Le plus gros événement de la coiffure en France, le MCB by BS s’est clôturé le 14 octobre dernier, après trois jours d’ateliers, de business, de shows, de rencontres et de découvertes, avec une fréquentation en hausse : + 8 % par rapport à 2023 avec 49 917 visiteurs. Une belle édition et beaucoup d’enthousiasme de la part des exposants et des jeunes venus participer aux Championnats du monde.

On avait pris l’habitude de plonger dans la rentrée de septembre avec le MCB by BS. Sauf cette année en raison des jeux Olympiques. Les dates du salon ont été décalées en octobre. Le mois serait-il plus favorable aux professionnels de la coiffure, aux écoles de formation, au secteur en général ? Il semblerait que oui au vu des chiffres annoncés dans le communiqué de presse bilan par l’organisateur. « Accueillant 49 917 participants professionnels venus des quatre coins du monde, cette édition a enregistré une hausse significative de 8 % comparée à la précédente édition en 2023, retrouvant ainsi les niveaux connus avant la pandémie. »

On peut donc dire qu’il y avait foule aussi bien dans les allées du MCB by BS que sur les 200 stands (environ) des exposants présents. D’ailleurs, quel est le profil des visiteurs ? D’après l’organisation : « Leur profil représente bien la réalité des métiers du secteur avec 49 % de chefs d’entreprise
et autoentrepreneurs, 33 % de salariés, 17 % d’apprentis et étudiants et 1 % de formateurs et d’enseignants. » Quant aux visiteurs étrangers, ils demeurent fortement présents avec un taux de participation qui s’élève à 9,3 % soit 4 700 internationaux venant de 77 pays avec notamment une quarantaine de distributeurs européens.
Carton plein aussi pour la nouvelle salle MCB by BS Arena : plus de dix heures de shows et où les visiteurs ont pu découvrir des performances artistiques incroyables (voir encadré).

BIBLOND DANS LE FEU DE L’ACTION
Biblond a parcouru les allées à la recherche de pépites et suivi les shows et conférences proposés. L’idée ? Enrichir et transmettre les idées créatives et managériales de ces artistes et coachs.

L’échange, l’autre objectif que cultive l’équipe du magazine, a été bonifié par les animations sur le stand : concours, ateliers et démonstrations techniques réalisées par une partie de nos ambassadeurs, curieux et enthousiastes. Coup de chapeau à Mylène Louvin (1), Amine Badaoui (2) et Sylvain Xuereb (3) qui ont réalisé des prestations masculines et féminines devant un public assidu : taille de barbe, coupe, coiffage…
On vous donne rendez-vous les 13, 14 et 15 septembre 2025 pour de nouvelles aventures.

TABLES RONDES ET CONFÉRENCES
On a appris…
En moins d’une heure, Jean-Christophe Robelot a partagé les secrets à mettre en place pour devenir un salon performant, améliorer la rentabilité et fidéliser la clientèle. Formateur, coach et consultant, il nous a captivés par son talent oratoire, bien sûr, mais aussi en apportant des solutions clé en main autour de 3 axes : le fichier client, le temps passé par service, le coût de l’heure donc la marge réelle. Le tout appuyé de chiffres et de solutions concrètes. Optimiser son fichier client, segmenter la clientèle (âge, budget, fréquence…) pour mieux cibler la communication, mesurer la fidélité de la cliente mais aussi la performance des réseaux sociaux, prendre le temps d’analyser les données, analyser les coûts… Bref, du concret à mettre en place dès le lendemain dans son salon.
Les Opportunités business des cheveux texturés. Telle était la thématique abordée par Daba Diokhané, fondatrice de Dioka, la plate-forme des cheveux texturés. Sur la Conference Stage, elle a rappelé que 20 à 30 millions de femmes ont les cheveux bouclés, frisés ou crépus, un chiffre en hausse constante dans un société de plus en plus métissée. Le hic ? Seule une centaine de salons ont l’expertise multitexture, dont 40 % sont situés à Paris. Elle évoque les déserts capillaires pour les cheveux afro qui représentent pourtant 1 milliard d’euros. Mais qui sont les clientes potentielles ? Des femmes âgées de 25 à 40 ans, actives et modernes, qui assument leurs boucles depuis peu et cherchent des conseils personnalisés qu’elles ne trouvent pas en salon. Forte de ce constat, l’experte a martelé l’importance de se former pour accueillir toutes les clientes. La fiche moyenne est de 45,7 € ? Celle d’un cheveu texturé s’élève à 80,5 € soit 76 % de plus.
À la Conference Stage, Elsa Chantereau, directrice relations extérieures & engagements L’Oréal France, a rappelé ce qu’est The Value of Beauty, créée en 2024 et comptant déjà 13 membres (L’Oréal, Ancorotti, Beiersdorf, Givaudan, Kiko, Patyka, Cosmetic Valley…). L’objectif de cette alliance ? Faire connaître le secteur de la beauté, son impact positif, culturel, économique, social, sociétal mais aussi en matière d’emploi. Et mener des campagnes pour le faire savoir au niveau européen et donc auprès des politiques. Elsa Chantereau a invité tous les acteurs du secteur à rejoindre le mouvement, chiffres à l’appui. La beauté contribue à l’économie de 29 milliards d’euros chaque année, et représentait un marché de 81 milliards d’euros dans l’UE en 2022. Enfin, elle a aussi noté que le secteur est à la pointe du développement durable puisqu’il compte 3 entreprises « Triple A » sur 12 au niveau mondial.

