Maîtriser les subtilités de la couleur, se jouer des fonds d’éclaircissements, proposer la nuance qui répondra parfaitement aux attentes de la cliente… La colorimétrie est le solfège de notre métier. Tel est le credo que de grands coloristes répètent sans cesse aux plus jeunes. Pour jouer la partition sur le bout des doigts, Biblond vous propose de tester vos connaissances techniques.
Réaliser un blond platine
« La décoloration reste l’exercice le plus difficile pour un coloriste car c’est la pire chose que l’on fait subir à un cheveu », tempête Frédéric Mennetrier, dans son nouveau et magnifique salon L’Atelier Blanc, rue Vivienne à Paris. Sa philosophie ? « Rester homéopathique dans son approche. C’est à dire préférer un faible volume avec un temps de pose très long. Passer du temps, être très méticuleux, précis dans son geste, utiliser de bons produits et des soins, des additifs et renforçateurs de ponts. » Le décor est planté.
Tout d’abord, on nomme platine un cheveu transparent vidé de ses pigments. Le platine est donc le résultat d’un éclaircissement obtenu par une décoloration d’un cheveu naturel ou par décapage d’un cheveu coloré. Le deuxième cas de figure est plus difficilement réalisable.
« Tout est une question d’étapes et de patience, explique Rodolphe Lombard du salon parisien Coloré par Rodolphe. Il faut d’abord évaluer la porosité du cheveu et s’assurer que la base soit la plus naturelle possible et non colorée et en adéquation avec l’objectif : un blond jaune très clair. »
La base idéale ? Une hauteur de 7
Etape 1 : Eclaircissement
Procéder à un éclaircissement progressif des longueurs et des pointes avec oxydant faible (8.5 ou 10 volumes), à renouveler autant de fois que possible jusqu’à l’obtention du fond d’éclaircissement désiré et homogène.
Temps de pose : entre 45 minutes au minimum et 1 heure (plus d’une heure et demie avec un 8.5 en volumes).
Etape 2 : L’oxydant
On rince et sèche le tout. Puis, on vient éclaircir les racines et les longueurs avec un oxydant légèrement plus élevé pour avoir le meilleur fond en une seule application. Pour éviter la porosité du cheveu, appliquer un soin riche en kératine ou en protéine et acides gras.
Etape 3 : Reflet ou neutralisant
Finir par l’application d’un reflet ou d’un neutralisant (violet) qui permettra de refroidir le fond légèrement chaud si besoin, ou de donner un résultat plus naturel.
L’utilisation de nouveaux produits dans les gammes des « plex » ou des « bond » distribués en salons par bon nombre de marques aujourd’hui, et dont le précurseur est Olaplex qu’on ne présente plus, permettent de multiplier les ponts disulfures, de soigner, voire réparer, les ponts rompus pendant et après le protocole de coloration ou de décoloration.
Il existe une autre technique si le coloriste doit réaliser un éclaircissement supérieur à 5 tons. On appelle cela la décoloration croisée : après une première décoloration en masse, laisser poser 10 minutes puis, sans rincer, superposer une deuxième application d’un « mélange neuf ». Temps de pose : une heure. La réalisation des séparations se fait dans le sens inverse de la première dépose. Par conséquent, on vient « quadriller » la chevelure. Les bénéfices ? Pas d’oubli dans l’application, exécution plus rapide et gain de temps assuré puisqu’il n’y a ni rinçage ni séchage avant la deuxième application. Un confort de taille pour la cliente.
Cet article est extrait du dossier spécial « La coloration a-t-elle encore des secrets pour vous ? ». Retrouvez les conseils dans le Biblond n°57 pour réaliser les techniques adaptées :
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