Claude Tarantino, DG d’Ideal Coiffure + et de By Claude Tarantino

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Grande figure de la coiffure, ce créateur d’avant-garde, passé par Dessange ou L’Oréal Professionnel, est resté fidèle à la ville qui l’a vu grandir, dans l’est de la France, où il officie depuis plus de trente ans.

Né de parents italiens, Claude Tarantino, plus de quarante ans de carrière, officie toujours à Rombas, la ville même où son père est arrivé après avoir traversé les Alpes à pied pour trouver du travail. Et il peut s’enorgueillir d’une belle réussite. Non content d’avoir su transmettre la passion de la coiffure à ses deux filles, son adresse fondée en 1989 s’est agrandie au fil du temps pour atteindre 200 m2 et allier aujourd’hui coiffure et esthétique… Dans une ville de 9 000 habitants, c’est un exploit ! « Nous avons une fiche moyenne élevée de 100 à 140 euros pour les dames. C’est assez remarquable et c’est pour cela que j’anime des séminaires pour aider les autres à développer leur chiffre d’affaires grâce à ma méthode, en présentiel ou en visio », souligne celui qui a décroché la première place pour son brevet compagnon lors de son apprentissage auprès du maître-coiffeur Alain Henrion. Recruté par la maison Jacques Dessange en 1980 où il obtient son Brevet professionnel, il parcourt le monde et développe son savoir-faire et surtout sa fibre artistique, en suivant des formations chez Llongueras et Toni & Guy ou en tant qu’ambassadeur de L’Oréal Professionnel (1995 à 2017). En 1989, il décide de voler de ses propres ailes, seul à bord d’un premier salon, puis de deux, avant d’en ouvrir une douzaine avec ses plus fidèles collaborateurs !




Aujourd’hui à la tête de six établissements dans l’Est (Idéal Coiffure +, By Claude Tarantino) et d’une trentaine en affiliation (adhérents au label l’Esprit Claude Tarantino), il a gardé intact son esprit avant-gardiste, qui s’exprime deux fois par an, au gré de ses collections, avec le photographe Jules Egger. Il apporte également son expertise à de grands groupes. « Je reste dans l’ombre et je dirige leur image. Je coache aussi des salons privés ou en réseaux. » Finalement, comment résumer sa ligne de conduite ? « Audace, provoc, respect, humilité et écoute… C’est ma signature. Selon moi, c’est le gage de la réussite. »

Sa vision du métier

« Nous ne pouvons plus nous contenter d’être de simples exécutants. Pour fidéliser, la clientèle comme le personnel, il faut un réel engagement de la part du coiffeur. Le client n’attend pas qu’on lui livre de simples conseils (il peut les trouver sur Internet), il vient voir un professionnel. Et cela a un coût ! Aujourd’hui, on consomme à bon escient. Une cliente est prête à mettre le prix pour un service bien exécuté. Nous nous occupons de leurs cheveux, ce n’est pas rien ! C’est un élément qui souligne un style et une personnalité. Les femmes ne veulent plus une coupe tendance mais exprimer une singularité. Pour connaître les envies, il faut savoir écouter et poser les bonnes questions. Ce n’est pas un travail de diagnosticien, comme on l’entend partout, mais d’accompagnant de beauté. Il faut respecter les habitudes du client tout en sachant provoquer ou chercher la partie cachée. Nous sommes là pour aider les gens à bien grandir ou bien vieillir. »

Ses conseils aux jeunes

« Formez-vous sans cesse. Pour maîtriser le métier, il faut en connaître le solfège, être curieux de tout et surtout aimer l’autre ! Écouter, s’enrichir des autres, comprendre les différentes personnalités… Certes, le savoir-faire est la base. Mais il est aussi primordial de comprendre à qui l’on s’adresse pour savoir mettre la bonne dose d’audace, de provoc, d’écoute, de respect et d’humilité selon chaque client. C’est une relation de confiance. Il faut savoir faire preuve de sensibilité et de délicatesse. »