Entretiens de dirigeante : Morgane Brisson des salons baraboucle talent haut

Taille du texte: A A A

Rien ne prédestinait Morgane Brisson à ouvrir des salons de coiffure. Après des études de commerce et deux ans dans une agence de conseils, elle prend conscience que le marché des salons de coiffure dédiés aux boucles ne correspond pas aux attentes des femmes. En 2017, elle quitte son emploi et lance grâce à une campagne participative, Baraboucle, un concept inédit destiné aux cheveux bouclés, frisés et
crépus. Un parcours atypique pour cette battante au grand coeur, non coiffeuse, et qui s’ouvre à la franchise d’ici à quelques mois.

Est-il vrai que le concept Baraboucle est né en écoutant vos amies ?

Oui, en effet. Mes amies me parlaient beaucoup de leurs cheveux et de leur frustration de ne jamais aller dans les salons de coiffure. Aucun beau salon ciblé sur la frisure, aucune attention particulière pour embellir leurs boucles et les soigner. Elles achetaient des produits sur des sites américains, sur Amazon… Après une étude de marché d’un an, je me suis rendu compte que les quelques concepts de coiffure existants communiquaient davantage sur la couleur de peau que sur les cheveux bouclés. Je suis donc allée voir les banques pour exposer mon projet. Ça a été la douche froide ! Mon idée tombait à l’eau car je n’étais « pas coiffeuse, ni expérimentée dans le domaine ».



Qu’à cela ne tienne, vous décidez de lancer une campagne participative sur Ulule et vous récoltez 5 000 € ?

Oui, j’ai été assez vexée que la banque me refuse mon prêt. J’ai donc proposé mon idée sur Ulule : « Achetez votre place pour ce futur salon ! » J’ai récolté 5 000 €. Ce n’était pas assez pour ouvrir un
salon mais suffisant pour lancer un pop-up store pendant quinze jours à Saint-Germain-des-Prés : un joli salon de coiffure éphémère avec prestations et vente de produits. C’était en juin 2018. Avant cela, j’avais créé le site internet de Baraboucle avec de la vente en ligne de produits professionnels comme Kalia Nature. J’ai réitéré le pop-up store, en septembre puis en janvier 2019, toujours à Saint-Germain-des-Prés. Après, j’ai testé mon concept à Marseille et à Lyon et à chaque fois, c’était full dans le salon !

Finalement, la banque vous suit et vous ouvrez votre premier salon Baraboucle en janvier 2020, rue des Gravilliers dans le Marais à Paris.

J’avais acquis plusieurs expériences donc mon dossier était plus solide : la gestion d’un site commercial qui cartonnait et l’animation d’une belle communauté fidèle et investie. Assez vite, il a fallu trois mois d’attente pour un rendez-vous. Cela a créé beaucoup de frustration donc j’ai ouvert une deuxième adresse dans le 11e, rue de Charonne à Paris, un espace de 90 m2. Puis en 2023, rue Saint-Georges, un Baraboucle, en fond de cour, un cocon de 130 m2 avec 9 collaborateurs.

Et puis l’an dernier, Lille se dote d’un Baraboucle, un joli espace poudré de 110 m2. Aujourd’hui, avec une équipe de 25 collaborateurs au total, vous avez pour projet d’ouvrir votre concept à la franchise d’ici à la fin de l’année ?

Oui, cela fait partie de notre nouvel axe pour 2026, mais ce n’est pas tout ! Nous allons aussi peaufiner notre formation en interne, continuer à développer nos propres techniques de balayages, développer la vente – actuellement, elle représente 20 % de notre chiffre d’affaires – et asseoir notre position sur les réseaux sociaux. La force de notre groupe, c’est que je ne suis pas coiffeuse, alors je fais en sorte que mes collaborateurs soient bons pour développer leurs talents et être dans un esprit de curiosité permanent.

Catégories: Actualités