Découvrez l’interview de Bernard Stalter, homme engagé au sein de l’UNEC.
Son parcours dans la coiffure
Bernard Stalter a débuté comme apprenti coiffeur à Strasbourg à l’âge de 14 ans. Deux années d’apprentissage dame chez André Christ plus tard, il s’investit fortement dans le syndicalisme qui lui a donné la « fougue des concours ».
Après cinq autres années d’apprentissage homme et dame, Bernard rejoint l’armée pour le service militaire. Il sera durant quinze ans coiffeur des femmes d’officiers sur la base aérienne 142 de Strasbourg.
En 1993, une nouvelle aventure commence : il ouvre son premier salon avec une coiffeuse et une apprentie.
Aujourd’hui à la tête d’une entreprise de 55 salariés, Bernard dirige trois salons, et vient d’en ouvrir un avec son fils Benjamin et le coiffeur Yannick Kraemer.
Nommé président de la Chambre des Métiers d’Alsace en 2004, président du Conseil économique et social d’Alsace en 2007, puis vice-président de la Fédération nationale de la Coiffure en 2008, Bernard Stalter est aujourd’hui, à 57 ans, président de l’Union nationale des entreprises de coiffure (Unec). Quel parcours ! Même s’il a beaucoup d’idées et beaucoup de choses à dire, Bernard insiste sur la nécessité de savoir écouter la jeune génération. Construire l’avenir doit nécessairement se faire avec elle, pour elle. « Comment prendre une décision qui impactera l’avenir des jeunes sans les écouter ? »
Biblond : Comment a débuté votre parcours militant pour le secteur de la coiffure?
Bernard Stalter : Passionné de concours et d’artistique, je suis entré à la FNC par le biais du Comité artistique de la coiffure française. Cette structure indépendante de la Fédération s’est développée autour de l’artistique, des
concours et des tendances. C’est là que j’ai rencontré des gens impliqués dans le syndicalisme et que j’ai commencé à militer. J’ai toujours dit et pensé que, pour faire bouger leschoses, il faut beaucoup s’investir.
BB : Quelle est pour vous la mission de l’Unec ?
BS : L’Unec doit faire du syndicalisme ! Il faut développer encore plus la défense des entreprises de coiffure et, grâce à la mutualisation, pouvoir leur proposer des offres de service moins chères. C’est le sens de mon investissement. L’Unec est un beau projet de rapprochement de deux ,organisations patronales, la FNC et le Cnec. Elles doivent apprendre à se connaître, à se respecter, et trouver leur équilibre. Quelle belle aventure de n’avoir qu’une organisation patronale !
Aujourd’hui, les surcharges administratives, financière, de recrutement, de licenciements et la difficulté des seuils plombent l’énergie de nos chefs d’entreprise. C’est là que nous devons mener un vrai travail pour faire comprendre aux collectivités et à l’État que nous sommes une force vive sur laquelle il faut compter.
BB : Aujourd’hui, quelles sont vos priorités pour l’UNEC ?
BS : Mon credo est de redonner à notre métier ses lettres de noblesse. Dans une économie difficile et la crainte du lendemain, redonner envie au citoyen de prendre soin de lui est une belle mission ! Il faut aider les gens à retrouver le moral !
La coiffure pourrait être un plan antimorosité. Cessons d’être négatifs, et retroussons nos manches. On a tous à y gagner !
BB : Comment préparer l’avenir pour les métiers de la coiffure ?
BS : Il faut revisiter la filière formation. Il est nécessaire que les jeunes aient des bases solides. Nous devons travailler à un recrutement qui nous permette de former des collaborateurs compétents et de futurs chefs d’entreprise. Il ne faut pas recruter pour recruter. Nous ne pouvons pas être uniquement un ascenseur social, nous devons être exigeants pour assurer la relève. À peu près 20 % des chefs d’entreprise ont plus de 55 ans, il est de notre devoir de les accompagner aussi dans la transmission. Un chef d’entreprise doit avoir de multiples compétences (finance, production, ressources humaines…) et doit être formé pour cela.
Biblond, pour les coiffeurs !







