien de la barbe (Solomon’s Beard, Proraso ou Crabtree), collections artistiques signées
Michel Dervyn.

« Notre positionnement est haut de gamme, avec ou sans rendez-vous. Le décor n’est pas celui du barber tatoué rock mais business class avec un environnement épuré en noir et blanc. L’enseigne connaît aussi du succès grâce à la souplesse des horaires. Les hommes ne planifient pas et ont besoin d’avoir un rendez-vous rapidement. Notre force est de pouvoir traiter du monde et faire de belles ventes », conclut Guillaume Cocheteux.

 

Michel Dervyn

Concept haut de gamme du groupe, cette franchise – le premier salon fut ouvert en 1976 – s’adresse à des créateurs. « Tout est mis en oeuvre pour permettre aux coiffeurs qui ont une sensibilité artistique de l’exprimer », explique Michel Dervyn.

Du choix des lumières et matériaux à la différenciation entre styliste ou coloriste, le concept est pensé pour développer une relation intimiste avec la cliente dans un environnement design et épuré. Sur rendez-vous, situés en centre commercial ou en centre-ville, les salons Michel Dervyn bénéficient d’emplacements premium, liés à une histoire de quarante ans et des liens très forts avec les grands bailleurs.


Que vous misiez sur une petite équipe ou une grande structure, cette franchise s’adapte. « Dans ces salons, professionnels et clientes prennent le temps. Nous sommes dans le conseil et la détente avec, par exemple, des fauteuils massants et l’utilisation d’eau déminéralisée », décrit Guillaume Cocheteux.
Les avantages d’entrer dans un tel réseau ? « Sur le plan juridique comme dans la gestion d’une réouverture en temps de crise comme nous la traversons, nous accompagnons au plus près nos franchisés », poursuit-il. « Nos salons bénéficient aussi de notre expertise sur les réseaux sociaux et de nos outils digitaux, leur permettant de rester proches des clients. Mais aussi via notre programme de fidélité dématérialisé qui leur a permis de les relancer quand il a été question de réouverture. » Mais hors période de crise ? « Entrer dans un réseau permet au coiffeur de s’occuper avant tout de son salon et de ses clients. De faire son métier !

Nous les accompagnons sur tous les autres aspects – commerçant, manager, entrepreneur – en leur donnant une méthode pour optimiser les conditions de travail. Côté artistique, nous proposons deux collections par an. »

QUELQUES CHIFFRES

  • 3 centres de formation
  • Panier moyen : 80 €
  • Surface moyenne : 75 m2
  • CA moyen : 500 k€
  • 50 % des salons Michel Dervyn en franchise
  • Équipes : 10 coiffeurs en moyenne

Groupe Kraemer

Après une expérience en franchise, Yannick Kraemer créé sa marque éponyme en 2000. « J’avais besoin de m’exprimer artistiquement et d’écrire ma propre histoire. » 15 puis 40 salons en filiale, Yannick Kraemer décide de lancer sa franchise quand il commence à vendre ses salons aux managers qui voulaient rester dans le groupe. Le concept est résolument tourné vers l’artistique et la créativité. « Pour la décoration, par exemple, le
concept Kraemer donne carte blanche à l’inspiration de chacun de nos franchisés. La cliente va avant tout voir son coiffeur, elle doit donc retrouver son ADN », souligne le fondateur. Toutefois, certains éléments fédérateurs restent communs à l’ensemble des salons : le logo à l’extérieur pour situer la marque, des vidéos, des affichages ou encore un lustre servent d’identifiants en France comme à l’international. Autre élément différenciant ? La créativité artistique. « Je donne la possibilité à mes collaborateurs de faire leurs propositions pour la collection. Sont réunis ainsi des coiffeurs français, suisses, japonais ou coréens autour d’un thème deux fois par an.

Nous avons lancé un concours interne, Go Creative, pour récompenser les meilleures coiffures ou photos », poursuit-il. Toutefois, les éléments angulaires de la franchise sont bien là. « Nos méthodes de travail, nos techniques de coupe et coloration sont enseignées dans les 4 académies du groupe (Chine, Corée, France et Espagne). Nos franchisés sont tenus de suivre deux stages par an. La formation est un gage de réussite ! » Les atouts d’une franchise selon Yannick Kraemer ? L’adhésion à une famille, la communication et la force d’un groupe. « Nos partenaires bénéficient d’un site Internet, d’animations sur les réseaux sociaux, de la connaissance des dernières tendances en mode mais aussi en produits. » Et pendant la crise sanitaire ? « Nous avons gardé le lien via les outils digitaux. Nous avons aussi pu aider les coiffeurs à sécuriser leur entreprise pendant les fermetures sanitaires, les informer sur les subventions, leur expliquer comment se protéger. Et, à la réouverture, leur fournir tout le matériel nécessaire. »

QUELQUES CHIFFRES

  • 200 salons dans le monde
  • Présence dans 11 pays
  • 1 700 collaborateurs dont 270 en France
  • 2 millions de clients coiffés par an à travers le monde et un CA non consolidé de 70 millions d’euros en 2019.
  • 800 photos reçus pour le dernier concours Go Creative

Carpy

À l’origine, un artisan-coiffeur qui ouvre son premier salon en 1978, suivi d’une deuxième affaire et d’un centre de formation en 1987 pour sa trentaine de collaborateurs, mais aussi pour répondre à la demande des maisons de produits. En 2002, après l’expérience d’un réseau de coiffeurs indépendants sous forme d’affiliation, la franchise Carpy est officiellement lancée. Le positionnement ? Moyen/ haut de gamme dans les centres-villes. « Nous sommes dans une stratégie qualitative plutôt que quantitative. Ainsi, nous constatons chaque année une croissance sur la fiche moyenne », explique Michel Kunzler, responsable développement. À qui s’adresse cette marque présente dans le Grand Ouest, de Rouen à Bordeaux ? « Nous attirons des coiffeurs qui veulent développer leur CA. Nous leur permettons d’avoir de meilleurs résultats. Ce sont souvent des salons de 3 ou 4 salariés, avec un panier plus élevé que la moyenne car nous mettons l’accent sur le bien-être, notamment grâce à notre partenariat exclusif avec la marque Aveda. » Vous êtes intéressés ? « Le franchisé signe un contrat de sept ans avec un droit d’entrée de 5 000 € et une redevance fixe de 590 € par mois. »

Au programme ? Carpy propose tout un éventail de services, avec le kit d’agencement modulable, la gestion générale (reporting, suivi stratégique…), la formation coupe, technique ou management, en passant par les outils d’animation, de communication et de marketing digital. Ce qui démarque Carpy ? « Nous n’avons pas d’ambition nationale mais une réalité de terrain et d’implantation dans la durée. Notre stratégie est sur le long terme. » Et en période de crise sanitaire ? « Nous avons été très présents en amont et en aval des périodes de fermeture avec des rendez-vous en visio ou des rencontres physiques en petit comité. Une fois par an, de manière classique, nous faisons un point avec le manager du salon pour préciser les besoins de chacun, planifier les parcours formation à la carte. Le sur-mesure s’impose encore plus aujourd’hui. Comme nous sommes un petit réseau, nous pouvons faire ce travail de personnalisation pour apporter les solutions idéales. »

QUELQUES CHIFFRES

  • 8 salons et 40 franchisés
  • Villes prioritaires : + 10 000 habitants dans le Grand Ouest
  • 30 % de ventes en salon
  • 50 % de clients pour la coloration
  • CA moyen : 250 k€ HT