L’esthétique en salon, un marché porteur – Partie 2

© Aveda
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Un pôle esthétique est dit prospère lorsque les prestations en cabine et les ventes sont équilibrées. L’idéal est 50/50, mais si le ratio est de 60/40 dont 40 % pour les produits, le salon peut être satisfait. Encore faut-il mettre en place les actions nécessaires pour atteindre cet objectif !

 

 

#02 – S’APPROPRIER un marché bien-être en plein essor

Le bien-être est clairement le marché du XXIe siècle. Rien qu’en France, on recensait, en 2012, 9 000 instituts et spas, dont 400 intégrés à des hôtels pour un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros par an. Un boom que L’Oréal Professionnel avait déjà anticipé en rachetant, en 2014, Carita et Decléor, deux marques d’« instituts » historiques. Et le groupe ne cache pas son ambition de devenir leader sur ce segment à fort potentiel, alors que les ventes de produits dans les salons de coiffure ont tendance à se tasser. « Actuellement, c’est le marché des spas d’hôtel qui tire la croissance, souligne Christian Mas, président de Sothys, une marque présente dans les instituts de beauté depuis 70 ans. Les indépendants sont de plus en plus nombreux à ouvrir des espaces bien-être pour répondre à une demande grandissante de la clientèle, et les chaînes hôtelières commencent à s’engager dans cette voie, ouvrant de nouvelles perspectives. » Nul donc ne peut ignorer le phénomène, malgré la crise et les budgets serrés. Les femmes et les hommes aussi, bercés par les discours sur la slow life et le better-aging, sont prêts à investir du temps et de l’argent pour se faire du bien au corps et à l’esprit. Dorénavant se faire masser n’est plus signe d’oisiveté mais, au contraire, une démarche hautement valorisée, tout comme soigner son alimentation. S’offrir un rituel en cabine au bénéfice durable est devenu le parfait complément des cosmétiques de consommation courante. Plus de sensation et surtout plus de sens.

 

Le boom de l’ongle

Le vernis à ongles est devenu un incontournable. En France, plus de 7 millions de femmes en portent. Beaucoup de marques de vernis dont Peggy Sage, Essie Pro et OPI se sont positionnées sur le créneau qui explose en ce moment : les vernis permanents et semi-permanents. « La demande des semi-permanents a augmenté de 60 % en 5 ans. Un service rapide et une dépose à faire chez le professionnel. Une prestation facturée 45 euros », souligne Lucas Kaczmarek, directeur commercial de Coty Professional France – Wella/OPI France. Malgré tout persiste une vraie différence de culture. En France, les femmes soignent davantage leurs mains qu’il y a 10 ans, mais elles n’arrivent pas au niveau des Américaines, des Asiatiques ou des Brésiliennes, qui font toujours appel à des professionnels.

Quelques chiffres :

  • 8 000 salons de coiffure proposent un service manucure
  • + de 10 % du chiffre d’affaires de ce type de salons est réalisé grâce au service manucure
  • 42 euros, c’est la fiche moyenne d’une prestation manucure.

 

#03 – FORMER et CHOISIR une équipe soudée

Si le geste professionnel et l’art du modelage constituent un enseignement à part entière dans les écoles d’esthétique, ils ont peut-être, pendant quelque temps, été négligés au profit de protocoles où l’on privilégiait la technicité des produits ainsi que les accessoires high-tech. La formation est la priorité absolue. Selon une étude récente, les métiers de l’esthétique pourraient accueillir 47 000 emplois supplémentaires, soit une progression de 1,9 % par an d’ici à 2022. Mais à quoi reconnaît-on la qualité d’une main experte, justement ? « Comme en coiffure, la personne doit mettre son cœur dans ses mains », lance tout de go Thibaut Martinez, à la tête depuis l’an dernier du salon Le Carmen à Nîmes, doté d’une surface de 210 m2 et 40 m2 consacrés aux soins du corps, mains et visage. « Mon esthéticienne a imaginé des protocoles de soins pour coller au mieux à la demande et au positionnement du salon. » Réunir dans un même lieu, la coiffure et l’esthétique. Une idée que Christine Lazorthes (Lazorthes Coiffure) a appliquée au salon familial de Toulouse dès 1986. Précurseur, le salon (une grosse équipe de seize personnes) est équipé de deux cabines pour une esthéticienne à temps complet et travaille avec les produits Ingrid Millet. « La technique est importante, mais elle doit s’effacer au profit de l’intention, de l’attention à l’autre» Une vision également partagée par Fabien Provost, directeur artistique du groupe Provalliance. « Clairement, on choisit ce métier pour faire du bien aux autres : impossible de fidéliser et d’offrir les bons résultats si l’on n’est pas dans le don de soi, souligne Fabien Provost. Il y a 5 ans, nous avons ouvert un magnifique temple de la beauté globale à deux pas de l’Etoile à Paris, La Suite Bleue. 700 m2 dont 300 m2 pour l’esthétique avec sept cabines. Cinq collaboratrices à temps complet s’affairent pour le bien-être de la clientèle avec des marques de choix : Decléor, Carita, Essie Pro et Colorii. La Suite Bleue a un chiffre d’affaires beauté de l’ordre de 30 % du CA global et une fiche moyenne en esthétique de 150 euros. Des résultats qui reposent sur la persévérance, la sélection des services, la capacité d’interpréter les besoins de la clientèle par une équipe soudée et compétente. »

 

 

Pour découvrir la fin de ce dossier, lisez la partie 3 !