La couleur : 5 erreurs à éviter

Biblond 82
© Toni&Guy
© Toni&Guy
Taille du texte: A A A

Un vrai coloriste, c’est une personne qui aime prendre les chemins de traverse et cueillir les idées partout où elles poussent. Une façon de réinventer la couleur à travers des techniques et les envies des consommatrices. Mais attention aux faux pas ! Voici un petit florilège d’erreurs à éviter, soufflé par trois coloristes : Pierrick Beringer, Fabien Giambona et Ludovic Geheniaux.

Pierrick Beringer

Fabien Giambona

Ludovic Geheniaux

Ne pas contredire la cliente

De peur de perdre une cliente, le professionnel refuse rarement de réaliser les nuances souhaitées. C’est un tort qui entraîne souvent des catastrophes. « Un bon coloriste doit savoir conseiller sa cliente et lui expliquer pourquoi il refuse de faire ce qu’elle souhaite. Il faut impliquer la personne », souligne Ludovic Geheniaux. En colorimétrie, rien n’est anodin. Il est aussi primordial de toujours dire la vérité sur les produits, les techniques et les résultats. Dites-lui si le produit que vous utilisez va oxyder un peu, beaucoup, énormément les cheveux, si elle aura des racines, comment la couleur va vieillir, les risques qu’elle prend avec ses cheveux… Sans pour autant dramatiser, bien sûr. « L’objectif est de faire des couleurs qui tiennent, qui n’abîment pas les cheveux et qui aient l’air naturel », ajoute Pierrick Beringer. Pour cela, optez pour une coloration proche de la base naturelle de votre cliente. « Sa tenue n’en sera que meilleure et les racines moins visibles », insiste Fabien Giambona.

Poser le roux en aplat unique

« Loin des années 1980, le roux se pare d’une aura plus naturelle, plus proche du blond vénitien ou de l’écureuil. Bien sûr, on peut, en effet, obtenir un roux, même sur un blond décoloré. En revanche, il faut prévenir la cliente sur le fait que cette couleur se déstabilise et demande, par conséquent, beaucoup d’entretien », avertit Ludovic Geheniaux. Il est également important, pour le coloriste, d’être attentif à la carnation. On déconseille le roux si le teint est olive ou alors il faut que la cliente change radicalement de maquillage et éclaircisse ce dernier. Que faire pour que le roux tienne mieux ? Choisissez un oxydant faible (10 vol. ou moins) qui ne modifie pas trop la base, apporte un reflet, n’élimine pas trop les pigments naturels. Quant au fond d’éclaircissement, il ne devient pas trop clair.
Enfin, ne transformez pas une rousse en blonde.

« Le résultat ne sera jamais beau et durable. Toujours jaune !
Il faut le déconseiller à la cliente », prône Pierrick Beringer.

Penser qu’une couleur ou un balayage naturel est facile à réaliser

Quand une femme dit : « Je veux que ça fasse vrai », donc naturel, le coloriste a du pain sur la planche. Créateur, il doit donner vie à une teinte fantasmée, à un blond idéal, celui qu’on a porté quand on était jeune ou l’éclat incarné par les stars de cinéma. L’objectif premier du professionnel est donc « de réaliser un bon diagnostic et de créer les couleurs les plus flatteuses, un jeu d’ombres et de lumières », confirme Fabien Giambona. Les
femmes recherchent une coloration plaisir. « D’où l’importance de travailler avec des formules qui oxydent moins et tiennent plus longtemps, la vraie tendance de fond est là. Il y a une vraie montée en gamme et en technicité. C’est pourquoi, je travaille beaucoup à la poudre à 10 et 12,5 volumes », précise Pierrick Beringer.

Écourter les temps de pose car la cliente est pressée

Grave erreur sur de nombreux points ! Exemple : quand vous voulez contrebalancer un reflet. On ne peut pas diminuer la durée puisque le reflet ne s’impose qu’au dernier moment du temps de pose de la coloration.

« Certains coiffeurs utilisent leur oxydation à 30 volumes pour que le travail s’accélère et que les écailles s’ouvrent plus vite, confirme Ludovic Geheniaux. Mais, je ne vois pas l’intérêt de cette concentration, si ce n’est d’entraîner les femmes dans un engrenage d’incessants entretiens : les cheveux sont plus sensibilisés, reflètent moins la lumière et les pigments tiennent moins longtemps. »

Alors, comment gagner du temps ? En travaillant systématiquement à quatre mains, pour aller plus vite et maîtriser à la perfection la montée en couleur. Si on passe dix minutes, voire plus, à l’application, il est difficile  d’être précis.

Reproduire le travail de la dernière visite

« L’objectif d’un bon coloriste, c’est d’être créatif et surtout d’oublier le travail de coloration que l’on a fait la dernière fois. On repart toujours de zéro et, de toute façon, la cliente ne veut que de la personnalisation », lance tout de go Pierrick Beringer. Idem, aucune femme ne doit sortir du salon avec la même couleur que sa voisine. C’est ce qui différencie le travail professionnel des colorations à domicile. « C’est un service de pièce unique », aime à dire Ludovic Geheniaux.

« L’objectif est de faire des couleurs qui tiennent, qui n’abîment pas les cheveux et qui aient l’air naturel. » Pierrick Beringer

Catégories: Actualités