Il y a des croyances qui parfois empêchent de réussir si elles ne sont pas renouvelées. Il existe certaines choses que l’on nous a apprises qui fonctionnaient à une époque, mais mises à mal aujourd’hui. Des milliers de coiffeurs sont dans le rouge car ils n’ont pas changé assez vite et notre métier ne rémunère en moyenne pas plus que celui d’un agent d’entretien. Voici les 8 pires croyances qui nous ruinent !
#01 – Établir son prix en fonction des autres salons du coin
Du coup, 80% des salons sont sur la même part de marché, entre 30 et 40 euros la coupe-shampooing-coiffage, et ils se cannibalisent entre eux. Seuls 5% osent facturer au-dessus de 45 euros et, pour certains, ils ne peuvent plus satisfaire à la demande et il faut des semaines pour réserver… La peur de faire payer plus cher que le voisin en pensant que personne ne viendra ! Or, tout le monde ne cherche pas à payer le même prix. Ce n’est pas uniquement un prix que le client recherche, ce sont justement des différences.
#02 – Se mettre à la place du porte-monnaie du client
C’est une grave erreur de penser que nous fonctionnons tous de la même manière. Certains vont s’habiller chez Décathlon et d’autres vont chez Dior ! Penser que nul ne fera ce qu’on ne ferait pas soi-même est très limitatif. Il y a des clients qui cherchent à payer plus cher car cela les rassure… Dommage de les empêcher de devenir vos clients ! Cette croyance est la conséquence de la première !
#03 – Établir ses tarifs en fonction de la longueur des cheveux
95% des coiffeurs appliquent un tarif différent, toujours pour « shampooing-coupe-coiffage », entre cheveux longs, cheveux courts, coupe transformation Pourtant, pensez-vous être payé au temps ou à la longueur des cheveux ? Ou pensez-vous qu’il faut plus de temps, pour cette prestation, pour travailler sur des cheveux longs ? Les méthodes ont évolué et si le coiffage des cheveux longs prenait en effet plus de temps avant, aujourd’hui avec les nouvelles techniques de séchage, le temps est divisé par deux. Ne pas changer cette croyance, c’est créer un conflit avec le client et c’est aussi s’empêcher de faire un carnet de rendez-vous en ligne, car le client est incapable de déterminer où s’arrêtent les cheveux courts et où commencent les cheveux longs ! Et rendre les choses compliquées ne plaît pas au client !
#04 – Penser qu’une coupe homme vaut la moitié d’une coupe femme
Pensez-vous vraiment qu’une coupe homme prenne moins de temps qu’une coupe femme ? Un procès pour discrimination contre un coiffeur a été gagné par un couple dont la femme avait à la sortie du salon la même longueur de cheveux que son mari et a été étonnée de payer plus cher que lui… La différence de prix date du début du siècle dernier, à l’époque où les hommes se faisaient raser tous les deux jours et coupaient leurs cheveux tous les quinze jours. Cette tradition donne une moyenne nationale à 25 euros pour shampooing-coupe-séchage et il faut 16 clients par jour pour ne pas perdre d’argent sur le Smic horaire
#05 – Continuer de pratiquer des prix à la carte
Les prix à la carte procurent beaucoup de stress aux clients qui refusent toute addition proposée par le coiffeur (soin, produit coiffant…) car il ne sait jamais combien il va payer au final. Vieille croyance qui consistait à faire penser au client que voir le prix de la coupe séparé du reste serait plus attractif et que cela permettrait d’ajouter un agent coiffant ou un soin. La mauvaise surprise était au moment de payer. Du coup, nos ventes ne dépassent pas le seuil des 10% du chiffre. Les prix sous forme de « menu tout compris » permettent au client de ne pas stresser car le coût total est clair et précis. Le client ne doit pas avoir de surprise à la caisse. Pratiquez des forfaits tout compris.
#06 – Penser que vendre un produit est un « extra » service
Sur un chiffre de 100 euros de shampooings-coupes-coiffages, une fois toutes les charges payées, il ne restera que 12 euros. Sur 100 euros de revente produit, il restera 30 euros. Acheter est un plaisir pour le client donc, s’il n’achète rien, ce n’est pas sûr qu’il se soit fait plaisir !
#07 – Augmenter trop peu les prix d’une année sur l’autre
Le coiffeur est en déflation car les augmentations annuelles de ses tarifs ne sont pas à la hauteur de l’inflation. De peur de voir ses vieilles clientes qui ne supportent aucune augmentation aller ailleurs, il n’augmente que trop peu ses tarifs. En tout cas, pas assez par rapport au reste des charges fixes qu’il doit acquitter. Du coup, sa marge se réduit chaque année !
