Les chefs d’entreprise peinent à recruter de nouveaux collaborateurs. Comment expliquer ce phénomène ?
Une étape laborieuse
« Je ne cherche même plus à embaucher, je suis découragé, dégoûté, témoigne le responsable d’un petit salon de l’ouest parisien. Tant pis, je préfère prendre moins de clients plutôt que de continuer à chercher. » Las de ne pas réussir à recruter, ce chef d’entreprise a jeté l’éponge.
Un témoignage radical qui en dit long sur les difficultés des coiffeurs. Une situation que révèle l’enquête annuelle Besoin de main d’oeuvre, réalisée
par Pôle Emploi : plus de 50 % des chefs d’entreprise interrogés déclarent éprouver des difficultés de recrutement.
Et pourtant, toujours d’après Pôle Emploi, 35 000 coiffeurs seraient demandeurs d’emploi en 2011. Où est le couac ?
Des candidats non qualifiés
Première explication, le manque de compétences. « Chez ces demandeurs d’emploi, 6 000 seulement sont titulaires d’un diplôme ou justifi ent d’une expérience significative, explique Isabelle Roy, directrice du développement économique de la Fédération nationale de la coiffure (FNC). Tous les autres ne sont tout simplement pas employables ! »
Résultat, les chefs d’entreprise qui cherchent des candidats immédiatement opérationnels peinent à les dénicher. « D’autant que, quand un salon cherche un nouveau collaborateur, c’est souvent dans l’urgence, il n’y a pas toujours le temps nécessaire pour former une personne », constate Isabelle Roy.
Gérante de onze salons Tchip dans la région parisienne, Marlène Guerrin dresse le même tableau : « C’est de plus en plus diffi cile de trouver des candidats qualifiés, explique-t-elle. Les jeunes qui sortent d’école sont moins bien formés qu’avant. Faute de trouver des titulaires du BP, je suis prête à embaucher des CAP et à les former. Mais aujourd’hui, leur niveau est trop juste, certains n’ont même pas les bases techniques. Quand les lacunes sont trop importantes, c’est vraiment délicat pour nous. »
Former les plus motivés
Marlène Guerrin déplore également le manque de sérieux des candidats qu’elle reçoit. « Quatre candidats sur cinq ne viennent même pas en entretien, sans prévenir. Honnêtement, c’est fatigant. » Pour Isabelle Roy, de la FNC, il est urgent de mettre en place des dispositifs de formation pour les demandeurs d’emploi motivés mais pas assez qualifiés.
« Il faut trouver des solutions pour former les plus de 25 ans en recherche d’emploi. On ne peut pas les renvoyer sur les bancs de l’école, il faut trouver une alternative. »
Trois conseils pour recruter :
- S’y prendre à l’avance
- Diffuser votre annonce le plus largement possible
- Tester les bases techniques des candidats
Virginie de Rocquigny
Anthony Galifot / L’invité de la rédac’
« Il ne faut pas oublier qu’il y a des personnes qualifi ées sur le marché, mais soit elles sont trop
« chères », soit elles ont « trop d’expérience ». Elles possèdent donc un plus gros coeff, qui peut paraître lourd pour certaines structures, mais elles sont aussi productives et compétentes immédiatement. Seulement, elles se font refouler sur ces critères. »
Biblond, pour les coiffeurs !







