Thierry Lothmann, coiffeur entrepreneur

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Il a fait de son nom une marque et de sa passion une entreprise florissante. Rencontre avec Thierry Lothmann, à la tête d’un réseau de cent salons.

« Satisfaire mes clientes, leur donner une jolie image d’elle-même et leur apporter toujours plus. » Voilà comment Thierry Lothmann, 53 ans, patron du groupe éponyme, résume l’ambition qui l’anime depuis son premier coup de ciseaux.

À 12 ans, déjà attiré par le milieu de la mode et la création artistique, il joue les modèles lors d’un défilé et découvre ainsi l’univers de la coiffure : sa voie professionnelle est trouvée.

Devenu coiffeur, il ouvre à 22 ans son premier salon à Hesdin, dans le Pas-de-Calais qui l’a vu grandir. Dix ans plus tard, ses collaborateurs veulent voler de leurs propres ailes, mais souhaitent utiliser les outils que Thierry Lothmann a mis en place : l’aventure de la franchise débute. Aujourd’hui, le groupe compte cent salons en France et à l’international et cinq cents collaborateurs.

Mais le credo de son fondateur n’a pas changé d’un iota depuis ses débuts : voir le sourire d’une femme illuminer son visage à la sortie du salon, telle est la mission du coiffeur « Dans les années 1970, nous avions un rôle qui relevait plus de l’hygiène que de la mode. Désormais toutes les femmes ont envie d’être belles, et pas seulement pour les grandes occasions ! La beauté s’est démocratisée et c’est formidable ! » souligne le rayonnant chef d’entreprise.

Artisan coloriste

La satisfaction de la clientèle est donc au coeur de sa vision du métier. Et pour y parvenir, la formation fait partie des piliers du groupe. 

« J’ai très rapidement compris que c’était l’une des clés du succès, souligne l’entrepreneur. il faut sept à dix ans pour faire un bon coiffeur, et coiffeur qui ne se forme pas se déforme. » Aujourd’hui, Thierry Lothmann dispose de deux centres de formation, l’un à Paris, l’autre à Étaples.

Il y met en avant les formations de coloriste: » Pour moi, c’est l’avenir de notre métier. Il faut que nous revendiquions notre savoir-faire en diagnostic couleur, en colorimétrie, en technique.

C’est grâce à cela que nous fidéliserons nos clientes, que nous leur donnerons envie de revenir dans nos salons. Il faut lutter contre le « prêt-à-colorer » : il ne suffit pas d’appuyer sur un tube, sinon la cliente ira se fournir en grande surface ! « 

Afin de se différencier,Thierry Lothmann a donc lancé Lothmann Paris, une gamme de produits de colorations et de coiffage. » Ce sont des outils pensés par des coiffeurspour des coiffeurs, qui valorisent leur image et leur savoir-faire d’artisan, pas assez mis en avant. »

Haut de gamme

Outre les salons Thierry Lothmann, le chef d’entreprise a lancé en 1997 une seconde enseigne, Valentin, créée pour répondre aux attentes d’une clientèle à la recherche de mode et de qualité à prix raisonnables.

Mais pour l’ensemble de son réseau, il vise le haut de gamme:  » Au sein du groupe, nous voulons monter en gamme pour faire des salons à haute valeur ajoutée. Je pense que le marché est en train de se segmenter entre des petits salons qui font du service et des salons qui font de la beauté. Il ne faut pas se tromper ! »

Entre nous

1983 : Ouverture de son premier salon à Hesdin (Pas-de-Calais)

1997 : Lancement de Valentin, nouvelle enseigne

2000 : Création des gammes de produits Lothmann Paris

2001 : Inauguration d’un centre de formation à Paris

2004 : Beauty Entrepreneur of the Year, prix décerné par l’université de Los Angeles.

2013 : Médaille de l’Ordre du mérite du Travail

Un homme de passions

Pour tous les jeunes coiffeurs, Thierry Lothmann n’a qu’un conseil : « Soyez passionné, notre métier est merveilleux ! » En esthète plein d’enthousiasme, Thierry Lothmann se passionne également pour les voitures anciennes de collection et son jardin, où il se ressource au quotidien.

D’Étaples à l’international

Si l’entreprise dispose d’un siège à Paris, Thierry Lothmann a regroupé l’ensemble des services logistiques et administratifs du groupe à Étaples, dans un bâtiment de 1 700 mètres carrés. Une identité régionale marquée qui n’empêche pas le groupe de viser l’international. Déjà présent en Suisse et en Tunisie, Thierry Lothmann va s’implanter en Biélorussie, en République tchèque et en Slovaquie, en Russie et au Koweït.

« Le marketing ne su ffit pas ! »

« Il faut raconter de belles histoires, mais elles doivent être vraies ! La cliente doit sentir la différence quand elle vient dans un de nos salons. Agencement, formation des coiffeurs, accompagnement, résultats : voilà ce qu’elles doivent percevoir. Nous avons vingt ans de marketing derrière nous : cela ne suffit plus. Il faut qu’il y ait du fond. »