Jean-Baptiste Santens : Brûleur d’étapes

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En cinq ans à peine… Une vie peut donc basculer en une poignée d’années. Cinq ans à peine séparent l’apprenti de 15 ans du lauréat des Hairdressing Awards. En 2005, le jeune Jean-Baptiste Santens arrivait dans un salon d’Épernay. Un premier rêve devenu réalité. Dès qu’il a pu tenir un peigne, Jean-Baptiste s’est précipité sur toutes les têtes coiffables. « J’aime optimiser la beauté des gens. » Secrètement, il rêvait de mode.

Il a désormais 22 ans et ce jeune homme gracile a donné rendez-vous au Trésor, un bar cosy du Marais. Le succès l’étonne encore. « Depuis les Hairdressing Awards, les journalistes m’appellent pour me demander mon point de vue sur l’économie de la coiffure ! Je suis désormais censé avoir un avis sur la profession du haut de mes 22 ans. »

Comète venue de Champagne, Jean-Baptiste Santens a avalé les étapes. Son parcours a des allures de course de relais. Formé de façon classique dans un salon d’Épernay, il a très vite combiné l’apprentissage et la compétition. Comme un sportif du genre, à 16 ans, il a intégré l’Équipe de France de coiffure. À chaque épreuve, l’insatiable préparait toutes les catégories possibles. De
la main, il balaye les commentaires un brin méprisants qu’on entend en général sur la compétition. « C’est une excellente école qui pousse à développer son inspiration artistique, oppose-t-il. La compétition ne se réduit pas au cannage et aux mèches éclatées. Elle insuffle des idées et nourrit une vraie créativité. » La preuve, ses deux prix de l’Avant-Garde et de la Presse, remportés aux Hairdressing Awards en février 2009. Depuis, en mars 2010, il a encore fini vice-champion d’Europe à Moscou.

Dans l’intervalle, Santens avait achevé sa formation chez Axel Maxence à Épernay. Même tiraillé entre le CFA, l’apprentissage et la compétition, il pensait à la suite… et à Paris, capitale de la mode révérée. En août 2007, à 19 ans, Rastignac contemporain,il intègre le salon Y, avec Alexandre Pattein. Rapidement, il se met à la formation. « Il a fallu m’affirmer et je trouve beaucoup de plaisir à former. Il faut toujours rester à l’écoute. » Mais quelle satisfaction quand la coupe terminée, les quinze personnes de la salle applaudissent ! Il a également mis le doigt, voire un bras, dans le studio, avec les splendides books Hung up, lancés par Alexandre Pattein. « C’est un travail sur l’instantané et la matière, de la création sans limite. J’adore ! »


Mais l’apogée de 2009 a modifié la vision de sa trajectoire. « C’est un énorme tournant pour moi, qui m’a fait gagner en crédibilité et donné du potentiel. » L’année qui a suivi a été si remplie qu’il n’a pas pu refaire des photos. Le temps manquait cruellement à son désir de créativité. « Il y a deux mois, j’ai décidé de me mettre à mi-temps au salon, les mercredi, vendredi et samedi. J’ai refait mon book et j’ai contacté toutes les agences de coiffeurs de Paris. » Le persévérant Jean-Baptiste Santens a désormais un agent, Lebigue One. Il n’a plus à se préoccuper que d’artistique. « Mon agent me dit : “occupe toi de tes cheveux, je m’occupe du reste.” »

Voilà cet amoureux de la mode, booké en première option pour la Fashion Week aux côtés de Rick Owens, Haider Ackermann, Kenzo et Gucci. D’en parler, ses yeux brillent… Avant tout, Jean-Baptiste Santens se prépare pour ce MondialCoiffure Beauté. Sa collection étrennée au début d’octobre joue les formes graphiques et le souffle sous-marin ; une inspiration sans doute venu de ses plongées en Égypte où il a découvert des couleurs et plastiques « hallucinantes ».

À temps perdu, il s’est mis à l’origami. En réalité, il s’en inspire pour créer les tenues des malléables pour le Championnat du monde. Sans cesse en mouvement, exigeant au-delà de tout, Jean-Baptiste Santens vient de franchir une nouvelle étape.

Le regard toujours plus haut, les pieds bien sur terre, le jeune homme rêve de mode et de continents inexplorés…

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