Crise… Ce mot est partout. Dans les médias, sur toutes les lèvres. Les clients font attention à leur porte-monnaie. Et le secteur de la coiffure n’est pas épargné. Les professionnels ont-ils intérêt à baisser leurs tarifs pour résister ?
Renverser la tendance
Tous les coiffeurs le disent, les clients passent moins souvent la porte des salons. « Le nombre de visites par an est passé en dessous de la barre de 5 », note Isabelle Roy, responsable du service économique à la Fédération nationale de la coiffure (FNC).
Entre ça, les loyers qui augmentent, etc., « depuis deux ans, c’est du sport », avoue Michel Dervyn. Et oui, la morosité gagne du terrain, alors comment faire pour renverser la tendance ? Réduire la note pour les clients ?
Aujourd’hui, « la seule réponse apportée à la crise est la suivante : “je baisse mes prix” », déploreMichel Dervyn. Pour Isabelle Roy de la FNC, ce n’est effectivement pas sur les tarifs qu’il faut jouer : « Il faut maintenir la qualité des services. »
Créer l’envie
Miser sur l’exigence, le conseil au client, c’est ce que font beaucoup de coiffeurs haut de gamme. « Il faut aussi créer l’envie et on ne crée pas l’envie avec un prix », lance Michel Dervyn. Ne pas hésiter à innover. « Je suis allé dans un salon où il y avait des fauteuils pour se détendre…, on proposait une épilation. Les clients étaient bichonnés », raconte le grand coiffeur qui applique la méthode dans ses salons en proposant soins du visage et massages.
Casser les prix ?
Les salons haut de gamme ne sont pas les seuls à réfléchir à leur stratégie en ces temps troublés. Cette crise n’est pas tout «bénef» pour les low cost. Il est vrai que les enseignes à prix cassés rencontrent un gros succès, mais, revers de la médaille, plus les clients se sont mis à chasser les bonnes affaires, plus les offres alléchantes ont fleuri.
Dernier en date, Beauty Bubble ou l’art de la coupe express. « Ces concepts répondent à des modes de consommation différents, mais ne sont pas forcément la réponse à la crise. Tous ces salons se font concurrence alors que le gâteau qu’ils ont à se partager, lui, ne bouge pas », note Isabelle Roy de la FNC.
De l’inventivité !
Plus que le prix, ce qu’il faut réajuster, pour Isabelle Roy, « ce sont les équipes. Avoir un marketing de reconquête aussi ». Ce qu’a bien compris Franck François, patron du groupe Vog dont font partie les salons Tchip.
« On a augmenté le budget pub, qui est de 2 millions d’euros pour le groupe. » Sans oublier les animations constantes, comme un soin offert pour une couleur, ou un shampooing acheté, le 2e à moitié prix.
« On attaque tout de suite. C’est pesant, mais le métier a changé. C’est comme ça qu’on peut résister à la crise », insiste Franck François.
La crise oblige le monde de la coiffure à se réinventer.Mais, dans tous les cas, la variable prix ne semble être pour personne le remède miracle.
*Jérôme Tiercelet, invité à la rédaction :
Pour moi, aujourd’hui, il est effectivement difficile de garder des prix bas dans des salons qui se disent tendance ou luxe, car les loyers augmentent et tout est sujet à problème.
Il est donc normal, en cette période, de voir sortir des salons à prix cassés. Mais il faut savoir mettre un point à tout cela, en proposant néanmoins quelques offres d’appel.
Noémie Guillotin
Biblond, pour les coiffeurs !







