Entretiens de dirigeant(e)s

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SYLVIE GRAMMATICO veut dépoussiérer Intercoiffure France

Sylvie Grammatico est habituée aux défis. À commencer par son métier. Avec un grand-père barbier, une grand-mère et une mère coiffeuses, elle a choisi de devenir… esthéticienne-maquilleuse ! Ce n’est donc qu’à 33 ans qu’elle ajoute la coiffure à son CV. En 2013, elle intègre Intercoiffure France et crée très rapidement la section Paca-Corse de l’association. En 2017, elle innove avec l’organisation de sa première Soirée Blanche à Saint-Tropez, dont le succès surprend la direction nationale d’Intercoiffure. En septembre 2022, Sylvie Grammatico est élue à l’unanimité présidente d’Intercoiffure France. C’est la première femme à diriger cette association bientôt centenaire, et elle entend bien la dépoussiérer en s’appuyant sur les jeunes coiffeurs.



Quelle a été votre réaction en apprenant votre nomination à la tête d’Intercoiffure France ?

En premier lieu, j’ai éprouvé une grande fierté. Une femme venant de la province élue à l’unanimité à la tête d’Intercoiffure France, c’est la première fois que cela se produit. La féminisation des instances dirigeantes d’Intercoiffure est un mouvement international puisqu’une femme a été élue à la tête de la section italienne en 2020 et une autre aux États-Unis. Les choses évoluent donc un peu. Rapidement, je me suis également dit que j’étais confrontée à un grand défi car il s’agit de redonner de la visibilité à Intercoiffure et de fédérer les coiffeurs.

Quelles ont été vos premières actions ?

La création de nouvelles sections artistiques : Coiffeur studio, qui ouvre cette année, et Studio beauty qui réunit esthétique, bienêtre et make-up. J’ai également mis en place un séminaire pour les membres de l’association sous forme de masterclass. Cette année, il se déroulera à Barcelone après le MCB. Enfin, la Fondation Guillaume redevient un centre de détection de jeunes talents qui bénéficieront de formations à l’international. Actuellement, deux jeunes ont été repérés et font désormais partie de la Fondation Guillaume. En septembre prochain, nous organisons une journée de détection sous forme d’un concours ouvert à tous les jeunes coiffeurs de France. Nous allons largement communiquer pour faire connaître ce concours dans la presse quotidienne régionale, sur les réseaux sociaux, via notre site Internet et également auprès des chambres des métiers.

Cette année, avez-vous prévu une Soirée Blanche ?

Bien sûr. Elle se déroulera le 7 juillet prochain au Domaine Bertaud Belieu. Trois cents personnes seront présentes ainsi que nos sponsors, et l’équipe artistique France présentera un show. Ce sera comme toujours un grand moment de convivialité, très inspirationnel, entre coiffeurs.

Quelles sont vos ambitions avec Intercoiffure France ?

Je veux dépoussiérer et moderniser l’image d’Intercoiffure et l’ouvrir sur l’esthétique, la beauté et le bien-être. Ma mission est de transmettre, partager et évoluer. Je mise beaucoup sur la jeunesse même si ce n’est pas toujours simple. Les jeunes nous poussent pour concevoir le futur.

JEAN-DANIEL MONDIN bouscule le marché de la coiffure avec Hair Summum

Fils d’un pionnier de la chirurgie esthétique qui rêvait de lui transmettre sa patientèle, Jean-Daniel Mondin a préféré devenir docteur en pharmacie avant de racheter en 1972 l’institut Guinot de la rue Saint-Georges à Paris. Son approche totalement innovante pour le secteur de l’esthétique, basée sur la science, la technique et des résultats visibles pour les consommatrices, lui a permis de bâtir un groupe qui compte aujourd’hui 17 000 instituts de beauté dans le monde dont 450 en France en affiliation. Son nouvel objectif est désormais le marché de la coiffure avec Hair Summum : une révolution technologique pour traiter l’alopécie et les pellicules.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste l’innovation proposée par Hair Summum ?

L’an dernier, nous avons créé un soin du visage qui, par activation des kératinocytes, assure un rajeunissement de la peau visible en une demi-heure. En un an, plus de 750 instituts de beauté se sont équipés de notre machine qui permet de réaliser ce soin. Or, les kératinocytes composent les follicules pileux. Ils produisent une nouvelle couche de kératine qui fortifie les cheveux. Nous avons donc orienté nos recherches afin de créer une machine dédiée aux cheveux, qui stimule la microcirculation sanguine dans les follicules pileux pour booster les kératinocytes et stimuler la pousse de nouveaux cheveux. Ce soin, destiné au traitement de l’alopécie, répare le cuir chevelu et lutte donc efficacement contre les pellicules. Comme toujours chez Guinot Mary Cohr, notre méthode est brevetée et validée par des laboratoires indépendants contrôlés par l’État.

Quelles sont vos ambitions sur le marché de la coiffure ?

On dénombre 10 millions de recherches par an sur l’alopécie sur Google et 6,5 millions pour les problèmes de pellicules. Ces deux problématiques sont adressées aujourd’hui par les pharmaciens et non les coiffeurs. Avec Hair Summum, nous proposons aux coiffeurs un service additionnel avec des résultats efficaces et prouvés. D’une durée de 20 à 30 minutes, le soin est facturé 80 €. Il est nécessaire de réaliser trois ou quatre soins avant de voir de nouveaux cheveux sortir de leur follicule pileux. Les coiffeurs désireux de s’équiper de notre machine doivent s’acquitter d’un droit d’entrée pour louer notre matériel. Ils bénéficient également d’une formation délivrée par Bénédicte Contreras, l’épouse de Jean-Marie Contreras. Enfin, ils peuvent commercialiser les produits qui accompagnent ces soins et qui ne sont disponibles que via Eleven Australia avec lequel nous avons noué un partenariat. Comme tous les produits de Guinot Mary Cohr, notre gamme capillaire bénéficie d’une distribution exclusive et n’est donc pas disponible sur Internet. La ligne comprend un sérum à appliquer tous les jours à domicile (82 € le flacon), un shampooing (28 €) et un après-shampooing (45 €).

Quels sont vos objectifs sur ce marché ?

Nous avons lancé Hair Summum en début d’année et nous sommes déjà présents dans une cinquantaine de salons, ceux de Jean-Christophe Robelot, et ceux du groupe Valessio. Je ne me suis pas fixé d’objectif chiffré car je préfère bien faire les choses. Les femmes et les hommes qui vont bénéficier de Hair Summum vont en parler autour d’eux, j’en suis certain, car personne jusqu’alors n’a proposé de service efficace contre l’alopécie. Le développement sera donc naturel via le bouche-à-oreille pour cette technologie avec une machine exclusivement réservée aux coiffeurs.

Vous arrivez sur un marché dominé par des groupes puissants comme L’Oréal Professionnel, Wella Professionals ou encore Henkel. Pourquoi, selon vous, ces géants n’ont-ils pas trouvé de solution à l’alopécie ?

Souvent les découvertes réellement innovantes sont fortuites. Or, c’est en travaillant sur la peau que nous avons ensuite axé nos recherches sur le follicule pileux. Ces grands groupes n’ont peut-être pas pris la bonne direction… Ils ont lié l’alopécie à des dérégulations hormonales alors qu’il s’agit d’une problématique de flux sanguin.

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