La fatigue visuelle toucherait plus de la moitié de la population française et en particulier les 16-24 ans. Elle peut avoir plusieurs causes, comme les amétropies, les déséquilibres binoculaires, les corrections optiques mal adaptées… Comment éviter tous ces maux ?
Comment se traduit la fatigue visuelle ? Une sensation de picotements des yeux, des larmes, des migraines, un dédoublement de la vision. 75% des jeunes souffrent de fatigue visuelle.
Cependant, 34% d’entre eux ne font rien pour soulager leurs yeux, à en croire l’Association nationale pour l’amélioration de la vue (Asnav) qui pointe comme explication une pratique abusive des écrans. Laquelle ne cesse d’augmenter, selon la même Asnav.
En moyenne, en 2022, un Français passe 32 heures par semaine devant un écran, soit 20 % de son temps hebdomadaire, et presque un tiers de son temps éveillé. Pourtant, on aurait tort de céder à cette croyance largement répandue selon laquelle les écrans, en eux-mêmes, sont dangereux pour la vision. C’est surtout leur mauvaise utilisation, qui est responsable de tous nos maux. Sans compter qu’ils peuvent également servir de révélateurs pour nos défauts de vision non détectés jusque-là.
Faire la mise au point…
Concrètement, comme l’explique le Dr Catherine Bensoussan, ophtalmologue : « Pour voir de près, notre oeil doit faire la mise au point, comme un appareil photo autofocus. Sans que l’on s’en rende compte, nos muscles ciliaires se contractent, entraînant des mouvements imperceptibles que l’on appelle les “microfluctuations”. Comme notre oeil n’est pas conçu pour fixer à la même distance durant des heures, les microfluctuations sont alors perturbées, ce qui entraîne la fatigue visuelle. » Si, de plus, la lumière, dans l’espace où nous consultons cet écran, n’est pas harmonieuse – si par exemple nous sommes dans le noir ou à proximité d’une fenêtre qui nous fait face –, c’est encore une source d’efforts supplémentaires pour l’oeil.
Autre problème, devant les écrans, nous oublions souvent de cligner des yeux. Ce qui entraîne une sécheresse des yeux et peut occasionner une fatigue oculaire – pour la distinguer de la fatigue visuelle.
C’est en effet le clignement des yeux qui déclenche les sécrétions lacrymales et permet de garder l’oeil humide. Un problème renforcé par le chauffage excessif ou la climatisation de certains espaces de travail.
… Et des pauses
Que faire alors ? S’obliger à faire des pauses régulièrement et regarder au loin, lorsque l’on travaille sur écran ou suit une formation. Harmoniser la lumière de la pièce. Utiliser éventuellement des larmes artificielles pour humidifier ses yeux. Mais aussi, faire vérifier sa vision – hypermétropie, astigmatisme et presbytie chez les plus de 45 ans peuvent entraîner une fatigue oculaire – et, surtout, porter des lunettes lorsqu’elles sont prescrites même si, paradoxalement, les Français sont de moins en moins nombreux à mettre leurs lunettes.
Selon l’Asnav toujours, le nombre de personnes qui pensent ne pas avoir besoin d’une correction visuelle est en augmentation. 42 % ne les portent pas en conduisant une voiture, c’est 8 points de plus qu’en 2021. 38 % en conduisant un 2 roues, là c’est 22 % de plus qu’il y a deux ans ; 40 % pour se déplacer à vélo ou à trottinette. Des comportements qu’il faut changer.
Le saviez-vous ?
7 Français sur 10 portent des lunettes ! C’est ce qu’indique le baromètre de la santé visuelle 2023, réalisée par Opinion Way pour l’Association nationale pour l’amélioration de la vue.

Biblond, pour les coiffeurs !








