Bonne nouvelle pour cette rentrée 2023 : le Certificat de qualification professionnelle sur la coiffure des cheveux frisés et crépus sera enfin enseigné dans certaines écoles. Il faut dire que dans un élan de libération de la boucle, l’avenir appartient aux coiffeurs qui maîtrisent tous les types de cheveux, dont les cheveux texturés (comprendre bouclés, frisés et crépus). Biblond fait le point sur un marché en plein essor, appuyé par un comité de 6 experts pour démêler le vrai du faux.

15 idées reçues sur les cheveux texturés
1. Coiffer les cheveux texturés est une spécialité
FAUX. Il ne s’agit pas d’une spécialité comme peuvent l’être la coloration, le lissage, le tressage, les extensions ou la coupe. Un coiffeur doit savoir mettre en valeur toute texture naturelle.
2. Démêler un cheveu texturé prend des heures
FAUX. Grâce à des techniques ancestrales, on peut démêler les cheveux crépus rapidement sans passer des heures au bac. Il suffit d’apprendre les gestes avec les bons outils et les produits pour s’apercevoir que c’est plutôt facile. Bien évidemment, on évite de les brosser à sec et on privilégie un démêlage après un soin ou un après-shampooing.
3. Il faut avoir les cheveux crépus pour coiffer les cheveux crépus
FAUX. Beaucoup de coiffeurs afro ne savent pas coiffer les cheveux crépus. Ils savent mettre des extensions, faire du tressage ou un lissage. Aujourd’hui, les femmes veulent du soin, du naturel et du bien-être. Il y a tout une méthodologie à apprendre.
4. La visite d’une cliente aux cheveux texturés est rentable
VRAI. Les femmes afro, qui ont un budget beauté élevé, sont prêtes à mettre le prix et à multiplier les rendez-vous. Un salon qui se forme aux cheveux texturés peut voir son CA augmenter de 7 % dès la première année. Les salons du futur sont ceux qui s’ouvrent à toutes les textures.
5. L’entretien des cheveux texturés coûte cher
FAUX. Il suffit de trouver la bonne routine de soins pour ces cheveux secs qui nécessitent un traitement différent. Quatre ou cinq produits suffisent : un shampooing hydratant, un conditionneur nutritif, un masque, du gel d’Aloe vera et une crème coiffante pour sculpter les boucles..
6. Les cheveux texturés ne poussent pas
FAUX. Ils poussent de manière hélicoïdale (en tire-bouchon) de 0,7 mm à 1 cm par mois. Et comme il y a un effet de rétractation, on a l’impression qu’ils poussent moins vite. Le soin doit être porté sur les longueurs, fragiles et cassantes. On peut aussi appliquer des produits ciblés sur le cuir chevelu (scalp care) pour activer la pousse. Il faut prendre soin du bulbe pour avoir une belle longueur.
7. Les cheveux texturés sont plus forts
FAUX. Même s’ils sont drus, ils sont plus fragiles et cassants du fait de leur forme en S qui sensibilise la fibre.
8. Les cheveux crépus au naturel ne font pas disciplinés
FAUX. Ils sont souvent considérés comme sauvages, sales, pas soignés. Ainsi, on demande aux femmes, en milieu professionnel, de les lisser ou de les attacher. Même si cela tend à changer, ils sont encore difficilement acceptés dans certains métiers. C’est de la discrimination raciale ! Bonne nouvelle : un projet de loi contre les discriminations capillaires a été déposé par le député Liot de Guadeloupe Olivier Serva.
9. Les cheveux texturés se coupent comme les cheveux caucasiens
FAUX. On privilégie la coupe sur cheveux secs, sur la forme naturelle du cheveu – sauf pour un changement radical. On n’utilise ni pince ni peigne, car ils dénaturent la forme de la boucle. La coupe aux ciseaux droits se fait dans l’espace pour obtenir la forme désirée. On évite d’effiler ou de désépaissir. Il faut juste couper la boucle pour en garder la texture naturelle.
10. Il est facile de se former
VRAI. Même s’il y a du retard dans le cursus classique, cela s’améliore. En effet, dès la rentrée 2023, le Certificat de qualification professionnelle sur la coiffure des cheveux frisés et crépus sera enseigné dans certaines écoles. En parallèle, des coiffeurs experts mais aussi certaines maisons de produits proposent des formations pour maîtriser les techniques, accessibles grâce au compte CPF.

