Eve Briat présente les cheveux dans les yeux, une émission qu’elle a imaginée pour sa chaîne YouTube Eve On Hair, et qui donne la parole aux coiffeurs. Ce mois-ci, elle nous propose un portrait de SOUHAD ABDELLALI.
disponible en intégralité sur YouTube

Souhad Abdellali est une rose des sables. Une femme qui a grandi avec résilience malgré les turpitudes d’une vie aux conditions de départ compliquées. C’est sa joie de vivre, son impétuosité, son verbe précis, ses connaissances et sa vision du métier qui me donnent envie d’en connaître davantage sur elle. Souhad a 43 ans, elle exerce à Jarny dans l’Est de la France depuis treize ans. Son parcours scolaire commence par des études d’histoire de l’art qui enchantent moyennement son père, ce qui lui vaut de se voir rapidement couper les vivres. C’est sûrement une des raisons qui l’empêchera d’aller jusqu’au bac.
Nous partageons ses souvenirs d’enfance, mêlés d’images et de senteurs : les hammams où les femmes aiment à se retrouver pour se confier, les mariages et leurs préparatifs. Il y a aussi les artistes, et notamment la talentueuse Nawel Madani qui raconte si bien le quotidien capillaire de ces femmes qui vont jusqu’à raidir leurs cheveux sur une table à repasser avec pour hantise : rencontrer la pluie !
C’est grâce à tous ces souvenirs que Souhad décide de devenir coiffeuse. Elle effectue son CAP dans un salon qui fait partie de la Haute Coiffure Française et découvre là un univers qui la fait rêver. C’est la révélation, la certitude qu’elle est à la bonne place pour le reste de sa vie. Embellir les gens, les aider à se développer, c’est ce qui la fait vibrer.

OUVRIR SON SALON, OUI MAIS…
Souhad décide ensuite de se mettre à son compte et se trouve alors confrontée au monde des banquiers. Elle arrive tout de même à ouvrir son premier salon qui fonctionne bien, avec du personnel formé. Mais elle commet l’erreur de ne pas facturer assez. Résultat : elle doit courir après la masse plutôt que la qualité.
Et, pour couronner le tout, elle monte en parallèle un magasin de prêt-à-porter qu’elle gère de la même façon. Ses affaires sont dans le rouge.
LE DÉCLIC DU CONFINEMENT
C’est le confinement en 2020 qui l’aide à remettre le curseur au bon endroit. Durant ce temps, elle suit des formations, notamment de gestion, et se recentre sur son métier. Elle décide de fermer son magasin de prêt-à-porter et de proposer un concept différent pour son salon de coiffure. La réouverture fait place à un nouvel espace avec des tarifs différents et un positionnement axé sur les cheveux texturés. Une spécialité qu’elle maîtrise, qui lui ressemble et qui la ramène finalement à sa propre histoire.
Souhad reprend plaisir à coiffer, gagne correctement sa vie, développe une clientèle plus en phase avec ses valeurs de vie. Ce métier lui montre combien chacun peut agrandir son « champ des possibles ». C’est donc naturellement et avec beaucoup d’enthousiasme qu’elle embarque ses clients dans ses nouveaux projets, en les faisant participer physiquement à ses shootings photos pour son salon. Ses collections sont plébiscitées et représentées lors d’un concours au MCB.
Nous échangeons sur la nécessité de nous différencier des autres coiffeurs, de nous repositionner quand il le faut. Aujourd’hui, Souhad propose des formations spécifiques « cheveux texturés » aux coiffeurs qui souhaitent répondre aux nombreuses attentes des clients.
Nous parlons de bien d’autres choses qui font partie de la vie entrepreneuriale des femmes et que je vous invite à découvrir en intégralité sur ma chaîne YouTube !
Biblond, pour les coiffeurs !







