Boucles, retour au naturel – Partie 1

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Les nostalgiques de Julia Roberts dans Pretty Woman et de Sarah Jessica Parker dans Sex and the City peuvent se réjouir et laisser vivre leurs boucles naturellement. Les cheveux afros trouvent leur bonheur dans la tendance du nappy hair. Un choix qui booste les coiffeurs à se positionner comme des experts, soigner, révéler, dompter et sublimer ces crinières bouclées dans toutes leurs déclinaisons. Décryptage.

par Alix Hapy

 

Enfin ! Une Miss France arbore des cheveux naturels, c’est Alicia Aylies, visage radieux et elle n’est pas la seule. La preuve ? De plus en plus de femmes et de mannequins choisissent cette option. Elles arborent fièrement leurs boucles naturelles comme un signe distinctif, un atout à part entière. En tête de liste, le top argentin Mica Arganaraz, égérie de Sandro et coqueluche des défilés. La chevelure frisée d’Imaan Hammam a elle aussi enflammé les défilés. Même libération des boucles du côté de top modèles à la peau noire ou de métisses. À l’image de la sublime Aya Jones, que l’on découvre avec les cheveux au naturel dans la publicité de Calvin Klein. On a aussi remarqué la non moins populaire Alanna Arrington avec ses magnifiques cheveux bouclés à la Fashion Week de Londres en février dernier. « Ce n’est pas une tendance, c’est une lame de fond !, relève avec malice Laurent Philippon, coiffeur et directeur artistique monde de la marque Bumble & Bumble. Depuis presque 10 ans, le phénomène prend de l’ampleur aux États-Unis, où le pourcentage de femmes aux cheveux lissés a baissé de 70 % à 50 %. C’est un joli phénomène, reflet de la fierté d’être soi-même. » Pas de doute, cette saison, la boucle prend ses aises dans les coiffures féminines. « Elle s’affiche sans complexe dans les défilés très inspirés par les années 1980. Décennie pour laquelle on peut se demander si quelqu’un avait les cheveux raides », poursuit Laurent Philippon. Mais aussi dans la rue, où l’on voit des femmes qui assument leurs ondulations naturelles, voire les accentuent à coups de produits qui redessinent les boucles. Et, sur un mode plus éphémère, à l’aide d’un styler ou d’un fer à boucler. Un retour en force, auquel on peut donner de multiples explications. À commencer par la plus évidente.

 

 

Le changement, c’est maintenant

Après des années de cheveux raides, lissés, les femmes ont des envies de changement. « C’est une reprise de pouvoir, une affirmation de style, de personnalité et de budget. La boucle, avec toutes ces variations, tranche avec l’uniformité des cheveux raides », observe David Lucas, à la tête d’un salon à Paris et à Arcachon. Et Pascal Wolfert, coiffeur studio, d’ajouter : « Il y a eu trop de cheveux lissés, déconstruits, effilés, que l’on pouvait plus coiffer qu’avec des plaques. Revenir à la matière pleine, c’est lui donner du relief autrement qu’avec de la couleur. » Très intense durant ces dernières années avec les mèches ou les tie and dye, la couleur aurait, en effet, permis de compenser la perte de volume des cheveux lissés. Mais cette lassitude du cheveu raide ne serait pas la seule raison du retour à la boucle. Des envies de féminités et de douceur l’expliqueraient aussi. « La coiffure, c’est aussi un regard social, explique Laurent Philippon. Pendant une bonne partie du XXe siècle, une femme qui avait des cheveux raides était considérée comme pas coiffée. La boucle, c’était la féminité dans des modes qui consistaient à se différencier des garçons. D’ailleurs, si Louise Brooks arbore une coupe garçonne lisse dans le film Loulou, elle tranche avec les autres femmes qui, elles, ont les cheveux bouclés. » Poursuivant l’analogie avec la période des Années folles, Laurent Philippon affirme que, si la boucle revient, c’est aussi et surtout parce que les cheveux raccourcissent. Le carré est à la mode et ce dernier se marie bien avec les boucles. Les femmes assument leurs boucles pleinement. Cela va d’un simple mouvement, un assouplissement à une ondulation. « J’ai décidé sur un coup de tête de changer de style après des années de défrisage, explique Christine, 45 ans. Les réactions ont été très positives. Avant je me fondais dans la masse. Aujourd’hui, on me dit que j’ai du style et que je dégage de la confiance en moi. »

 

 

#01 – SÉDUIRE LES FEMMES AUX CHEVEUX TEXTURÉS

En France, 47 % des femmes ont les cheveux frisés. Un chiffre en hausse et une clientèle avide de conseils et de techniques. Avec une demande importante autour de la texture et de la brillance du cheveu. Pour satisfaire leurs exigences, les femmes sont également prêtes à payer le prix comme en témoigne la facturation des soins aux bacs, beaucoup plus chère que les autres salons (plus de 30 € le forfait shampooing/soin/coiffage chez Mizani contre 20 € le soin au bac chez Kérastase). Pourtant, l’offre n’est pas vraiment au rendez-vous ou, en tout cas, pas à assez grande échelle. Un marché à conquérir donc mais pas en faisant n’importe quoi. Les femmes aux cheveux bouclés et frisés sont à la recherche de soins pointus. Pour en faire de fidèles clientes, il est donc important de se positionner immédiatement comme un expert du soin et de la couleur, « en proposant pourquoi pas des forfaits dédiés aux cheveux bouclés », suggère Pascal Wolfert.

 

  • Connaître les bons gestes

Les cheveux bouclés sont par nature plus secs, plus ternes et plus emmêlés. Pour les faire briller et éliminer les frisottis, outre une routine de soins nourrissants, on adopte les gestes recommandés par les professionnels interrogés. Le b.a.-ba ? Bannir la brosse, tous les avis vont dans ce sens ! Car sinon, on crée une matière mousseuse qui fait rarement l’unanimité. « Le seul moment où l’on peut brosser, c’est pour démêler avant le shampooing, souligne en experte Emilie Dornier, manageur du salon Why Not à Pontarlier. J’ai moi-même les cheveux frisés donc je suis vraiment concernée par le sujet. » Pas de brosse donc, et le peigne ? Uniquement un peigne à grandes dents avec de préférence des dents de hauteurs différentes. L’idéal ? Le coiffage aux doigts. « Au quotidien, il redonne du gonflant à la chevelure », note Audray Lazcoz, coloriste et coiffeuse à L’Atelier Blanc à Paris.

 

  • L’art du séchage

Pour supprimer l’humidité des cheveux volumineux et/ou frisés, il faut commencer par sécher, sans frotter, avec une serviette en microfibres qui absorbe beaucoup plus que les serviettes-éponges classiques. « Car l’utilisation du sèche-cheveux distend les boucles, encourage les frisottis, donne un aspect mousseux et fragilise les longueurs et les pointes », fait remarquer Audray Lazcoz. La solution ?  Recourir au diffuseur pour éviter de casser la boucle. Bien évidemment, on règle la chaleur et la puissance sur un niveau modéré. Et on sèche tête en bas (ou sur le côté) en plaçant le diffuseur en dessous. « Et on ne touche surtout pas la chevelure », insiste Laurent Philippon.

 

 

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