11. On peut colorer ou décolorer les cheveux texturés
VRAI. Toutefois, une décoloration fragilise la fibre. Il faudra ensuite mettre en place une routine renforcée de soins. Il suffit de connaître les techniques appropriées, la pigmentation à l’intérieur du cheveu, de jouer avec les taux d’oxydation et les temps de pose.
12. Les huiles ne sont pas idéales pour ces cheveux
VRAI. Certes, elles vont gainer ou lubrifier la fibre. Mais en restant en surface, elles n’hydratent pas en profondeur. Pire encore, elles vont créer une barrière qui empêche l’eau de pénétrer dans la fibre. On peut appliquer une huile fine comme l’huile de karité, d’argan, d’olive ou de ricin, après avoir hydraté à l’eau ou en synergie avec un agent hydratant comme l’Aloe vera.
13. On peut les boucler de façon permanente
VRAI. On peut moduler la forme et pas seulement pour lisser. En effet, le twist out permet de dessiner les boucles. Pour garder une frisure définitive, la technique du curl, une permanente sur cheveux afro, s’est améliorée au fil du temps. Alexis Rosso a développé une technique de permanente en plusieurs étapes : un défrisage puis un rebouclage avec un produit et des bigoudis de plusieurs diamètres, pour donner du ressort.
14. Les cheveux texturés sont indomptables
FAUX. En réalité, c’est la matière brute la plus versatile. On peut jouer avec la forme en créant des sculptures.
15. On peut couper les cheveux frisés ou crépus à secs, sans les démêler
VRAI mais FAUX. Il y a une tendance sur les réseaux sociaux où l’on voit les coiffeurs avec une tondeuse et une paire de ciseaux. Cette technique de coupe, la DevaCut (inventée par la fondatrice de la marque DevaCurl), est adaptée aux clientes qui aiment changer de tête. Si on les lisse, on trouvera une multitude de longueurs différentes. Il est donc important de faire un diagnostic avec la cliente.
6 experts coiffeurs démêlent le vrai du faux
Clotilde Laisné
Ambassadrice Biblond et ghd, cette coiffeuse studio est aussi formatrice ponctuelle au Real Campus by L’Oréal.

Alexis Rosso
Ambassadeur Mizani L’Oréal, coiffeur studio d’origine caraïbéenne, formé à l’école américaine pour gagner son expertise des cheveux texturisés, il est à la tête de son propre organisme de formation.

Aline Tacite
Amoureuse des cheveux texturés, ambassadrice pour Jacques Seban et DevaCurl, formée en Angleterre, elle a fondé avec sa soeur Boucles d’Ébène Studio en 2004.

Ghana Elin
Fondatrice de la marque Les Ateliers Crêpus, une gamme professionnelle premium et made in France, inspirée des recettes de sa grand-mère guadeloupéenne. Elle vient d’ouvrir son académie de formation.

Magali Dondon, alias « Miss Mag »
À la tête d’un grand salon de coiffure parisien, elle a créé sa formation Curly Haircut.

Laureen Schein
Fondatrice de La Belle Boucle, elle est à la tête de 3 salons-boutiques (Lyon, Marseille et Paris) et de 35 collaborateurs, formés en interne à sa méthodologie de coupe, coiffage et soin.

Le saviez-vous ?
6 femmes sur 10 ont les cheveux texturés. Aujourd’hui, il y a un réel mouvement de libération de la boucle qui s’inscrit dans un désir de beauté multiple, de naturalité et d’affranchissement des contraintes. Un cheveu texturé n’est jamais aussi beau que quand il est libre. « C’est le seul qui pousse en direction du soleil. Je ne veux pas le réduire. Ce qui est vu comme une problématique est en réalité une caractéristique exceptionnelle », souligne Aline Tacite.

3 formations à découvrir d’urgence
Boucles d’Ébène par Aline Tacite
Pour ouvrir votre salon aux multiples textures, Aline Tacite a imaginé des formations selon différents niveaux, de débutant à expert, sur un ou deux jours. Les enjeux ? Comprendre les différents types de cheveux texturés, les soins à utiliser, les techniques de coiffage et de coupe. Les apprenants se rendent comptent que certains coiffages ne prennent pas plus de temps qu’un brushing classique. Cette experte qui a déjà formé un grand groupe ressent une grande satisfaction de la part de ses élèves et une volonté des coiffeurs de sortir de leur zone de confort pour plus d’inclusivité.

Curly Haircut de Miss Mag
« De plus en plus de coiffeurs sont prêts à payer pour se former aux cheveux texturés », s’enthousiasme Magali Dondon, alias « Miss Mag », qui constate une demande toujours plus grande pour sa formation Curly Haircut.
Au programme ? Le niveau 1 permet en une journée de savoir couper à sec, d’appliquer les produits, de mettre en place une routine et de se familiariser avec le vocabulaire à utiliser. Le niveau 2 fait un focus sur la maîtrise de coupe, du coiffage et de l’entretien. Enfin, le niveau 3 ajoute la méthode du Sun Kiss pour apporter un éclaircissement dans le volume.
Hair Studio by Anissa Academy
Sur un jour ou deux, avec théorie, démonstrations sur modèles puis pratique sur modèles, Anissa a imaginé une formation destinée aux coiffeurs diplômés, ayant une expérience, et qui souhaitent s’ouvrir à d’autres textures.
La promesse ? Connaître tout sur les cheveux texturés, réaliser et adapter une coupe en respectant les volumes, maîtriser un coiffage adapté au type de boucles, proposer les produits adéquats et une routine. Enfin, adopter le lexique des cheveux bouclés, frisés et crépus.
Fondatrice des Ateliers Crépus, Ghana Elin, ancienne juriste, est sur tous les fronts : ateliers pour apprendre aux femmes à se coiffer, produits premium et made in France inspirés de recettes de grand-mères, gamme professionnelle, académie de formation…
Le 25 août dernier, à l’occasion de la Journée internationale de la coiffure, elle a lancé sa nouvelle campagne, « On a tous un ami noir qui galère avec ses cheveux crépus. » Composée d’un QR Code et d’un manifesto qui milite pour la coiffure pour tous, cette campagne est accompagnée d’une pétition à signer et d’un lien vers les salons partenaires.

Biblond, pour les coiffeurs !








