Petit rappel sur l’origine de l’allergie
L’allergie est une réaction naturelle à une substance reconnue comme un ennemi étranger par notre système immunitaire. Cette substance prend alors le nom d’allergène.
Les allergènes agissent sur notre organisme de différentes manières. On distingue 4 types d’allergie : Celle qui est causée par une injection (piqûre
d’insecte), par une ingestion (aliment, médicament), par une inhalation (pollen, poussière) et enfin, celle qui nous concerne, l’allergie de contact.
Détaillons un peu cette dernière qui se déroule en 2 étapes :
Étape 1 dite « Sensibilisation » : La peau entre en contact avec un allergène qui passe dans l’épiderme.
L’allergène est capté par ces cellules dites « de Langerhans » dont tout étudiant en BP a entendu parler. Ces braves cellules envoient une alerte à destination des lymphocytes, cellules qui se trouvent dans les ganglions. Ces lymphocytes mémorisent les caractéristiques de l’allergène et voyagent dans la circulation sanguine.
Étape 2 dite « Élicitation », c’est-à-dire plus simplement la réaction allergique : Lorsque notre peau entre à nouveau en contact avec une substance contenant le même allergène, les lymphocytes, qui ont bonne mémoire, le reconnaissent. Ils fabriquent alors des cellules qui déclenchent la réaction d’allergie sur le site concerné. Cette étape prend 1 jour ou 2.
Dans notre métier, de quel allergène parlons-nous ?
Dans toute coloration d’oxydation, qu’elle soit éclaircissante ou pas (la coloration dite « ton sur ton »), il y a une molécule indispensable à la couleur qui est, soit la « paraphénylène diamine » (PPD), soit la « paratoluènediamine » (PTD), soit un dérivé de ces deux molécules. L’une ou l’autre est indispensable à des concentrations variables selon la hauteur de ton de la couleur choisie. C’est cette molécule qui est responsable de rares cas d’allergie à la coloration (une personne sur 10 000 à peu près).
Quelle doit-être notre attitude ?
On va commencer par la sérénité. L’allergie fait partie de notre vie. Il y a de très nombreuses causes d’allergies autour de nous : fraises, crevettes, pollen, poussières, poils de chat, certaines plantes pourtant très belles… Nous vivons avec et il n’y a pas de raison de culpabiliser parce que nous devons utiliser des produits qui présentent un risque parfaitement accepté dans d’autres domaines.
Mais il faut néanmoins appliquer une prudence professionnelle. Une réaction allergique peut devenir grave, surtout si elle s’est déjà produite plusieurs fois. Considérez que chaque réaction allergique est le double de la précédente. Alors on n’oublie pas la touche d’essai qui est un moyen efficace d’éviter cette réaction. Votre fabricant vous précise toujours la méthodologie… il faut la suivre !
Dans quel cas faut-il absolument faire ce test ?
1- C’est la toute première coloration pour ma cliente ou mon client.
2- Ma cliente ou mon client n’a pas eu de coloration depuis plusieurs mois (six mois est une bonne estimation).
3- Si la demande requiert un important changement de nuance, surtout quand on va vers une nuance plus foncée.
4- S’il y a un doute à la suite de la précédente coloration
5- Si depuis la dernière coloration, un tatouage semi-permanent a été appliqué (« tatouage de plage »). Ces tatouages contiennent des quantités très importantes de paraphénylène diamine, des quantités bien plus importantes que celles qui sont présentes dans vos colorations et peuvent déclencher une sensibilisation brutale à cette molécule.

Biblond, pour les coiffeurs !








