Eurovision. Vienne. Mai 2026. Biblond y était !

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Invité par Coiffidis, distributeur exclusif Moroccanoil Pro en France, Biblond a vécu la 70ᵉ édition de l’Eurovision Song Contest de l’intérieur, au cœur de la « Backstage Bubble » où 33 coiffeurs venus de 20 pays ont réalisé plus de 1 000 coiffures sur les artistes du monde entier, avant qu’ils montent sur la plus grande scène musicale de la planète.

Trois jours de coulisses, de rencontres rares et de beauté à l’état pur. Christel a rencontré Antonio Corral Calero, Directeur Créatif Global Moroccanoil, visionnaire, généreux et une immense source d’inspiration. Et forcément, ses boucles ont atterri entre les mains expertes de Michel Baltazar, ambassadeur France Moroccanoil.

C’est ça aussi, la #Biblondfamily : être là où la coiffure professionnelle rencontre le monde.

Tu as créé des looks capillaires pour des dizaines d’artistes. Quelle est la première question que tu leur poses avant de toucher à leurs cheveux ?

Antonio : Avant de poser des questions, il faut que je regarde la personne : comment elle marche, comment elle entre, quel type de personnalité elle a. Ensuite seulement, je pose mes questions. Il est aussi important de voir les vidéos en amont. Quand je vois les vidéos, quand je perçois la personnalité, quand je sens l’énergie, alors je peux poser les bonnes questions. Parce qu’il y a beaucoup de gens dont le look change énormément : ils arrivent d’une certaine manière, mais une fois sur scène, ils deviennent des animaux comme des lions. Certains arrivent très tranquilles et deviennent des lionnes en performance. La personnalité change beaucoup, ce n’est plus la même personne. Pour savoir s’ils veulent du volume, des extensions, un look mouillé et avec de la texture, j’ai fait mon étude en amont — mais déjà, quand les gens entrent, je peux deviner un peu comment va se passer le styling.



Est-ce que tu as vu une tendance émerger dans les demandes des artistes ?

Antonio : Peut-être. J’ai vu plusieurs filles, et même des garçons, avec des cheveux bouclés naturels. Je pense notamment à la chanteuse de Chypre, la blonde aux cheveux bouclés. Plusieurs aiment garder leurs cheveux naturels. Ici, c’est difficile d’identifier une tendance, parce qu’au final on adapte la coiffure à la personnalité des gens. Comme ce sont des artistes, on voit un peu de tout : des cheveux décolorés, colorés, naturels, lisses, raides. Mais cette fois-ci, j’ai vu davantage de gens qui aiment le côté naturel des cheveux bouclés ou frisés. Je ne pourrais pas dire qu’il y a une tendance dominante. Peut-être les cheveux un peu mouillés : hydratation extrême ou cheveux légèrement sales, qu’on travaille avec des produits qui apportent de la texture. Mais c’est très homogène — pas un look exceptionnel dont on pourrait dire « Voilà, c’est ça la tendance ». C’est plutôt une variation de différents looks.

Tu voyages beaucoup, tu es Barcelonais. Qu’est-ce que tu aimes dans la coiffure française ? Qu’est-ce qui la différencie ?

Antonio : Ah, la classe. Je pense que la femme et l’homme français s’habille différemment, vivent leur vie différemment, ils l’abordent autrement. Il y a trente ans, les femmes allaient chez le coiffeur deux ou trois fois par semaine. Aujourd’hui, ça a beaucoup changé : la femme française veut une belle coupe de cheveux et l’entretenir elle-même à la maison, surtout passé un certain âge. Cela dépend aussi des régions : il y a encore des endroits où les femmes adorent aller au salon. Pendant la Fashion Week à Paris, j’ai vu aussi beaucoup de femmes qui ont laissé leurs cheveux gris — il y a une tendance à ne plus colorer. Il y a une classe particulière, je ne sais pas comment l’expliquer : c’est français, c’est quelque chose de différent. Si on compare les Espagnols versus les Italiens ou aux Français, les Français, dans leur façon de vivre et de marcher, ont un côté beaucoup plus élégant. Partout, si tu croises quelqu’un de français, tu vois tout de suite que c’est « fashion forward » (à la pointe de la mode). Mais ils ne créent pas des tendances : il y a chez eux une élégance classique, effortless (sans effort). Je ne sais pas comment on dit en français, mais c’est sans effort apparent — on ne passe pas trop de temps à y penser : de beaux manteaux, de beaux cheveux, surtout de belles coupes de cheveux.

Si tu devais donner un conseil à un jeune qui souhaiterait partir travailler à l’international, qu’est-ce que tu lui dirais ?

Antonio : Sur la coiffure ? Le plus important, je pense, c’est d’être très gentil. Aujourd’hui, la jeunesse veut que les choses arrivent trop vite. Mais ça prend du temps de bâtir la confiance en soi. Il faut apprendre beaucoup des autres. Je le dis à toute mon équipe ici : quand vous arrivez, baissez les oreilles, ce n’est pas à vous de montrer tout de suite que vous êtes très talentueux. Il faut toujours travailler en équipe. Aux jeunes, je dirais : il faut de la patience. Rome ne s’est pas construite en un jour, et sa construction se poursuit encore aujourd’hui. La base, c’est l’éducation. La base, c’est continuer à se former tout le temps.

Les boucles et les textures sont-elles devenues incontournables pour un coiffeur professionnel en France ?

Antonio : Il a fallu apprendre à les aimer. Il n’y a pas beaucoup de coiffeurs qui savent travailler les cheveux bouclés, mais de plus en plus de Français prennent des cours pour apprendre à travailler les cheveux texturés. Avant, il y avait des salons spécifiques pour cheveux bouclés ; aujourd’hui, si tu ne sais pas faire les cheveux bouclés, tu ne peux travailler dans n’importe quel salon. C’est l’une des questions qu’on te pose désormais : « Tu travailles les cheveux bouclés, frisés, afro ? », parce qu’il y a tellement de formes de boucles qu’il faut tout savoir. Ces dix dernières années, ça a beaucoup changé, et l’éducation a fait que les gens sont devenus plus professionnels. Tu ne peux pas dire à une cliente « Excusez-moi, je ne travaille pas les boucles », ce n’est plus possible.

Aujourd’hui, la femme française n’est plus la même qu’il y a quarante ans. On a beaucoup de cheveux bouclés, beaucoup de métissage. Les origines se sont mélangées. Aujourd’hui, la France peut ressembler à New York : c’est ce mélange qui la caractérise. Je pense qu’un jour, les gens n’auront plus forcément des cheveux raides et lisses ; de plus en plus, on a des boucles. C’est d’ailleurs pour ça que Moroccanoil s’est implanté en France, nous avons constaté que les produits que nous vendions le plus étaient ceux pour cheveux bouclés.

CRÉDITS PHOTOS : Maja MOAN

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