#08 – Se former à ce que l’on rêve de faire plutôt qu’à ce que le client rêverait d’avoir
Il ne suffit pas de se former juste pour dire qu’on se forme ! Et cela ne veut pas dire que l’on se forme bien ! Celui qui vous paie, c’est votre client et votre client n’a pas accès aux magazines pros de coiffure, il ne va pas non plus au MCB… Il s’est créé une déconnection entre ce qui est un changement pour un client et ce que perçoit le coiffeur. Beaucoup veulent se faire plaisir en faisant de l’avant-garde, mais au final, ce que cherchent nos clients, ce sont des choses simples que le coiffeur doit réapprendre à comprendre s’il ne veut pas perdre des clients !
« CERTAINES FOIS, IL FAUT REMETRE EN QUESTION CERTAINES VALEURS DU PASSÉ POUR AVOIR DE MEILLEURS RESULTATS ! »
Biblond, pour les coiffeurs !









merci Stephane Amaru
J’aime en particulier la 8 qui sort du lot … Oui tu as raison de le souligner ?
Merci ,,, j adore , très bon rappel ….
Toujours convainquant Merci Stéphane
Ce que je retiens au delà de la démonstration économique, c’est que c’est d’abord et avant tout plein de bon sens. Merci de cette synthèse efficace !
Je pense que cela depend ou l’on exerce primo ensuite les gens font de plus en plus attention et à mon désespoir beaucoup privilégie le prix a la qualité, j’ai créé un salon en plein centre de cannes et j’ai appliqué des prix au dessus de la moyenne et je rame, je pense que cela va être plus long a ce mettre en place qu’un tchip car un concurrent prix pas cher qui c’est ouvert à peu près en même temps donc je peux voir la différence je veux pas faire ma rabajoie mais nous sommes quand même en crise en ce moment, et même les coiffeurs qui appliquent des prix au dessus de la moyenne n’ont plus le même ÇA qu’avant d’où même dans l’industrie haut de gamme beaucoup de prompte même dans les grands salons !! c’est quand un constat général que la population lambda n’a plus le même pouvoir d’achat
Très juste ! Mais comment fait-il encore le dire pour que les coiffeurs comprennent leur malheur ?
Je serait curieux d’avoir la source du #4.
C’est quoi le #4 ??
Ha j’ai compris lol
Connaitre son métier, être très commerçant avec « les gens » et du bon sens…il n’y a rien d’autre à faire…nous n’avons pas de stocks périssables (donc, pas de perte) et nous réglons nos facture à 30, 60 ou 90 jours suivant conditions commerciales. Nous n’avons pas de clients en compte (pas d’avance de trésorie à faire)…une comptabilité ultra-simple. Pour se planter avec un salon traditionnel, il faut le faire expré 😉
Bravo
Ça c est du rappel… J ai tout faux…
Que le 5 OK… Ben j ai rien à dire… Tout est bon à prendre même si ça fait mal…
Si… Merci…
Top ! Je valide
Je suis désolée mais votre raisonnement, entre dans les choses à ne pas croire…à Cannes en plus, ce n’est jamais le prix, si la qualité du coiffeur (travail, personnalité, etc…) est excellente alors….surtout ne comparez pas avec tchip!
Corine Cappelli pour régler le problème, je ne coupe pas les cheveux des hommes ?
No…il faut être passionne et non homme/femme d’affaires 😉
Ou seulement pas doué du tout!
Je te fais un hugggg de compassion, tu es probablement plus artiste que business 😉
Merci pour cet article plein de bon sens !
Très bon article.
Nous pourrions rajouter beaucoup d’ autres croyances . Je rajouterais celle qui me semble la plus urgente à admettre .
09 – Penser que l’on peut recruter ou garder des collaborateurs en leurs proposant de travailler pour 1300 € net 35 h par semaine dans un salon , alors que ceux -ci pourront en seulement 2 jours de travail hebdomadaire obtenir le même salaire en faisant de la coiffure à domicile, pour peut qu’ils sachent se positionner ( prix , propositions de service , regroupement ,etc.) . Ce métier a besoin d’ être entierrement réformé sous peine de ne plus pouvoir recruter . Ces dernieres années , le marché de la coiffure a bougé en dehors des salons comme beaucoup d’autres secteurs d’activités et nous n’avons pas su nous adapter . Comme l’hotellerie restauration nous sommes très en retard .
Quand j’ai commencé ce Métier , il y a 50 ans il y avait des catégories de tarifs À , B , C . Voilà pourquoi le Coiffeur les a encore dans sa téte aujourd’hui