Boucles, retour au naturel – Partie 2

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Quelle coupe proposer à une cliente aux cheveux frisés ? Comment réussir sa couleur ? Découvrez les astuces du mag prodiguées par des professionnels.

 

#02 – COUPER ET CAPTER LA LUMIERE

Un cheveu pousse ondulé, bouclé ou frisé en fonction de la forme du follicule pileux, qui présente de nombreuses spécificités avec une implantation oblique dans le derme et une courbure au niveau du bulbe. L’organisation interne du follicule est fortement modifiée, ce qui se traduit par la section elliptique du cheveu et l’apparition de la frisure, dès que la tige pilaire émerge à la surface du cuir chevelu. Cet aspect « entortillé » empêche une répartition uniforme du sébum secrété par le cuir chevelu : les longueurs sont mal hydratées et se mettent à frisotter au moindre sursaut d’humidité. Il faut noter aussi que la densité des follicules (161/cm²) et la vitesse de pousse du cheveu (0,85 cm/mois) sont moins importantes chez les populations aux cheveux frisés et crépus, en comparaison des cheveux caucasiens, avec une densité moyenne de 226/cm² et une pousse de 1,12 cm/mois et asiatiques (175/cm²; 1,25 cm/mois). Les coiffeurs ont donc intérêt à revoir leur copie pour proposer des gestes de coupe à la fois intuitifs et efficaces.

 

  • Les coupes

Les coupes courtes ne sont pas les plus adaptées pour les cheveux volumineux. Pour les cheveux afros, c’est plutôt une boule qui risque de se former, tellement ils sont fins et légers. On évite aussi les coupes dégradées qui redonnent du volume aux cheveux raplapla. « Et on n’effile pas une boucle car elle deviendrait “filasse”. Du coup, je réalise toujours une précoupe et je ne taille jamais plus de 10 cm dans la masse. En gros, je divise par deux le nombre de centimètres à couper. Car la boucle remonte vraiment et donc cela donne toujours un résultat plus court », soutient Audray Lazcoz. C’est pourquoi, certains professionnels, comme la coiffeuse Marisol, optent pour la coupe à sec. « En coupant sur cheveux secs, nous savons exactement comment réagit chaque mèche de cheveux et comment la boucle se positionne. On flatte le mouvement naturel des boucles au lieu de le contrarier. Cela évite aussi de couper trop court », précise l’experte, qui a ouvert à l’automne dernier un espace au 1er étage du Bon Marché à Paris. Pascal Wolfert, dans le stage qu’il anime (voir encadré), préconise de jouer avec la longueur des boucles, créer de petits accidents, de hachurer une frange pour plus de modernité.

« Pour ma part, je m’inspire beaucoup des volumes des années 1980. Les franges sont toutes légèrement dégradées pour donner de la profondeur au regard. Enfin, avant de couper en général, je regarde la nervosité de la boucle, surtout dans nuque car la frisure est souvent différente », souligne Emilie Dornier.

 

  • Boucles lumineuses

On a tendance à l’oublier, mais le travail de la couleur sur un cheveu « twisté » est primordial. Car la lumière ne se réfléchit pas aussi bien que sur une surface lisse et, du coup, la brillance est moindre. « Il faut pouvoir créer du relief. La colorimétrie reste la même, mais l’œil de professionnel est différent », explique le coloriste Frédéric Mennetrier. Comment faire ? Observer longuement le volume et le mouvement naturel avant de positionner « plusieurs nuances différentes en fonction de la zone : racines, mi-longueurs ou pointes et en exagérant le trait ». Et de préciser que leur fragilité naturelle les rend encore plus sensibles aux actes chimiques et mécaniques : « Évitez les éclaircissements radicaux et les nuances claires car cela va renforcer l’aspect très sec du cheveu. Pour le temps de pose, le cheveu frisé est un cheveu fin donc on pose et on rince, tout simplement », insiste-t-il.

 

 

Astuces de pros

  • Audray Lazcoz : « Hydrater quotidiennement un cheveu frisé est vraiment nécessaire – surtout après une coloration. Je donne comme astuce à mes clientes de diluer dans un vaporisateur de l’eau et une petite quantité de masque. Ce mélange est à appliquer tous les matins. »
  • David Lucas : « Mieux vaut appliquer les produits de soin à sec, après avoir chauffé la matière dans la paume des mains. »
  • Frédéric Mennetrier : « Travailler sur cheveux mouillés. Un cheveu sensible présente des écailles ouvertes. En les remplissant d’eau, on ne surcharge pas de coloration. »
  • Pascal Wolfert : « J’aime l’effet pointes claires et racines foncées. On apporte beaucoup de lumière autour du visage. On peut aussi proposer un henné, une fois par mois, pour intensifier la couleur, gainer et hydrater le cheveu. »
  • Émilie Dornier : « Un cheveu bouclé est plus terne. Il faut donc des effets colorés dans les mèches. Un mélange de brun chaud et froid travaillé en voiles triangulaires et un montage en quinconce donne un beau résultat. Autre astuce : le séchage à l’air libre des mèches. »

 

 

 

Vers un diplôme ?

Près de 20 % de la population française a des cheveux afro et pourtant les coiffeurs ne savent pas vraiment s’en occuper. La raison ? Dans l’Hexagone, ils ne sont tout simplement pas formés à ce type de cheveux, qu’ils soient titulaires d’un CAP coiffure ou d’un Brevet professionnel. Résultat : la grande majorité des salons sont réservés aux cheveux caucasiens. Un constat qui risque de changer. Une commission paritaire a décidé de créer un certificat de qualification professionnelle (CQP) qui devrait être mis en place courant 2018. Plus concrètement : une formation optionnelle, accessible après le CAP.

 

Quelles formations ?

  • Mizani, stage expertise. Une journée animée par Alexis Rosso pour découvrir les techniques de styling, coupes, coiffages et chignons.
  • Revlon Professional, stage Studio Curls. Pascal Wolfert décrypte pendant 2 jours, sur têtes malléables et sur modèles vivants, 6 coupes et techniques différentes en fonction de la matière et des parties à travailler. Le coiffage n’est pas en reste : astuces, produits… avec pour finir quelques propositions de coiffures pour un mariage.

 

 

Lisez la fin du dossier dans la troisième partie de l’article !