Comme dans la mode ou l’art, il y a des connaissances indispensables à tout bon coiffeur. Pour peaufiner votre culture, Biblond vous fait réviser. La leçon du jour ? Jacques Dessange, inventeur du coiffé-décoiffé.

L’amour de la coiffure en héritage
Né en Sologne en 1925, Hubert Jacques Dessange n’a que 13 ans quand il assiste son père dans le salon familial. Il y apprend à réaliser des coupes pour homme et des tailles de barbe avant de découvrir la coiffure dame. Une révélation !
Libérer les femmes
En 1947, le célèbre coiffeur Louis Gervais lui donne sa chance à Paris et le rebaptise « Jacques », de son deuxième prénom. Il l’envoie faire une saison dans son salon de Trouville-sur-Mer. Faisant de son manque de technique un atout, il décide de libérer les femmes des contraintes du crêpage et des crans plaqués d’après-guerre. « Une coiffure vit, Madame. Lorsqu’une femme bouge la tête, ses cheveux doivent suivre », rétorque-t-il à la gérante du salon intriguée par tant de mouvements. Très vite, il coiffe les mannequins des plus grandes maisons de mode, de Dior à Chanel.

Premiers salons
En 1954, il installe son premier salon, à Paris, au numéro 37 de l’avenue Franklin D. Roosevelt, dans un luxueux espace de 120 m2. Les Parisiennes sont conquises, prêtes à faire la queue pendant des heures pour passer entre ses mains. Un an plus tard, il ouvre un deuxième salon à Saint-Tropez. Ses clientes ? Jean Seberg, Jane Fonda, Sheila, France Gall ou encore Brigitte Bardot, qu’il rencontre grâce à sa future femme, Corinne de Boissière, attachée de presse spécialisée dans le cinéma.

Des techniques à l’avant-garde
Il invente des techniques révolutionnaires, comme le coiffé-décoiffé. En 1970, il imagine le Maillecolor, un bonnet à trous dont on extrait quelques mèches pour les décolorer. Fini les blonds uniformes ! À la fin des années 1980, le balayage à l’air libre, renommé plus tard « balayage californien », permet d’obtenir un résultat fondu avec des longueurs progressivement plus claires.

Des campagnes percutantes
Il crée des visuels dans l’air du temps, renouvelant ses collections deux fois par an pour mettre en valeur les techniques. Ses campagnes publicitaires se veulent percutantes ! Qui ne se souvient pas du slogan des années 1980 : « Jacques Dessange, recoiffe-moi le moral » ?

Une expertise du blond
Jusqu’à la fin des années 1960, il photographie lui-même ses réalisations. Il remarque alors que le blond accroche mieux la lumière. Il en fait sa couleur de prédilection. Comme une image vaut mille mots, évoquons le célèbre visuel Anabis de 1983. Le mannequin Catherine Ahnell y incarne une femme libre à laquelle toutes les femmes veulent ressembler.

Coiffeur du 7e art
Après avoir coiffé les plus grandes stars, il s’engage toujours davantage auprès du 7e art, devenant partenaire officiel du Festival de Cannes. Il soutient, par la suite, d’autres événements comme le Festival international du film de comédie de l’Alpe d’Huez, Lyon Lumière, ou le Festival international du film de Marrakech.
La franchise
Face au succès de son salon, il aide ses meilleurs collaborateurs à ouvrir leur propre établissement sous son nom. En 1979, il met en place des contrats de franchise et ouvre l’école de formation Jacques Dessange, sous la direction de Daniel Conte. Grâce au talent de Bruno Pittini, les gestes de Dessange sont mis en mots pour pouvoir être transmis. Jacques Dessange vise aussi l’international : il ouvre son salon à Tunis dès 1962. Suivront New York (1984) ou encore Sydney (1988). Aujourd’hui, la marque Dessange Paris compte plus de 310 salons dans 35 pays.
Shows prestige & création
S’il tient à ce sentiment d’appartenance à la marque, il encourage toutefois à cultiver la créativité. Dès les années 1960, il crée les premiers shows Prestige & Création. Les coiffeurs venus des quatre coins de la France peuvent y découvrir des techniques rapides. Dans les années 1980, ces rendez-vous se tiennent au Cirque d’Hiver pour accueillir un public toujours plus nombreux. Sa popularité est telle que les premiers shows Prestige & Création sont présentés par Michel Drucker et Sacha Distel.

Un groupe puissant
Jacques Dessange nous a quittés en 2020, laissant derrière lui un groupe puissant sur le marché de la coiffure haut de gamme. Dessange International s’organise autour de 3 pôles : la franchise (Dessange Paris, Camille Albane et Fantastic Sams), les produits et la distribution (Phytodess et Coiff’idis), et les licences (Dessange Compétence Professionnelle et La Brosse & Dupont).

Biblond, pour les coiffeurs !