SHOWS
On a aimé…
Et s’il fallait le faire, le show de Christophe Nicolas Biot pour Wella. La rock-star de la coiffure fait rimer glamour et couture à travers sept tableaux. Habillés par les stylistes Elisabeth Cavatorta et Federica Trotta, maquillés par Vichika Yorn, les modèles se sont succédé sur scène dans de somptueuses robes signées par le créateur Cristiano Burani. Sur une playlist soignée, le maestro du cheveu, tout de blanc vêtu, a pris possession de la scène, tantôt mystique au son de Mal comme de Christophe, tantôt théâtral sur la musique de Moulin Rouge de Baz Luhrmann, ou encore romantique (Comment va ta peine de Benjamin Biolay) ou pop-rock (Ordinaire de Céline Dion). Côté coiffures, des chignons ultrachics, de la matière travaillée et soyeuse et des coiffes fantasmagoriques rouges, flamboyantes. Certains passages sont plus autobiographiques. Le dernier tableau, sur la musique Et s’il fallait le faire de Patricia Kaas, raconte que Christophe Nicolas Biot pourrait tout quitter pour sa fille.

SHOWS
« J’espère que j’ai autant fait briller les yeux des jeunes que tu as fait briller les miens », a répondu Emmanuel Esteban à Christophe Gaillet à l’issue du show Under the skin pour La Haute Coiffure Française. Une prestation émouvante durant laquelle le directeur artistique de l’équipe de France a tenu le rôle d’assistant. Comme un passage de relais… Emmanuel Esteban prend son envol en distillant sa vision de la coiffure. Dans une atmosphère futuriste, les modèles déambulent et les coiffures nous épatent en jouant la transformabilité. Révélant de nouvelles couleurs, développant de nouveaux volumes – avec en passeur d’épingles M. Christophe Gaillet, himself… L’apothéose est atteinte lors du final. En ôtant postiches et perruques, deux modèles dévoilent, sur une chevelure très courte, un coeur pourpre au sommet du crâne. Au-delà de l’esthétique créative et du message personnel d’Emmanuel Esteban, nous avons été touchés par la complicité entre les deux coiffeurs, le mentor et son élève.
Il ne fallait pas louper le premier show en France de la maison australienne Eleven Australia qui avait convoqué ses éducateurs, Amelie Cury et Tristan Dispayen, accompagnés d’un invité spécial, Paul Dennison. Au programme ? Des looks simples, faciles à reproduire, inspirés par le mouvement et les textures sans effort. On a aimé la mise en avant des produits de styling faciles à utiliser pour créer des looks jeunes, dynamiques et engagés. Une immersion dans l’univers créatif de la marque, présente sur les Fashion Weeks et au festival de Cannes.

Visionnaire artistique, Raphaël Perrier a offert avec son show Time, en partenariat avec Wella Professionals, un grand plateau artistique, très glamour.

Les visiteurs ont pu admirer la grâce des 12 danseuses des plus grands cabarets parisiens, sublimées par le regard de Raphaël Perrier.

Le show Hairtopia par Jérôme Fendt, Léa Detournay et Alexis Parente pour L’Oréal Professionnel a mis le feu dans la salle Arena. Du travail de haute voltige avec ces coiffages variés, ces magnifiques crans et ces volumes XXL, présentés autour de trois thèmes Odysseas, Gravitas et Moonaris.

Une belle symbiose pour ce trio qui a su mêler des bases classiques de styling avec une vision avantgardiste pour des looks audacieux.

Il ne fallait surtout pas manquer Genesis, le dernier show du lundi ! Le jeune et talentueux Amine Badaoui, ambassadeur Biblond, nous a transportés dans son univers fantastique, Dark Fantasy comme il aime le préciser. Tout avait été soigneusement pensé pour ce moment suspendu qui mêle à la fois des coiffures édito et avant-garde sans oublier la vidéo captivante, des mannequins et costumes somptueux.

On rembobine ? Dans un laboratoire secret, quatre femmes chimères aux pouvoirs mystiques sont abandonnées. Isolées, elles ne ressentent que de la haine pour leurs créateurs. Heureusement, Xara, une cinquième chimère, les délivre, donnant naissance à une force destructrice qui ravage les villes humaines. L’humanité doit alors contrer cette menace. Des coupes et coiffages inspirés de cet univers avec pose de mèches, de nattes, de postiches. Un travail incroyable ! « Ce projet est la preuve qu’il faut toujours croire en soi et en ses rêves. Tout est possible avec passion et détermination », a conclu Amine Badaoui à la fin de son show.

Biblond, pour les coiffeurs !









Antoine. C’est une évidence !
Antoine. C’est une évidence !