Devez-vous adopter un langage particulier pour régler un conflit dans votre salon avec votre plus jeune employé ? Comment lui parler sans le braquer ? Et surtout, comment être efficace ? Biblond vous livre les clés d’un management réussi avec les millennials.
Ah ces « djeunes » ! Ils traînent derrière eux la mauvaise réputation d’être particulièrement difficiles à manager. La première fracture vient sans doute de la différence d’éducation entre les générations. Et oui, biberonnés à l’informatique, les jeunes ont une façon différente de travailler, fondée sur l’autonomie, le partage de l’information et de la communication informelle. Résultat : ils ont du mal à recevoir des ordres ! La deuxième fracture est, elle, d’ordre culturel. Nos jeunes sont habitués au tutoiement et aux tenues décontractées. Pas toujours simple donc de leur faire adopter des codes différents des leurs. Enfin, la troisième fracture serait plutôt d’ordre moral. Bernard Monthel a ainsi interrogé des patrons et des jeunes (âgés de 20 à 30 ans) sur les meilleurs modes d’organisation dans le monde du travail. Et les résultats divergent. Ainsi, 63 % des jeunes pensent qu’il faut fixer des objectifs en les laissant s’organiser comme ils veulent, contre 32 % des patrons. À l’inverse, alors que 39 % des patrons pensent qu’il est primordial de dire précisément comment le jeune doit faire son travail, ils ne sont que 13 % à le penser chez les 20-30 ans. Dans ces conditions, le dialogue entre patron et jeune s’avère souvent compliqué !
#01 – Faire appel à un médiateur
Sauf si l’employeur fait appel à un médiateur, un coach ou un conseiller d’entreprise. Bref, « quelqu’un qui cherchera à comprendre le fonctionnement de l’entreprise, qui observera son organisation, les comportements des salariés et les paroles qui fusent dans le salon », explique Patrice Martin, fondateur de la société EPlus, spécialisée en stratégie marketing, formation et conseils pour les entreprises. Selon lui, la première action du médiateur sera de tenter de comprendre pourquoi le conflit existe. « Il est impératif de parler avec toutes les personnes présentes au salon, y compris le chef d’entreprise », précise-t-il. Des discussions qui, selon lui, entraînent souvent le chef d’entreprise à repenser sa façon de fonctionner avec le jeune qui pose problème. « Cela permet aussi au patron de se rappeler pourquoi il est devenu chef d’entreprise et de comprendre que les motivations de ses salariés sont différentes des siennes ! », explique Patrice Martin.
#02 – Analyser et écouter le jeune
Avant de tenter quoi que ce soit, il est impératif de prendre le temps d’analyser et d’écouter le jeune. « Il faut comprendre quelles sont ses motivations pour venir travailler », détaille Patrice Martin. Pour y parvenir, il utilise la pyramide de Maslow qui permet de classer les besoins humains par ordre d’importance en 5 niveaux. « Dans le bas de la pyramide, le jeune vient travailler uniquement pour l’argent. Ce n’est pas terrible, mais il peut tout de même être un bon salarié. La motivation supérieure qui correspond au besoin d’accomplissement concerne plus le chef d’entreprise. Il arrive parfois, au terme de cette analyse, que je conseille au chef d’entreprise de se séparer du jeune. Mais c’est assez rare », révèle Patrice Martin.
#03 – Reconstruire un processus de travail
Souvent, le conflit en salon provient d’un manque d’écoute et de dialogue. « Il est nécessaire d’organiser des réunions où l’on se dit ce qui ne va pas, mais aussi ce qui va bien avec des commentaires heureux pour une entreprise bienveillante », rappelle Patrice Martin. Des réunions où l’on pratique l’écoute positive et durant lesquelles l’équipe met en place ses modalités de fonctionnement. Pour le coach, le chef d’entreprise doit en permanence se demander comment il peut exploiter l’humain dans sa société et aussi comment mettre en place les conditions d’une bonne ambiance en proposant des activités à ses salariés. « Je suis régulièrement amené à expliquer à des patrons qu’il est vital pour leurs employés d’avoir une vraie pause pour le déjeuner. La journée paraît ainsi moins longue. »
#04 – Nécessaire synchronisation
Avant tout arbitrage dans un conflit avec un jeune, prenez le temps d’analyser la personne que vous avez en face de vous, de comprendre sa culture. « Le chef d’entreprise doit faire preuve d’une adaptation totale à la manière de fonctionner du jeune s’il veut résoudre le conflit », assure Patrice Martin. Avant d’ajouter : « Écoutez-le en cherchant à comprendre qui est la personne en face de vous, comment se faire aimer d’elle en tant que leader. Il s’agit en fait de se synchroniser avec soi-même et avec les autres. » Patrice Martin propose d’ailleurs un stage de deux jours en management pour améliorer sa synchronisation et parfaire sa communication (prix : 420 € HT).
#05 – Établir une charte interne
Après l’écoute vient le temps de l’action. Pour éviter les malentendus et les départs précipités qui risquent de pénaliser l’activité de votre salon, on vous recommande d’établir une charte interne qui fixe les obligations de tous au sein du salon. Des règles établies qu’il vous faudra remettre en cause régulièrement afin de faire évoluer les relations au sein de l’entreprise, de limiter les frustrations et d’évoluer vers des dialogues respectueux…
Biblond, pour les coiffeurs !









