« Géométrie : partie des mathématiques ayant pour objet l’étude de l’espace et des figures qui peuvent l’occuper. » Mal enseignée en France, cette discipline n’en demeure pas moins essentielle.
Pour vous en convaincre, nous sommes allés interroger quelques pros.
La géométrie, c’est l’inverse du feeling, résume Emmanuel Sentenac, directeur artistique de Stephan. C’est un outil qui permet de savoir exactement le résultat que l’on obtiendra si l’on travaille sur tel degré, avec telle gestuelle. C’est comme un alphabet, avec lequel on évolue perpétuellement. » Une base donc, que vous devez à tout prix maîtriser, quitte à ce que cela prenne du temps.
« Tous nos modules commencent par cette base théorique. Il faut sans cesse y revenir mais, une fois acquis, c’est pour la vie !, indique Stéphane Motte, responsable de l’académie Formul’A. Le coup de ciseaux dure une fraction de seconde. Sans repères dans l’espace, il ne sera jamais parfaitement placé. » En fonction de l’architecture de coupe et des volumes que vous avez imaginés, la géométrie vous permet de choisir précisément où et comment couper. « C’est grâce à la géométrie que l’on crée une personnalité, ajoute Jean-Marie Ferber, coiffeur numéro un au Luxembourg. Aujourd’hui, elle est d’autant plus importante que l’on remarque dans les nouvelles collections anglaises un retour en force du coiffage et du volume. »
Un langage commun
La géométrie est également un formidable outil de communication et de transmission. « Cette méthode a été inventée par Vidal Sassoon dans les années 1960, rappelle Stéphane Amaru. À l’origine très complexe, elle permettait à tous ses salariés de parler le même langage. » Ce que confirme Emmanuel Sentenac : « La méthode géométrique nous permet d’échanger sur ce que nous imaginons. » Idem pour le Luxembourgeois Jean-Marie Ferber, qui ne pourrait pas s’en
passer : « La géométrie dans l’espace m’offre la possibilité de penser mon travail, de le communiquer. C’est extrêmement important dans notre métier. » Malheureusement, la géométrie demeure mal enseignée en France déplore Stéphane Amaru. « Nous avons voulu nous démarquer des Anglais et donc ne pas parler en termes de degrés. C’est une erreur. Les jeunes gagneraient en temps et en efficacité s’ils apprenaient l’architecture de coupe. Il leur manque cette base et, sans ces outils, on ne peut pas avancer… »
A lire : Fundamentals, de Jean-Marie Ferber
Biblond, pour les coiffeurs !







