Il aura fallu deux ans aux équipes de Biowels pour mettre au point une gamme de serviettes et capes de coiffure biodégradables et compostables. Récompensée par un prix de l’Innovation en 2022 et un prix Impact lors du dernier BS Lyon, Biowels veut aujourd’hui inciter les coiffeurs à adhérer à sa démarche grâce à un système d’abonnement. Explications.

Biowels est une émanation de la crise de la Covid-19 qui a contraint les coiffeurs à travailler avec des serviettes à usage unique de piètre qualité. « C’est Guillaume Chappard, fondateur des salons Moon Paris, qui nous a alertés sur la nécessité de créer des produits biodégradables de qualité supérieure, car les serviettes jetables qu’utilisaient les coiffeurs se déchiraient et n’absorbaient rien », confie Antonin Delas, directeur marketing et cofondateur de Biowels. À l’été 2020, Jean-Marie Demontaix, dirigeant de FoodStretch qui commercialise le premier film étirable alimentaire 100 % compostable, s’associe à Biowels dont il devient le directeur général.
Mais le pari est loin d’être gagné. Il s’agit en effet de créer des serviettes à usage unique qui ne se déchirent pas, affichent de véritables propriétés en matière d’hygiène, soient très absorbantes et de surcroît esthétiques. Après dix-huit mois de recherche et développement et une foultitude de tests et prototypes, les premières commandes sont passées en 2022 auprès des dix salons implantés dans la région lyonnaise qui avaient servis de panel à Biowels. Guillaume Chappard propose aujourd’hui aux clientes une éco-participation d’un euro pour l’utilisation des serviettes jetables.
Résultat : elles adhèrent à la démarche et les serviettes ne lui coûtent plus rien.

PRODUITS EN FIBRE DE BOIS
Réalisées en fibre de bois (cellulose), biodégradables et compostables, les serviettes de coiffure mais aussi des draps de massage destinés au SPA sont ainsi commercialisés. « La conception est française, les fibres de bois sont sourcées en Europe et nous disposons désormais d’un site de production en soustraitance en Normandie », se félicite Antonin Delas. Une levée de fonds dite « d’amorçage » de 550 000 euros a été réalisée en juin dernier. « Cette levée de fonds nous permet de structurer la société », détaille Antonin Delas.

Deux commerciaux ont ainsi été recrutés et un directeur général adjoint devrait prochainement grossir les rangs, tandis que David Aurousset devient directeur commerciale et Angélique Tricaud responsable de l’administration des ventes et du service client. Les prix récoltés par Biowels lors de salons – prix de l’Innovation au MCB 2022 pour les serviettes et prix Impact l’an dernier au BS Lyon pour les capes de coiffure, hydrophobes et réalisées en fécule végétale – contribuent également à booster la notoriété de la marque. Un film biomèches vient également d’être repensé. Il est désormais produit en PEBD, soit une base minérale du plastique recyclé. Sans additif, ce film prédécoupé pour en faciliter l’usage est recyclable.
SÉDUIRE DE NOUVEAUX CLIENTS
Pour assurer la commercialisation de ses produits, Biowels a d’emblée identifié 500 distributeurs en France. Un site marchand a également été créé à la fin de 2022 pour traiter les commandes des indépendants. « Aujourd’hui, notre stratégie vise clairement les réseaux de franchise de salons de coiffure », révèle Antonin Delas. Et certains réseaux comme David & Son, Biocoiff, Hairlook ou encore le groupe Kraemer ont déjà adhéré aux produits.
Pour recruter de nouveaux clients, Biowels fait preuve d’agilité. « Nous avons mis en place un système d’abonnement. Les coiffeurs s’engagent sur l’année et, à partir du deuxième mois, plus ils achètent et moins ils paient. Ils arrivent ainsi à obtenir des prix équivalant à ceux d’un distributeur qui achète une palette complète », affirme Antonin Delas.
QUID DU RECYCLAGE ?
« Contrairement à la Suisse, la France n’autorise pas nos produits à être compostés avec les déchets verts », regrette Antonin Delas. Un pavé dans le jardin de Biowels qui cherche aujourd’hui des moyens d’assurer la récolte et le recyclage de ses produits. Un partenariat devrait être prochainement conclu avec Paprec, société spécialisée dans le recyclage des déchets de bureau. Les produits Biowels serviraient ainsi dans un proche avenir à réaliser de la laine d’isolation. « La boucle serait complète pour ces produits à utilisation unique, pour des clients uniques mais dont les usages deviendraient multiples », espère Antonin Delas.
Biblond, pour les coiffeurs !








