Après l’explosion des autoentrepreneurs en coworking et à domicile et le nombre toujours trop élevé des salons de coiffure, la profession risque de constater, dans les années à venir, la faillite d’un bon nombre de ses centres de formation et CFA privés !

L’élément déclencheur ? La fin de l’obligation du Brevet professionnel. En effet, cette nouvelle donne va entraîner la fermeture de beaucoup de CFA, et d’écoles privées et publiques qui se sont engouffrés dans le business juteux de la formation.
Savez-vous combien rapporte par an un élève en formation ? 7 500 euros sans compter les kits d’outillage à 300 ou 400 euros, les têtes malléables vendues au-delà d’un prix raisonnable par rapport à leur qualité…
Bref, cette dernière décennie a vu naître des tas d’écoles pour que les jeunes coiffeurs puissent passer et obtenir leur BP, le sésame pour ouvrir leur salon.
Oui à la VAE
À présent, un CAP et trois ans d’expérience en CDI suffiront. Cette année, des milliers d’élèves en France se sont inscrits pour deux années d’étude. Finalement pour rien ! En cause ? Des textes de loi sortis cet été et qui ont animé les débats sur les réseaux sociaux, entre rumeurs et réalité… C’est maintenant acté : les lois européennes ont eu raison du désir de certains acteurs de garder cette manne financière ouverte.
Personnellement, je suis pour la Validation des acquis de l’expérience (VAE) et pour éliminer ce business juteux qui, pour moi, était injustifié. Ce ne sont pas les examens qui font de vous un bon professionnel.
C’est bien l’expérience, la vraie, sur le terrain. La coiffure, c’est, selon moi, 99 % de passion et 1 % de diplôme. Je trouve que le BP ne donne pas les qualités nécessaires pour ouvrir son salon. Il ne forme pas bien et le contenu, comme pour le CAP, est obsolète dès la sortie du diplômé. Tous les chefs d’entreprise à la tête d’un salon le disent depuis des décennies : le référencement est hors sujet par rapport à la demande de la clientèle. Néanmoins, trois ans d’expérience, c’est déjà bien, mais ce n’est pas assez : sept ans après le CAP aurait été plus judicieux.
On aurait ainsi évité la pénurie de salariés dans les salons et conduit le futur coiffeur entrepreneur à ouvrir son salon à 24 ans minimum. Et à mon sens, c’est encore trop jeune ! Finalement, le BP était aussi une façon de sous-payer les apprentis. En effet, un contrat BP n’est pas un CDI qui, lui, équivaut à un salaire au Smig.
Petit rappel
La création du BP date de l’après guerre. Les femmes, sans formation, ont coiffé et utilisé de la chimie pour colorer et permanenter. Afin d’éviter des catastrophes, le métier s’est légiféré dans les années 1950. Ce fut une très bonne idée, mais depuis cela n’a pas évolué. Or, depuis le lissage, la poudre à décolorer, le liquide à permanente, les colorations sont en vente libre, disponibles dans les grandes surfaces ou chez les grossistes.
Conclusion ? Le BP ne sert plus à rien et tous les professionnels qui embauchent l’attestent.
Et pourtant, malheureusement, nos fédérations restent sourdes. Au programme, il y avait aussi les cours de gestion mais d’un niveau si bas que cela n’a pas empêché des faillites à la chaîne depuis des dizaines d’année.
Autre incohérence : pourquoi un coiffeur à domicile exerce-t-il avec un CAP en poche alors qu’un entrepreneur qui ouvre un salon et embauche est contraint d’avoir un BP en permanence dans son salon ? Alors, j’espère que la règle des trois ans obligatoires de CDI après le CAP s’appliquera aussi aux coiffeurs à domicile et aux autoentrepreneurs !
Oui, beaucoup de CFA privés ou publics vont fermer leurs portes dans les prochaines années et des professeurs de coiffure se réinventeront et reviendront en salon. Quand je vois que, dans le programme du CAP, le dessin existe toujours (époque où l’on faisait encore des posters en dessin avant que la photographie ne soit inventée), je me demande si la suite du processus ne devrait pas être le CAP…
À quand l’école de l’excellence pour les coiffeurs ?
Biblond, pour les coiffeurs !







