Un salon de coiffure vient d’ouvrir juste en face du vôtre ? Dans un contexte très concurrentiel, cela devait arriver un jour ou l’autre… mais pas de panique, ce n’est pas si grave. Trois experts nous expliquent pourquoi !
COMMENT ÉVALUER LA CONCURRENCE ?
De quel type de concurrence s’agit-il ? Voici la première question à se poser. Vous coiffez les cinquantenaires bon chic bon genre, tandis que votre nouveau voisin préfère les jeunes adeptes des dégradés américains ?
Ouf, bonne nouvelle ! Il ne s’agit que d’un concurrent passif qui ne vise pas du tout les mêmes clientes. Mais s’il s’agit d’un concurrent direct, la donne est différente. Et le nouveau salon risque bien de vous voler les clients ! Sauf si son shampooing-coupe-brushing est à 65 euros, alors que le vôtre est à 35 euros : en effet, rares sont celles prêtes à payer le double. Et Patrice Martin, à la tête de la société de coaching E-Plus, se veut rassurant : « Seule 10 % de la clientèle part pour un prix inférieur. Les autres préfèrent l’assurance d’être bien coiffées et d’être accueillies par des collaborateurs attentionnés. » À vous d’être à la hauteur. Le meilleur moyen de lutter contre la concurrence est de ne pas paniquer. Ensuite, agir vite et bien.
LAURENT MATHÉO DIRIGEANT DE QUATRE SALONS À LA ROCHELLE
« Aujourd’hui, et encore plus avec la pandémie, les salons de coiffure ont bien intégré la notion de flexibilité : des nouveaux horaires, le click and collect, des formations sous forme de webinar… La concurrence ne doit donc pas être un obstacle pour le dirigeant. Si l’on a une identité propre, des projets forts et que l’on continue à booster ses collaborateurs, à s’occuper de leur bien-être et à les intéresser financièrement, alors le développement de l’entreprise est assuré. D’autant que des salariés motivés et soudés sont un atout, les clientes y sont sensibles. Il faut aussi les surprendre, les chouchouter en essayant d’être toujours différent. Chez moi, il n’a jamais été question de se battre sur les tarifs. J’ai préféré miser à fond sur l’artistique, les collections de coiffure ou encore la formation. Soyons clairs et positifs, si le nouveau salon qui vient d’ouvrir vous fait peur ou si vous ne vous sentez pas de taille à résister seul, n’hésitez pas à faire appel à un coach ou à un spécialiste du marketing direct. Et votre angoisse disparaîtra. »

PATRICE MARTIN À LA TÊTE DE E-PLUS, SOCIÉTÉ DE COACHING ET DE CONSEIL EN ENTREPRISE
« Ne baissez pas les bras ou, pire, ne faites pas la politique de l’autruche parce qu’un salon vient d’ouvrir juste à côté de vous. Pour autant, n’attaquez pas en critiquant sans savoir ! Ne traitez pas votre futur voisin de nul et d’incompétent avant même de l’avoir rencontré. Mieux vaut réagir intelligemment en identifiant d’abord précisément son créneau. Essayez de savoir à quelle date il va ouvrir, sondez si vous le pouvez (les ouvriers par exemple) quels services vont être mis en place. L’objectif est d’anticiper l’attaque et de marquer clairement votre territoire mais avec intelligence.
Opérations promotionnelles, nouvelles prestations… Peu importe ! Ayez du recul, prenez le temps d’évaluer vos actions qui devront être adaptées à votre stratégie. Posez-vous la question : “Pourquoi je fais cela ?” La concurrence aide finalement à se renouveler. Sans se regarder le nombril. »

MIKAEL GALATEAU DIRIGEANT DE TROIS SALONS GALATEAU COIFFURE À LIMOGES
« Les réseaux sociaux sont un bon moyen de vérifier le positionnement du nouveau venu. Ils permettent de savoir aussi s’il développe de nouveaux services qui pourraient séduire quelques clients de nos salons. Autre possibilité pour mieux connaître son concurrent ? La cliente mystère, même si je n’ai jamais pratiqué cette méthode. Mais il est certain que dès qu’il y a concurrence ou qu’un épisode soudain comme la Covid-19 déséquilibre le quotidien, il faut investir pour faire bouger les lignes.
J’ai par exemple lancé à la rentrée dernière, une grande campagne de SMS pour réactiver le lien avec les clientes qui avaient déserté le salon ces derniers temps. Cette année, je suis en train de cogiter sur un outil “digital” et qui n’existe pas encore dans les salons de Limoges. Être le premier dans l’innovation, avoir une longueur d’avance, voilà le leitmotiv que je me fixe pour mes salons. »

Biblond, pour les coiffeurs !








