Coiffeurs: préservez votre santé du burn out

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C’est un vrai problème de société : le burn-out. Accumulation de stress, surcharge de travail, attention à ne pas exploser.

 Le burn-out, c’est quoi ?

C’est le « déséquilibre entre ce que je donne au travail/ce que j’en retire », explique le docteur Jean-Marie Lançon, consultant en risques psychosociaux. Et ce n’est pas un phénomène à la marge. Plus de 3 millions de Français seraient « en risque élevé de burn out » d’après une étude récente réalisée par le cabinet Technologia.

Les coiffeurs ne sont pas à l’abri. Une enquête de l’assurance maladie révèle que 16% des patrons de salons et 23,5% des salariés souffrent de stress ou d’insomnie. D’autant que coiffeur est un métier très social. « Le contact avec le public est un facteur aggravant parce qu’il faut s’adapter à l’humeur des clients », précise le docteur Caroline Tiliette, médecin du travail.

Comment le repérer burn-out ?

Le burn-out n’est « pas un simple coup de fatigue », note le docteur Jean-Marie Lançon. Plusieurs signes peuvent vous alerter :

Il y a la démotivation. « Quand l’entrain disparaît, que tout devient pénible, qu’on a du mal à se concentrer, le regard qui se perd dans le vague… », liste le consultant. Le burn-out se traduit aussi par un détachement émotionnel, un désintérêt marqué. Exemple, si au « bonjour ça va ? », un collaborateur répond juste « ouais ». Ou alors s’il oublie la couleur habituelle d’une cliente, si quand elle demande conseil il s’en fiche. Troisièmement, le sentiment d’échec dans l’accomplissement personnel, « de toute façon je suis nul, qu’est-ce que je fais là-dedans ».

Et puis il y a les signes physiques que l’on peut retrouver dans le stress chronique : problèmes de peau (eczéma, rougeurs), troubles digestifs, de l’alimentation, baisse système immunitaire cardio-vasculaires…

Conséquence : l’arrêt de travail.

Des astuces pour éviter le burn out

Très important, le respect des pauses, même si c’est parfois compliqué en période de rush. Le manager doit « bien définir les horaires, anticiper et par exemple mettre une personne supplémentaire certains jours de la semaine », conseille le Dr Caroline Tiliette même si c’est difficile compte tenu du contexte économique morose.

Avoir du bon matériel. Il faut aussi assurer l’équité. « Que ce ne soit pas toujours les mêmes qui ouvrent et qui ferment », poursuit le médecin du travail. « Faire attention à l’ambiance sociale, à la gratification », fait remarquer de son côté Jean-Marie Lançon. « Ne pas aller bien est encore vécu comme un signe de faiblesse », poursuit le docteur en médecine. « J’ai peur de perdre mon emploi »,  » les vacances on verra dans 3 semaines »… Des phrases à bannir de votre esprit ! Quand ça ne va pas, il faut en parler tout de suite et prendre rendez-vous avec le médecin du travail, « c’est peut-être une ½ journée de travail perdue mais combien de gagnées », souligne le consultant.

L’avis du coiffeur Christophe Gaillet

Le burn out est fréquent aujourd’hui. Car un salon est une très lourde responsabilité. Je pense que pour éviter d’en arriver là, il faudrait s’octroyer quelques heures de disponibilité dans la journée, faire du sport, du yoga…
Se permettre de se « regonfler » et positiver, la vie aujourd’hui va très vite, et elle nous demande beaucoup ! Obligeons-nous à faire des breaks.