Fiche pédagogique : le lissage do and do not

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Alors qu’en Europe la mise en forme durable qui vise à boucler, onduler, donner de la forme à une chevelure désespérément raide n’est que très peu pratiquée, son opposée est florissante. Cependant, si on ne considère ici que le lissage dit « thiolé », les deux services que l’on peut qualifier, en utilisant un anglicisme bien pratique, de « volume up » et de « volume down », ont beaucoup de points communs que nous allons d’abord passer en revue ici.

Dans les deux cas, il s’agit d’un service qui allie une réaction chimique importante et une action mécanique, physique, dont le seul acteur est le professionnel. Il est donc le vrai responsable de la qualité du résultat.
Quelle que soit la qualité du produit utilisé, si la « mécanique » n’a pas bien été gérée, le résultat ne sera pas satisfaisant !

Les mises en forme de type « volume up » (boucles, ondulations, sculpture de la chevelure) et « volume down » (lissage, détente des boucles) mettent toutes deux une réaction chimique en deux temps :
Réaction dite « de réduction » pour ouvrir le plus délicatement possible une petite partie des ponts disulfures principalement situés entre les Kap’s ou entre ces même Kap’s et les chaînes de kératine.

Réaction d’oxydation tout aussi délicate que la précédente, pour les refermer dans la nouvelle configuration crée par le travail mécanique mis en oeuvre par le professionnel.

Dans les deux cas l’expertise technique d’un service, qui est réservé aux coiffeurs, peut permettre de mettre en valeur des qualités professionnelles valorisantes.



Les spécificités mécaniques des « lissages »

Quelle que soit l’intensité du lissage désiré par le client ou la cliente, de la simple réduction de volume au lissage baguette, la première partie de l’action mécanique qui vise à obtenir la forme souhaitée se fait au moment de l’application de la crème réductrice. Cette crème a donc deux actions : une action chimique qui met en oeuvre la réaction dite « de réduction » et une action mécanique générée tout simplement par sa texture, plus ou moins épaisse, plus ou moins collante. Cette texture va, pendant le temps de pause, figer la fibre dans sa nouvelle forme, celle que vous réalisez par étalement du produit.

On le voit, la texture de la crème utilisée est très importante, plus importante que son odeur qui, de toute façon, est inévitable dans cette technologie.

Cependant, cette action mécanique, que le professionnel exerce par l’intermédiaire de la crème, peut se doubler d’une deuxième action mécanique qui va, si nécessaire, renforcer la première. Cette deuxième action s’effectue au moyen de plaques chauffantes.

Dans ce cas, ce passage de plaques se fait entre la réduction et la fixation après un rinçage soigneux de la crème réductrice sur des cheveux préséchés à 90 %.

Avec ou sans plaques, cette action mécanique vise de toute façon à tirer sur la fibre pour la détendre et doit être réalisée avec adresse et sans exagération.

N’oublions pas qu’elle se fait sur des cheveux dont les protéines sont «réduites » par le réducteur, la fibre capillaire a un certain nombre de liaisons ouvertes, elle est donc plus fragile.

La technologie thiolée laisse donc la liberté d’utiliser ou non les plaques et, si on fait appel à elles, sans émanation importante et douteuse de fumée.

Les « Do » et les « Don’t »

Le diagnostic

Outre l’évaluation physique de la fibre, son épaisseur, sa résistance, ses zones de sursensibilisation, il faut aussi penser à observer consciencieusement l’implantation naturelle de la chevelure. Ne pas la respecter peut conduire à des casses.

L’historique est aussi très important, n’oublions pas que des traitement antérieurs peuvent être incompatibles avec les réactions chimiques du lissage thiolé.

Pensons à certaines colorations au henné… Sauf si le fournisseur vous en a garanti l’absence, des traces de sels métalliques, très souvent présents dans le henné, peuvent conduire à des casses.

Enfin, ne jamais faire de lissage sur des chevelures qui auraient été lissées ou défrisées avec d’autre technologie.

La mèche test
C’est quand même une étape très fortement conseillée pour confirmer le diagnostic et valider que le cheveu supportera le lissage en aidant à déterminer le temps de pause. Sur des cheveux très sensibilisés, elle peut être un moyen de convaincre la cliente de renoncer au service.

La protection des zones sensibilisées
Soyons vigilants sur ces zones fragiles, pensons à l’application d’une crème qui les protège et, en ce qui concerne les pointes, ne pas y appliquer de réducteur conduit à un fini plus souple et naturel, souvent apprécié par les femmes qui ne veulent pas un aspect trop droit.

L’application de la crème réductrice
Ne jamais appliquer à moins de 1cm du cuir chevelu ! C’est très important. La kératine du premier centimètre de cheveu n’est pas encore complètement mature, elle est plus fragile. Le non-respect de cette règle explique une bonne partie des casses.

Enfin, bien respecter le sens naturel de la coiffure.
Sur cheveux secs, passez la main dans les cheveux et laissez-les se placer de manière naturelle. Il suffit de respecter cette orientation au moment des séparations pour appliquer le produit.

Le test du noeud
Facile, professionnel, il permet de s’assurer du bon niveau de réduction de la fibre. De plus, il montrera à votre cliente que vous adaptez vraiment votre technique à sa chevelure.

Les rinçages
Soyons des maniaques du rinçage! N’oublions pas que la « rencontre », à l’intérieur du cheveu, du réducteur et du fixateur dégage de la chaleur et peut conduire à des résultats non souhaitables.



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