Obtenir la labellisation Greenlife Ecocert n’est pas chose aisée. Mais se voir attribuer les trois étoiles du label du premier coup relève de l’exploit. C’est le pari réussi de Yohann Hubert, créateur du salon Nature de Cheveux à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), et de son équipe. Une labellisation qui salue une démarche RSE complète. Explications.

La labellisation de Nature de cheveux ne relève pas du hasard. Propriétaire de son salon depuis une douzaine d’années, Yohann Hubert s’est engagé dans une démarche de développement durable dès le début de son aventure entrepreneuriale. Pour valoriser sa démarche, Yohann Hubert aurait pu postuler au label Mon Coiffeur s’engage d’AG2R La Mondiale plus connu des coiffeurs et surtout moins onéreux que celui d’Ecocert. « J’ai privilégié le label Ecocert car il est plus exigeant, plus qualitatif à mes yeux et reconnu par tous ceux qui sont sensibles à la démarche RSE », justifie Yohann.
UN LABEL ONÉREUX ET EXIGEANT
Pour obtenir son label, Yohann Hubert a déboursé 1 200 €, contre 495 € pour le label Mon Coiffeur s’engage. « Ce coût est justifié car une équipe de deux personnes se déplace pour réaliser un audit du salon. L’année suivante, le coût est moins élevé », explique-t-il. Et tout est passé au crible.
Côté produits, le salon propose à ses clientes de la coloration végétale bio, mais aussi des gammes biologiques, en vrac et solides, dont certaines sont dédiées aux cheveux texturés. Les économies d’énergie ont aussi été vérifiées. « Aucune source lumineuse le soir ou la nuit dans le salon. Tout est éteint et l’ensemble de l’éclairage est en Led », souligne Yohann.
Côté économie d’eau, les bacs sont équipés de douchettes Ecoheads et des mousseurs ont été installés sur les lave-mains des toilettes et de la salle de pause. « Pour les colorations végétales nous sommes aussi passés des casques à infrarouge à ceux portables de Couleurs Gaïa. Ce qui nous a permis de diviser notre consommation par dix », affirme Yohann.
Dans ce salon équipé de radiateurs électriques, la température ne dépasse jamais 19°C. « Nous mettons des plaids à disposition des clientes pendant les temps de pause de leur coloration végétale. »
Et astuce non négligeable, aucun papier à mèches chez Nature de cheveux où depuis douze ans on utilise deux rouleaux de protège-livre découpés, dont les feuilles sont lavées en machine ! Pour la récupération des cheveux, le salon travaille avec Capillum.
Pour le reste des déchets, tri et compostage sont de mise. « J’ai aussi beaucoup de meubles récupérés sur le site Leboncoin. J’ai également fait travailler un métallier local pour fabriquer de gros meubles en métal. Enfin, nous avons des meubles en carton de récupération », précise Yohann.

DES SALARIÉES IMPLIQUÉES ET MOTIVÉES
Obtenir le label Ecocert nécessite aussi d’avoir mis en œuvre une vraie démarche sociétale. « Au départ, je souhaitais recruter des salariés sensibles à ma démarche. Mais ce n’est pas si facile. » Alors pour motiver son équipe aujourd’hui composée de deux salariées et deux apprenties, le chef d’entreprise a mis en place un accord d’intéressement.
« Il représente 10 000 € par an, soit un 13e voire un 14e mois pour les salariés. Il a une valeur particulière car il nous oblige à travailler en équipe. C’est une enveloppe globale répartie en fonction de l’ancienneté, du salaire et du temps de présence. Tout le monde y a droit. Cela me permet aussi de rappeler que les économies sont indispensables pour garantir le montant de l’enveloppe », révèle Yohann.
En plus de valider toute une démarche, la labellisation a également permis de structurer quelques points comme le protocole pour le linge et les déchets. « Ecocert a dû s’adapter aussi à notre fonctionnement car je fabrique ma lessive à partir des cendres de ma cheminée et cela n’entrait pas dans le cadre du label. »

COMMUNICATION ET FIDÉLISATION
Premier salon en France à obtenir les trois étoiles du label Ecocert Greenlife, Nature de cheveux a évidemment bénéficié d’articles dans la presse locale. « Cela a fait venir des clientes, notamment toutes celles qui ont appris que nous travaillons les cheveux texturés », assure Yohann. L’équipe s’est également emparée du sujet.
« Nous avons créé une check-list pour le protocole du linge et des déchets. Ainsi tout est noté et clarifié pour les futurs salariés. » Le règlement intérieur du salon a également été rédigé avec les salariées. « C’est un travail coconstruit, nous fonctionnons en concertation et les salariées sont aujourd’hui très pertinentes pour expliquer notre démarche aux clientes », assure Yohann Hubert.
Biblond, pour les coiffeurs !








