Emploi : les stratégies de Provalliance pour recruter et fidéliser des coiffeurs

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Comme tous les coiffeurs de France, le Groupe Provalliance, qui dispose de nombreuses enseignes de franchise et de salons en succursales, manque de collaborateurs et cherche à garder ceux qui sont déjà en poste. Jenna Pignerol, nouvelle DRH du groupe Provalliance, a mis en oeuvre différentes stratégies.

Jenna Pignerol, DRH du groupe Provalliance

FORMER LES CHÔMEURS EN RECONVERSION PROFESSIONNELLE

En matière d’emploi, les Français ont la bougeotte. Pour preuve : 49 % des actifs français envisagent, effectuent ou ont déjà réalisé leur reconversion professionnelle (source : enquête Visiplus, juin 2021). C’est donc dans cet important vivier que Provalliance a décidé de trouver une partie de ses futurs coiffeurs, en mettant en place un programme entre son académie, ses centres de formation technique et Pôle Emploi. Devenir coiffeur en quatre mois, c’est ce que promet ledit programme qui bénéficie du dispositif Préparation opérationnelle à l’emploi individuel (POEI) de Pôle Emploi. Le principe : Pôle Emploi prend en charge trois mois complets de formation, et Provalliance complète le quatrième mois pour obtenir le même nombre d’heures de pratique que celui d’un élève en première année de CAP.



 « 2022 était une année test pour cette mesure. Nous ferons le bilan prochainement. L’ambition est de la reconduire en 2023, avec deux nouvelles promotions à Paris et une en région », explique Jenna Pignerol, directrice des ressources humaines du groupe Provalliance.

SÉDUIRE TOUJOURS PLUS D’APPRENTIS

En ce qui concerne l’apprentissage, voie royale pour devenir coiffeur, Provalliance dispose de son école d’excellence en Île-de-France, Provélite. Le groupe multiplie aussi les rencontres dans les écoles françaises. Surtout, il propose à ses franchisés et succursales le programme Avenir Jeunes. Créé par les académies de formation technique et de management de Provalliance, il permet aux apprentis (CAP et BP) du groupe de bénéficier de journées de formation spécifiques dans les deux académies, en présentiel et en distanciel, pendant toute la durée de leur apprentissage.

LE WELCOME BONUS

L’argent reste un levier important dans un métier où les rémunérations sont faibles. Provalliance a donc testé dans ses succursales le Welcome Bonus. « Il s’agit d’une prime équivalant à 1 000 euros que nous donnons aux nouveaux coiffeurs après un an d’intégration dans le salon », précise Jenna. Le bilan de l’initiative, lancée en juin 2022, semble mitigé : la mesure n’aurait incité à postuler que 10 % des nouveaux coiffeurs qui ont rejoint le groupe.

ENCOURAGER LA COOPTATION

Qui mieux qu’un coiffeur connaît un autre coiffeur désireux de travailler ? Personne. C’est pourquoi Provalliance récompense d’une prime équivalant à 1 000 euros ceux qui, parmi les coiffeurs déjà en poste dans ses enseignes, leur permettent de concrétiser l’embauche d’un collaborateur à partir d’une recommandation personnelle. 7 % des nouveaux employés sont ainsi entrés dans les succursales du groupe (qui teste la mesure depuis juin dernier) par cette voie. Un pourcentage en nette hausse depuis octobre dernier, selon Provalliance.

AMÉLIORER LA FLEXIBILITÉ EN SALON

Parmi ce qui freine les jeunes à venir travailler en salon : l’emploi du temps contraignant des coiffeurs. « Afin d’améliorer la flexibilité, nous avons testé le principe du temps de travail choisi dans une vingtaine de salons du groupe, toutes enseignes confondues », indique Jenna.

Une flexibilité fondée sur le choix : les coiffeurs peuvent en effet décider du nombre d’heures (entre trente-cinq et trente-neuf) et de jours (quatre, quatre et demi ou cinq) travaillés, si l’amplitude horaire du salon le permet.

De juin à décembre 2022, Provalliance a par ailleurs proposé aux coiffeurs d’une quinzaine de salons de ne pas travailler deux samedis dans l’année ou de percevoir une prime « allant de 100 à 250 euros ». 70 % des équipes ont fait le choix de profiter de ces deux samedis offerts par l’entreprise.

« Cette constatation, associée aux enquêtes d’opinion internes, a conduit le groupe à acter deux mesures fortes pour ses coiffeurs. Premièrement, Provalliance offre à tous les collaborateurs de ses salons trois jours de congés supplémentaires par an, à poser quand ils le souhaitent, y compris le samedi. Deuxièmement, le groupe a souscrit pour tous ses collaborateurs, y compris les franchisés, un abonnement à une plate-forme, Club Employés, qui leur donne accès à des réductions dans leur vie quotidienne (sorties culturelles, vacances, services à la personne…). C’est un investissement fort, qui prouve que la priorité de Provalliance est de préserver ses équipes tout en faisant la différence avec ses concurrents », explique Jenna.

Avant de conclure : « Quant à une évolution liée au temps de travail, il est trop tôt pour se prononcer, mais la réflexion est active autour de la notion de ‘‘temps de travail choisi’’ pour l’ensemble de nos succursales. »

À suivre donc…