Avec sa conférence Regards Croisés, initiée en juin dernier à son siège de Levallois Perret, L’Oréal Professionnel s’est fixé pour objectif de faire découvrir la coiffure aux acteurs de l’Éducation nationale. Un pari qui semble réussi…

Un inspecteur de l’Éducation nationale en sciences biologiques et en sciences sociales appliquées qui se présente en précisant qu’il a mal été orienté en raison de ses bonnes notes, c’est peu commun !
Pourtant Jérémy Ranque, inspecteur à l’académie de Versailles, n’a pas hésité à raconter sa déception, alors qu’il avait opté pour une voie professionnelle, quand les profs et autres conseillers d’orientation l’en ont empêché en disant qu’il était bon à l’école ! C’est que la voie professionnelle, Jérémy Ranque y croit plus que jamais, au point d’organiser avec Éric de La Tour, directeur de l’enseignement professionnel chez L’Oréal Professionnel, la conférence Regards Croisés à laquelle une cinquantaine d’acteurs de l’orientation en collège des académies de Versailles, Créteil et Paris était conviés à découvrir
les différentes facettes du métier de coiffeur.
Des parcours inspirants
« Il y a une réelle demande pour la famille des métiers de la beauté, du bien-être, de l’esthétique et de la coiffure. Mais la plupart des jeunes s’orientent en espérant faire de l’esthétique car ils ne connaissent pas les possibilités qu’offre la coiffure. Nous voulions aussi déconstruire la mauvaise image de la coiffure au niveau de l’Éducation nationale ! » Tout un programme ! D’autant plus difficile que, selon Jérémy Ranque, la coiffure a mis plus de temps que d’autres professions à s’ouvrir à l’Éducation nationale. « Il a fallu que les coiffeurs manquent de personnel pour qu’ils acceptent de parler de leur profession », constate-t-il.
Pour faire découvrir leur métier, certains coiffeurs étaient donc venus raconter leur parcours, comme Geoffrey Tentillier, le nouveau directeur artistique du groupe Vog également membre de l’équipe artistique de La Haute Coiffure Française. « Je cherchais un métier artistique et j’ai trouvé ma voie avec la coiffure qui m’offre bien plus que je ne pouvais espérer », s’enthousiasme-t-il.
Autre parcours, celui de Mélanie Pimentel, jeune hairstylist L’Oréal Professionnel. « Quand j’ai expliqué à ma mère que j’arrêtais les études pour faire de la beauté elle était en “PLS” », raconte avec humour la créatrice du salon L.Atypique. Julien Guillot, avec ses 17 salons et ses 110 collaborateurs, a apporté une vision très entrepreneuriale du métier, dans laquelle il semble parfaitement s’épanouir. Autre invitée de marque, la jeune Clara Quesne, vice-championne de la compétition des métiers Wordskills 2022. « Tout le monde a été épaté par sa maturité et ses bonnes notes », souligne Jérémy Ranque.
Booster l’orientation en coiffure
Des témoignages passionnés et surtout convaincants qui « ont réussi à faire bouger les lignes, car je n’ai eu que des retours positifs. Les acteurs de l’orientation ont eu l’impression que nous décloisonnions les filières apprentissage et bac pro. Ils ont apprécié aussi que l’on mêle l’Éducation nationale au monde de l’entreprise de façon collaborative ». Pour Jérémy Ranque, Regards Croisés doit booster les orientations vers la coiffure car les acteurs de l’Éducation nationale ont réellement découvert les multiples facettes de ce métier.
Éric de La Tour, lui, voit déjà plus loin grâce à la captation vidéo de la manifestation ainsi que de chaque intervention qu’il met à la disposition de l’Éducation nationale. « J’envisage de présenter ces vidéos à l’ensemble de mes collègues inspecteurs d’académie sur toute la France et chacun pourra utiliser les vidéos capsules pour présenter une facette du métier aux élèves », assure Jérémy Ranque. Des initiatives qui permettent aux responsables de l’orientation de découvrir la variété de choix qu’offre la coiffure, métier où les jeunes sont certains de trouver du travail à l’issue de leurs études, ce qui est loin d’être négligeable.
Biblond, pour les coiffeurs !







