Ma vie en 6 souvenirs : Raynald Bernard, coiffure studio, hair street artist  

Taille du texte: A A A

On a l’habitude de les voir briller sur scène, en backstage ou dans leur salon. Ils transmettent leur passion, dictent les tendances et écrivent les pages du futur de la coiffure. Ils sont coiffeurs, artistes, formateurs, entrepreneurs…  Biblond a voulu en savoir plus sur ceux qui portent haut les couleurs de la coiffure. Pour mieux comprendre leur succès. Ils se racontent au détour de 6 souvenirs qui ont marqué leur vie.

Aujourd’hui, Raynald Bernard retrace son parcours. « J’ai toujours aimé travailler de mes mains » confie cet artiste originaire de Compiègne. « Au hasard d’un job d’été, la coiffure a déclenché quelque chose en moi. » poursuit-il. Ce « quelque chose » prend désormais tout son sens. « Ce métier est incroyable. Il a formé ma vie. Il m’a rendu meilleur : plus intelligent, plus ouvert et plus créatif. Je ne m’attendais pas à vivre tout ça grâce à la coiffure » ajoute-t-il. Et il n’a pas fini de nous surprendre. En 2026, il déploie sa fibre artistique autour d’un concept très personnel, Ray.art.part.  Sous son impulsion, le cheveu devient une véritable œuvre de street-art.

1992. Ma découverte du métier de coiffeur.

J’ai découvert la coiffure un peu par hasard, au détour d’un job d’été. Ça a fait boum dans ma vie ! J’y ai aperçu une façon de vivre et de penser, un univers qui me correspondait et que j’attendais depuis longtemps. C’était une petite franchise du Nord, Max’s, très bien dirigée par Max Colléatte.



1999. Mon arrivée à Paris, chez Mod’s Hair

Après mon CAP et BP, j’ai débarqué dans la capitale, où j’ai intégré le groupe Mod’s Hair. Deuxième choc de ma vie : j’ai compris toutes les opportunités qu’offre ce métier.  Et je les ai saisies ! Le groupe possédait son centre de formation, son agence de coiffeurs et maquilleurs et bien sûr des salons. Rapidement, je suis devenu formateur à l’international. J’y suis resté 15 ans, j’ai gravi tous les échelons, de coiffeur en salon à Directeur Artistique. En 2010, on m’a confié les rênes des collections. J’ai pu aussi créer une technique de coupe – à l’horizontal pour une meilleure repousse -, encore utilisée aujourd’hui. Ça me rend fier !

2012. Mon premier show pour L’Oréal à Berlin…

Le premier, devant 3000 personnes, d’une longue série. On m’a demandé d’accompagner tous les coiffeurs du groupe Mod’s Hair en Allemagne. J’ai géré toute la DA : la musique, les coiffures, les vêtements, la mise en scène. C’était à la fois effrayant et passionnant. Un défi de taille !

2013. Ma rencontre avec Karl Lagerfeld

J’ai eu la chance de collaborer avec le Kayser de la mode une dizaine de fois, notamment quand il opérait en tant que photographe. Il organisait des shootings dans un studio rue de Lille à Paris. Au-delà de l’icône, j’ai découvert un Monsieur très cultivé, ultra-créatif et avec un savoir-vivre exceptionnel. Sa façon d’être avec les gens était unique. Il avait 80 ans, il travaillait comme un acharné, parfois toute la nuit. Une vraie leçon de vie ! Quand on est passionné à ce point, l’âge ou la hiérarchie n’a pas d’importance. Il mettait tout le monde à l’aise, disait bonjour à tout le monde. Dans ce métier, les plus grands sont des gens agréables, avec beaucoup de savoir-vivre, d’empathie…. Et d’exigence bien sûr !

2014. Ma vie de coiffeur studio indépendant.

J’ai pris mon envol en tant que coiffeur-studio. Je suis représenté par l’agence B Agency. Festival de Cannes, campagnes de publicité, collaborations avec des personnalités ou des actrices, shootings… La coiffure est un univers qui permet de déployer toute sa créativité, de faire des rencontres venues de tous horizons, d’ouvrir l’esprit et le champ des possibles. Par ailleurs, j’ouvre une cabine à Paris pour recevoir ma clientèle privée. J’ai beaucoup de demande pour la coupe, un savoir-faire qui a un peu disparu. Ma méthode fonctionne bien et je pense à créer une masterclass.

2020. La naissance de mon concept de hair street art, Ray.art.part

Tout a commencé par des faits d’actualité trop sombres. Un matin, je me suis dit que j’avais envie de faire quelque chose qui donne le sourire. Egayer le quotidien, avec des installations dans la rue autour de la mode et des cheveux. Cela partait d’un bon sentiment : faire rire les gens. Entrainer des réactions positives. Avec du burlesque. A Paris, j’ai créé des mini-perruques que j’ai posé sur les têtes rondes des poteaux. Elles incarnaient des personnages dont on connait la coiffure. Exemples ? Andy Wahrol ou Karl Lagerfeld. Cela a eu un fort impact. Puis submergé par le travail, j’avais mis de côté ce projet artistique. Finalement, il m’a rattrapé. En 2026, j’ai un projet en cours qui réunit coiffure, street art et ethnologie. A la croisée de tout ce qui m’anime. Il y aura une première exposition en Bourgogne. A suivre…

Catégories: Actualités