Le portrait : Frédéric Pavard, transmettre le savoir-faire d’Alexandre de Paris

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Figure de l’excellence à la française, source d’inspiration pour la nouvelle génération, ce coiffeur, entré chez Alexandre de Paris en BP, relève un défi de taille : perpétuer un héritage précieux et un savoir-faire si convoité.

Sur la scène des Folies Bergère le 5 octobre dernier, dans le cadre du Hair Congress 2025 et à l’occasion des 80 ans de la Haute Coiffure Française, la prestation de Frédéric Pavard nous a subjugués. Et pour cause ! Comme un hommage au maestro, le geste est d’une précision inouïe et la magie opère. Le coiffeur aux mains d’or transcende la matière pour mettre en valeur l’élégance qui a fait la renommée de la maison parisienne. « Pour ce show, j’ai intégré la banane couture signature puis j’ai intégré un postiche de torsade, devenu un emblème de notre fondateur, ainsi que des camélias comme un clin d’oeil à Mademoiselle Chanel dont il était proche », nous confie-t-il.



Mais comment est-il devenu le plus digne héritier de M. Alexandre de Paris ?

Dès le plus jeune âge, Frédéric Pavard coiffe toutes les chevelures qui lui passent par la main, celles des poupées Barbie puis de ses cousines. « Pendant les vacances scolaires, j’allais dans un salon pour être sûr que le métier me plaisait. » Une vocation vite confirmée… « J’étais fasciné par la texture du cheveu. Et le fait de pouvoir transformer la matière en la manipulant », se souvient-il. À 16 ans, il commence son apprentissage dans un salon à Saint-Cloud. Sa patronne, qui repère vite son talent, lui propose de prendre des cours du soir pour se former aux chignons et attaches.

Et surtout de rencontres, celles qui ont marqué la carrière de Frédéric ?

Jean- Luc Minetti, Alexandre de Paris qu’il a secondé de tout temps, et Thierry Mugler qui lui confie les campagnes de ses parfums Alien et Angel. Entré pour son BP chez Alexandre de Paris, il n’a jamais quitté la maison. « Ce fut une révélation. Je découvrais un univers exigeant, au travers de la vie en salon mais aussi sur les défilés et shootings. »

Autre temps fort de sa carrière ?

L’ouverture de l’académie Alexandre de Paris en 2002. « Cela m’a permis de voyager dans le monde entier, pour des shows, mais aussi dans les académies L’Oréal. Transmettre le savoir-faire et les fondamentaux d’Alexandre de Paris est une mission qui me tient à cœur. »

Très touché par le décès d’Alexandre de Paris, en 2008, il lui rend hommage en retraçant son parcours, sur scène, lors d’un show de la Haute Coiffure Française. « Ce fut éprouvant mais enrichissant. En fouillant dans les archives, nous découvrions sans cesse de nouvelles choses sur lui », se remémore-t-il.

Défilés, shootings, formations, il poursuit aujourd’hui son chemin en salon à la suite de la crise sanitaire. « Finalement, je me suis posé derrière le fauteuil pour être là le plus souvent possible pour mes clientes. Toutefois, je continue à former les dimanches et lundis et à participer aux grands événements de la coiffure. »

3 questions à FRÉDÉRIC PAVARD

L’avenir de la coiffure ?

« Je trouve que la coiffure évolue dans le bon sens. Pour écrire le futur, la nouvelle génération doit conserver les fondamentaux. Il faut travailler sans relâche, savoir rester en place dans le même salon. La stabilité, pour les coiffeurs comme pour les clientes, est essentielle. »

Ses conseils aux jeunes ?

« Faites votre métier avec passion et persévérez ! Soyez toujours en recherche pour développer votre créativité. Pour maîtriser le geste, il faut faire et refaire sans cesse. C’est ainsi que l’on atteint l’excellence. La pratique est nécessaire. »

Les tendances du moment ?

« La mode est un éternel recommencement. On revient à des cheveux plus structurés, plus travaillés. Même le wavy se sophistique. On a quitté la période grunge pour des styles plus raffinés. Et c’est tant mieux ! Le coiffage est revalorisé. C’est une bonne chose pour le métier et pour les salons. Le coiffeur apporte à la cliente quelque chose qu’elle ne peut reproduire chez elle. »

LES DATES DE SA VIE

1991 Début CAP
1993 Arrivée en BP chez Alexandre de Paris, alors dirigé par Michel Dervyn.
1997 Assistant de M. Alexandre de Paris et premières campagnes pour Thierry Mugler
2002 Lancement de l’Académie Alexandre de Paris et premier pas en tant que formateur
2025 Magnifique show au dernier Hair Congress à Paris

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