Eugène Souleiman, coiffeur artiste

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Si aujourd’hui Eugène Souleiman est l’un des coiffeurs les plus influents du monde de la coiffure, il est avant tout un véritable artiste du cheveu.

Il est sans cesse en réflexion à la recherche d’un nouveau style, d’une nouvelle tendance, d’une création sans avoir peur de prendre des risques, tant dans la longueur que dans la couleur.

Rencontre hors du commun avec le coiffeur Eugène Souleiman

À part la coiffure, quelle autre activité artistique pratiquez-vous ?
Je fais beaucoup de choses en réalité. De la céramique par exemple, et je dessine beaucoup. Dernièrement j’ai acheté une grande maison à la campagne et je vais la transformer en atelier. J’y travaille sérieusement avec un architecte.
J’ai deux filles et une femme et j’ai besoin d’une garçonnière (rires).

Comment abordez-vous votre métier ? Il y a plusieurs métiers dans le monde de la coiffure. Moi, j’ai toujours l’esprit occupé à mille choses. Je réfléchis sanscesse et j’ai beaucoup d’énergie ! En ce moment, j’ai les tresses à l’esprit. La tresse, c’est tout une technique, un vrai travail sur la structure. Je n’aime pas copier, mais je suis sans cesse à la recherche des influences. La normalité ne m’inspire pas du tout et j’ai besoin de mille choses pour nourrir mon imagination.

Où trouvez-vous votre inspiration ?

Dans chaque chose, chaque rencontre, chaque vision… Je voyage beaucoup et j’aime par-dessus tout les aéroports car on y voit toutes sortes de gens et de situations qui m’inspirent toujours beaucoup. Il y a là un vrai brassage et mélange de culture, de personnalités, de tendances. Pour moi, rien n’est acquis d’avance et il faut toujours rester à l’affût. Je dois rester dans le mouvement. C’est important. Je n’aime pas les habitudes et je ne veux pas être devancé, mais être précurseur.

Vous êtes-vous déjà trompé ?

Oui ! Tout le temps… Je n’étais pas destiné à la coiffure. Je suis arrivé là par hasard et c’est une « mauvaise direction » qui m’a fait arriver là où j’en suis. Quand quelque chose d’imprévu ou de mauvais arrive, je m’adapte et j’essaie de magnifier la situation et j’arrive toujours là où je devais aller. Les fautes apportent des choses bien au final, si on sait  s’adapter. C’est le seul moyen d’arriver à un résultat et de ne  pas se laisser surprendre.
L’erreur n’est pas toujours là où l’on croit. Il faut savoir garder l’esprit ouvert. Ne se concentrer que sur un point n’est pas bon et je me nourris de tout, du bon comme du mauvais. C’est ça la perfection !

La coiffure et la mode : qui inspire qui ?

C’est une combinaison. C’est parfois la coiffure, parfois la mode, même si une coiffure peut magnifier à coup sûr une tenue. Lorsque je travaille sur un défilé, je suis très spontané, réactif à tout. Dans le monde de la mode, j’apprends tout le temps et je suis au centre de la création.

Dans votre iPod, qu’est-ce que je trouve ?

Je suis dans la diversité. Il y a du rock « garage », mais aussi de la dance soul, du son jamaïcain. En ce moment, il y a Diplo et Major Lazer, du reggae aux sonorités électroniques.

Votre livre de chevet ?

L’Étranger d’Albert Camus.

Votre film préféré ?

J’aime beaucoup Nil by Mouth (« Ne pas avaler ») de Gary Oldman, un film autobiographique qui raconte la vie d’une famille dans le sud de Londres. Mais aussi Biutiful avec Javier Bardem, l’histoire d’un homme en chute libre… Mais attention, je n’aime pas que les films noirs, j’aime aussi Spiderman ! (rires)

Votre photographe préféré ?

J’aime beaucoup les photos de Man Ray.

Votre ville préférée ?

Tokyo, pour sa diversité. C’est vraimentla ville qui m’inspire le plus, toujours en mouvement.

Votre juron préféré ?

Twat… (rires)

Votre produit capillaire préféré

Ocean Spritz de Wella Professionnals car j’arrive à faire tout ce que je veux avec et un produit doit être un outil de travail pour le coiffeur.

Combien de chapeaux avez-vous ?

Des centaines, j’adore les chapeaux. J’ai commencé à en porter car je ne veux pas me coiffer. Dans les années 1980, j’ai fait beaucoup trop de choses avec mes  cheveux et j’en ai eu marre.