Santé : comment échapper au chaos des émotions ?

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La conjoncture économique confronte le dirigeant à de nombreux défis au salon. Il faut sans cesse s’adapter et accoucher d’idées neuves sans céder à la panique, au burn-out émotionnel. Pour éviter la surchauffe, plusieurs réflexes s’imposent.

L’anxiété, l’incertitude et le changement permanent sont devenus la norme. Mais rester agile, dans des journées en flux tendu où le temps manque pour digérer les rebondissements peut donner, à terme, la sensation de perdre pied. « La charge affective est comme un réservoir qui se remplirait d’émotions et de pensées, qu’elles soient agréables ou non », expliquait Charles Pépin, philosophe et auteur de best-sellers, lors d’une de ses émissions, Sous le soleil de Platon, sur France Inter en juillet dernier. À nous d’apprendre à réguler et à apaiser ces émotions pour que le réservoir ne déborde pas.



L’idée ? S’observer attentivement et choisir les relations qu’on fréquente pour privilégier ceux qui nous font du bien. « Et restaurer l’harmonie, c’est trouver l’équilibre entre le coeur et l’esprit, entre les rêves et la réalité », précise Françoise Singer, sophrologue et art-thérapeute.

D’une série Netflix à une soirée entre amis en passant par un apéro après une journée difficile, les stratégies d’évitement au quotidien ne manquent pas. Problème : elles ne résolvent rien ! Pour cela, il est important de se scanner régulièrement, de se demander comment on se sent. Mettre la spirale du temps sur pause, et passer ses sensations en revue : une raideur dans la nuque, une boule dans le ventre…

Pourquoi ne pas en prendre note ? Écrire ce qu’on ressent est un moyen d’en prendre conscience. « Cela n’a rien de narcissique, souligne Françoise Singer. C’est une façon de regarder en face les signaux d’alerte. » Des symptômes qu’on apprend trop souvent à balayer de peur qu’ils nous ralentissent, et qu’on finit par traîner comme un boulet. L’enjeu est d’apprendre à les observer mais aussi d’y répondre. À chacun ses clés pour décompresser. L’essentiel est de découvrir les siennes. Organiser un dîner avec des amis proches, refuser d’aller à une fête, rester seul(e) avec un bon livre… Ce qui compte, c’est de faire les choix pour soi.

L’INTROSPECTION

C’est la première étape pour se concentrer sur son corps, sur ce que l’on ressent et non sur ce que l’on imagine. Notre cerveau est doué pour écrire des scénarios catastrophes, dans lesquels une petite erreur au travail, un mauvais commentaire sur Google, une réflexion d’une cliente, nous mènerait droit à la colère. « Nous avons en nous la capacité à traiter les informations liées à chaque émotion que nous vivons, assure Françoise Singer, pourvu que nous laissions faire notre corps, sans intervenir avec notre mental, nos croyances, nos jugements. » Inutile de se rejouer en boucle une discussion houleuse avec une amie ou de bâtir un bataillon de scénarios négatifs pour le rendez-vous professionnel du lendemain.

LA COMMUNICATION

Collaborateurs, ami(e)s, proches… Notre sérénité se construit aussi, si ce n’est d’abord, avec eux. D’où l’utilité de la communication non violente qui repose sur des réflexes simples pour éviter qu’une discussion se transforme en ligne à haute tension. D’abord, exprimer des besoins plutôt qu’adresser des reproches. Ensuite, dissocier le comportement de la personne et essayer de comprendre les besoins de l’autre, se demander comment y répondre plutôt que porter un jugement.

APPRIVOISER LE CHANGEMENT

Il est clair que les moments de doute et d’angoisse sont inévitables… mais passagers. On a besoin, de temps à autre, d’un changement. L’identifier et surtout l’aborder sereinement, cela ne s’improvise pas. Il faut alors se tourner vers tout ce qui permet de changer de perspective comme le théâtre, le sport, la peinture, le jardinage ou quelques séances chez un thérapeute.

Les personnes en burn-out sont enfermées dans leur système, piégées par un fonctionnement répétitif. À force, ils n’ont plus le temps, ou bien sont trop pris par la peur, pour regarder ce qui se passe ailleurs.

BURN-OUT, UN SYNDROME QUI TOUCHE TOUT LE MONDE

Si les chiffres ne sont pas les mêmes, d’une étude ou d’un sondage à l’autre, reste qu’ils sont inquiétants. Et surtout, qu’ils grimpent inexorablement : + 25 % de cas détectés depuis la Covid !

– Selon l’Institut de veille sanitaire, 480 000 personnes en France seraient en détresse psychologique au travail et le burn-out en concernerait 7 %.
– Une étude du cabinet Technologia révèle un chiffre bien plus inquiétant : 12 % de la population active présenterait « un risque de burn-out ».
– Des chiffres à compléter par l’étude menée par Empreinte & Opinionway en octobre 2022 qui révélait que 41 % des salariés français sont en situation de détresse psychologique.

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